Les Casablancais s’inquiètent et se mobilisent contre l’insécurité
A Casablanca,un sentiment de vulnérabilité gagne la population. Les Casablancais se mobilisent contre la délinquance, entre crainte, exaspération et inquiétude. Un appel pour une marche contre l'insécurité est lancé.
Il y a comme un sentiment ambiant d’insécurité. Il suffit de jeter un œil sur la toile pour s’en rendre compte: nos concitoyens ont l’impression d’une montée inexorable de la délinquance et le font savoir.
Des faits divers tragiques
A l’origine de ce sentiment, il y a d’abord les faits divers, tragiques. Dernier cas en date : le décès tragique de Farida Berrada. La défunte, âgée de 70 ans, a été la cible d’un jet de parpaing alors qu’elle rentrait chez elle avec son chauffeur, dans la nuit du lundi 24 mars. Un énième cas après tant d’autres qui donne une nouvelle dimension au dramatique feuilleton Casablancais. Cela peut arriver à n’importe qui !
Dans la même journée, dans le quartier Franceville à Casa, un homme d’une cinquantaine d’années a été retrouvé égorgé, dans sa droguerie au niveau de la rue Abdelkrim Errayess. Selon des sources policières relayées par Aufait, la victime a été égorgée par son agresseur à l’aide d’une arme blanche.
Deux jours plus tôt, les joueurs du Wydad ont subi un incroyable assaut armé par une horde de plusieurs dizaines d’individus. Vandalisme, vol, violences contre les joueurs et le staff, tout y est passé.
Tcharmil, sabres et crêtes iroquoises
Nous avons aussi constaté la naissance d’un phénomène inquiétant sur Internet : des pages Facebook portant le doux nom de «Tcharmil». Dans ces lieux virtuels, des voyous écervelés arborant des coupes de cheveux excentriques, publient allégrement des photos de leurs butins (montres, téléphones portables…), sabre à la main et à visage découvert. Sur Internet, la délinquance prospère à coups de sabre et de crêtes iroquoises.

Les Casablancais s’activent
Conséquence, la société civile s’active, en témoignent le lancement d’une enquête par des associations sur le thème de l’insécurité, le lancement d’une pétition et l’organisation d’une marche.
«Parce que les rues de Casablanca souffrent d’un véritable vide sécuritaire, les agressions au sabre se multiplient d’une façon inquiétante. C’est d’autant plus important que nos centres de santé publique sont extrêmement sous-équipés et leur personnel souvent gravement désimpliqué», signe Réda dans une pétition qu’il a lancée sur Avaaz, à l’attention des ministères de l’Intérieur et de la Santé publique. Pour l’heure, la pétition a récolté plus de 3.000 signatures.
Un internaute a également créé une page Facebook pour l’organisation d’une «marche contre l'insécurité ambiante à Casa». En deux jours seulement, elle a réuni près de 10.000 membres. Pour l’heure, aucune date n’a été avancée. Mais «une marche sera organisée incessamment pour manifester notre mécontentement de l'insécurité grimpante qui règne à Casa. Faisons entendre notre voix», écrit son fondateur.
«Mobilisons nous tous contre ce fléau qui grandit et se renforce en toute impunité. Nous, pauvres citoyens et surtout le sexe féminin vivons dans une phobie totale à la limite de la paranoïa, l'Etat doit assurer notre protection (…), on paie bien nos impôts, alors?», commente une certaine Amina.
«Dans ma voiture, je préfère mourir de chaleur que d'ouvrir les vitres; c'est trop quand je marche je n’arrête pas de regarder derrière, c'est devenu insupportable. Je me sens en insécurité totale. Il faut changer les choses», regrette une certaine Saida.
Le ministère de l’Intérieur rassure
Le ministère de l’Intérieur se veut rassurant. Selon les statistiques du ministère, 72 personnes ont été tuées avec préméditation en 2013 à Casablanca, et plus de 22.000 cas d’agressions ont fait l’objet d’une plainte. Lors de la présentation de ces chiffres en février 2014, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, a déclaré que «le niveau de criminalité n’inspire aucune inquiétude».
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