Pakistan: Une centaine de talibans tués en une semaine de raids aériens
Des bombardements de l'aviation pakistanaise ont tué une centaine de talibans présumés depuis la suspension des pourparlers de paix la semaine dernière, des opérations ciblées visant à rétablir l'ascendant de l'armée sur les rebelles islamistes, estiment des analystes.
Des avions de combat et des hélicoptères ont bombardé mardi des positions talibanes dans les régions montagneuses de Shawal et de Datta Khel, au Waziristan du Nord, et à Sararogha, au Waziristan du Sud, deux zones tribales servant de repaires aux insurgés dans le nord du pays, près de la frontière afghane. « Au moins 30 personnes ont été tuées et plusieurs camps détruits, le bilan pourrait encore s'alourdir », a déclaré à l'AFP un haut responsable de la sécurité à Miranshah, principale ville du Waziristan du Nord et épicentre de la mouvance jihadiste dans la région.
Une seconde source sécuritaire a fait état du même bilan, qu'il n'a toutefois pas été possible de confirmer de sources indépendantes. En milieu de journée mardi, les bombardements se poursuivaient dans ces secteurs reculés, interdits aux correspondants étrangers. Au cour des derniers jours, de nombreuses familles ont quitté les zones tribales pour se réfugier à Peshawar ou d'autres villes situées en dehors des secteurs bombardés dans le nord-ouest du pays.
L'armée montre ses muscles
Depuis une semaine, au moins 98 talibans présumés ont perdu la vie dans une série de raids aériens contre leurs repaires dans le nord-ouest, des opérations ciblées menées en représailles à l'exécution la semaine dernière de 23 paramilitaires par une faction rebelle. Ces meurtres ont choqué le pays et conduit à la suspension des pourparlers de paix relancés à la surprise générale fin janvier par le Premier ministre, Nawaz Sharif.
Les négociateurs des talibans et du gouvernement avaient entamé le dialogue, mais l'armée et les insurgés ne s'étaient jamais engagés à respecter un cessez-le-feu. Les pourparlers avaient ainsi été émaillés de raids sanglants et d'attentats meurtriers, comme si certains acteurs du conflit tentaient ou bien de faire dérailler le dialogue, ou bien d'imposer un rapport de force sur le terrain pour le traduire en atout dans les pourparlers. L'exécution sommaire de 23 paramilitaires a été la goutte d'eau ayant fait déborder le vase: les autorités pakistanaises ont désormais l'intention de reprendre l'ascendant sur le terrain avant toute relance du dialogue, estiment des analystes.
« Le processus de paix, s'il va de l'avant, se fera en position de force et non en position de faiblesse (pour les autorités). Il semble que les insurgés avaient la main haute, mais les raids ont mis fin à cette situation », estime Talat Masood, général à la retraite devenu analyste.
De nombreuses voix au Pakistan réclament une opération de grande envergure contre les fiefs talibans dans les zones tribales qui servent aussi de sanctuaires aux talibans afghans et à d'autres groupes liés à Al-Qaïda. Mais une telle opération risquerait de compromettre les relations historiques entre les insurgés afghans et le pouvoir pakistanais au moment où Islamabad cherche à infléchir le destin de son voisin après le retrait des forces de l'Otan prévu à la fin de l'année.
Les forces pakistanaises continueront donc leurs opérations « ciblées, mais virulentes », contre les talibans pakistanais afin de les « affaiblir » le plus possible, souligne M. Masood. « Il n'y aura pas de méga-opérations », renchérit Imtiaz Gul, directeur du Centre de recherches sur les questions sécuritaires (CRSS) à Islamabad.
« Les opérations ciblées vont se poursuivre à court terme », dit-il, sceptique sur l'avenir du processus de paix. « Je n'exclus pas la possibilité d'un retour à la table des négociations. Nous allons tenter de convaincre les talibans et le gouvernement de quitter le sentier de la violence pour reprendre les discussions », a déclaré à l'AFP Muhammad Ibrahim Khan, un des négociateurs des insurgés. Les talibans doivent auparavant accepter un cessez-le-feu sans conditions et expliquer pourquoi ils ont exécuté sommairement 23 paramilitaires, a prévenu Rahimullah Yusufzai, membre de l'équipe de médiateurs du gouvernement.
(Avec AFP)
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