L’IRCAM répond aux anti-tifinagh

L’Institut royal de la culture amazighe au Maroc défend corps et âme l’alphabet amazigh. Il juge le latin et l’arabe plus compliqués. Selon les résultats d’une étude, il est assimilé, sans problème, par 80% des élèves.

L’IRCAM répond aux anti-tifinagh

Le 11 février 2014 à 18h41

Modifié 11 février 2014 à 18h41

L’Institut royal de la culture amazighe au Maroc défend corps et âme l’alphabet amazigh. Il juge le latin et l’arabe plus compliqués. Selon les résultats d’une étude, il est assimilé, sans problème, par 80% des élèves.

 

 

 

Au moment où l’on croyait la question de la transcription de l’amazigh tranchée -le tifinagh en tant que graphie officielle vient de fêter son onzième anniversaire, le débat sur le choix de l’alphabet amazigh refait surface.

Il faut dire que l’actualité s’y prête. Les discussions autour de la loi organique sur l’amazighité étant lancées, quoiqu’avançant à très petits pas, elles ne laissent pas indifférents certains partis politiques.

A leur tête, le PJD et l’Istiqlal qui reviennent à la charge en demandant l’adoption de la graphie arabe dans l’enseignement de l’amazigh.

Pour argumenter leurs propos, ils citent l’échec patent de l’expérience menée durant cette décennie. L’alphabet arabe permettrait, selon ces deux formations politiques, d’ouvrir l’apprentissage de la langue à un plus grand nombre d’intéressés.

Le manque de rigueur montré du doigt

L’IRCAM (Institut royal de la culture amazigh) ne l’entend pas de cette oreille. Il brandit les résultats d’une étude académique bouclée en 2010, allant à l’encontre des arguments du clan adverse. 

Les conclusions détaillées de cette enquête menée au niveau de 7 académies et auprès de quelque 1.100 élèves, dont 766 non amazighophones,  seront publiées prochainement.

Il en ressort qu’au bout d’une année et demie d’apprentissage, «plus de 80% des élèves ont maîtrisé la graphie tifinaghe aussi bien à la lecture qu’à l’écriture», assure dans une déclaration à Médias 24, Abdeslam khalafi, chercheur au centre de la didactique et des programmes pédagogiques à l’IRCAM.

Et d’ajouter, «certes, il y a des problèmes au niveau de l’assimilation de l’amazigh, mais ce n’est pas imputable à l’alphabet. Les raisons se rapportent à un manque de rigueur notamment au niveau du respect du programme. Souvent, les élèves n’assistent pas aux trois heures d’amazigh préconisés par les Académies».

L’IRCAM reste hermétique à l’idée d’ouvrir le débat sur la pertinence du choix du tifinagh. «Le débat a été clos en 2003. Un consensus a été trouvé, au terme duquel cet alphabet a été retenu. La décision avait requis l’adhésion de la majorité écrasante des partis politiques. Pourquoi en reparler aujourd’hui? Cela ne causera qu’une perte de temps et d’argent.

Il faut savoir qu’environ 5.000 enseignants ont été formés à la graphie. Quelque 400.000 élèves impliqués dans le processus d’apprentissage. Comment tout balayer d’un revers de main pour retenter une nouvelle expérience dont l’aboutissement n’est pas garanti !», s’indigne M.Khalafi.

Le latin et l’arabe, plus compliqué que le tifinagh ?

Soit. Mais y a-t-il des arguments pratiques plaidant en faveur de l’alphabet berbère? Plusieurs voix s’élèvent privilégiant le latin ou encore l’arabe, allant jusqu’à affirmer que le tifinagh est handicapant, qu’il est tombé en désuétude depuis des millénaires !

Les nouvelles technologies de l’information ne s’y prêtent pas, en dépit de l’intégration de la graphie berbère dans Windows. D’ailleurs, aucun clavier spécifique n’a encore été fabriqué en raison de l’inexistence d’un marché demandeur. 

 

«Les résultats de notre enquête sont sans équivoque. L’adoption d’un caractère déjà utilisé dans une autre langue nationale ou comme deuxième langue pose des problèmes d’interférence pour l’élève. Il perd tous ses repères», assure le chercheur de l’IRCAM.

Ce dernier avance un autre argument plaidant en faveur du tifinagh qu’il juge le mieux adapté. «Prenons l’exemple de l’arabe. La graphie de certaines lettres n’est pas la même selon qu’elles sont situées au début ou au milieu du mot. Dans l’alphabet latin, certaines lettres, comme le c ou p par exemples,  sont prononcées différemment selon la lettre suivante. Dans le tifinagh, ce problème ne se pose pas. La lettre s’écrit et se prononce pareillement en toutes circonstances», explique notre source. 

 

 


 

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