«Save Casablanca», un collectif citoyen à l’assaut des nuisances
Initiée par l’écrivaine Mouna Hachim à Casablanca, cette initiative citoyenne a vocation à constater et dénoncer les nuisances en tout genre. Un mouvement indispensable qui prend de l’ampleur et bouscule les carcans politiques au Maroc.
« Save Casablanca » volera-t-il au secours de la ville blanche? Ce collectif semble en tout état de cause bien parti pour changer la donne. Ce groupe de citoyens, qui s’expriment essentiellement sur la Toile et les réseaux sociaux, s’est appuyé sur un constat simple: Casablanca est malade! Malade de ses nuisances, de ses déchets des ses incivilités affligeantes, et la liste des souffrances est tristement longue! Comment y remédier ? « Save Casablanca» (Sauver Casablanca) a manifestement déniché une brèche en proposant à tous citoyens témoins d’une nuisance de la dénoncer. Elémentaire et redoutablement efficace.
Action-réaction
A l’origine de cette initiative à Casablanca, l’écrivaine Mouna Hachim insiste sur la nécessité de « montrer crûment la ville », sans artifices, sans ces filtres « idylliques » présentés par les politiques qui véhiculent une image lissée du pays. « Pointer les défaillances », exhiber « les déchets, les cafés qui débordent entièrement sur les trottoirs, les problèmes d’hygiène, l’absence d’éclairage » etc. « Il n’y a que comme ça, que nous pouvons avancer », ajoute-t-elle avec une émotion non feinte.
Passée la surprise de l’engouement autour de ce groupe Facebook, qui célèbre ses quatre mois d’existence et plus de 11.500 membres, la jeune femme, passionnée et modeste, souligne l’importance de l’action collective. Il n’est pas question de se gargariser de grands principes, mais de placer au contraire les autorités face à leurs responsabilités. A cet effet, le collectif a mis à disposition un site de « doléances », savecasablanca.com, invitant chaque quidam à exposer le dysfonctionnement qu’il constate. Les membres du groupe s’engagent alors à transmettre l’information à l’autorité concernée.
Mises au pied du mur, et sous l’impulsion de la société civile, les autorités n’ont d’autres options que réagir, assure Mouna Hachim. Un pari gagnant dans le quartier Bourgogne, où le collectif a obtenu de Yasmina Baddou, présidente de l’arrondissement Casa-Anfa, la fermeture d’un trou béant qui menaçait la sécurité du voisinage.
Haro sur l’opacité
Conscients de l’utilité de cette initiative citoyenne, de nombreux internautes proposent leurs services et compétences - à titre gracieux (le collectif ne souhaite aucune attache financière ni étiquette marchande et revendique son indépendance) - afin de soutenir ces actions.
L’implication et la mobilisation pour une meilleure vie en communauté sont les seuls piliers du groupe. Ce dernier s’attaque par ailleurs à un nouveau projet d’envergure: « savoir qui fait quoi à Casa ». Si la question paraît enfantine, la réponse est nettement moins évidente.
La gestion de la ville est d’une opacité troublante, selon Mouna Hachim. En l’absence de transparence, comment espérer impliquer les responsables ? « Il est temps d’éradiquer les groupes mafieux » s’insurge l’écrivaine qui estime que le développement d’une démocratie civile participative fait indiscutablement partie de la réponse.
Si Mouna Hachim s’est elle-même inspirée des résultats concluants récoltés par le collectif « Save Marrakech », son action est à son tour source d’inspiration. Un collectif « Save Tanger » est en effet sur le point de voir le jour et entend mener des combats similaires dans la ville du nord. Ces collectifs atteignent des objectifs réjouissants et permettent aux Marocains de se réapproprier leurs cités, mais ils ont également le mérite « d’insuffler à nouveau l’espoir ». Celui de voir sa ville et sa vie changer et s’améliorer.
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