Le BIT s’engage pour l’emploi des jeunes au Maroc
Le projet «Jeunes au travail» initié par le Bureau International du Travail (BIT) vise à développer l’esprit entrepreneurial et promouvoir l’emploi de la jeunesse. Un programme capital s’échelonnant sur quatre années et ciblant 20.000 candidats.
«Il est primordial d’encourager les personnes ayant une fibre entrepreneurial, ayant du potentiel, a fortiori lorsqu’il s’agit de jeunes déscolarisés», nous annonce Mohamed Elarbi El Harrass, coordinateur du BIT à l’échelle marocaine. Une volonté qui prend corps à travers le projet «Jeunes au travail» administré par l’Organisation internationale du travail. Celle-ci entend en effet accompagner activement le Maroc dans la mise en place d’un programme sur quatre années s’attaquant à la problématique du chômage des jeunes.
Financée par l’agence de coopération canadienne à hauteur de 8 millions de dollars canadiens (près de 61 millions de DH), cette initiative concerne trois zones dites cibles - l’axe Kénitra-Casablanca, la région de l’Oriental et celle d’Agadir – et mise principalement sur la formation et l’emploi de 20.000 jeunes à l’horizon 2017.
Des formateurs pour développer l’esprit entrepreneurial
Maître mot de ce programme, la formation est le point d’orgue du projet «Jeunes au travail» et s’articule autour de quatre axes fondamentaux. Mohamed El Harrass précise en effet que pour mener à bien ce projet lancé en février 2013, il convient de se concentrer sur le développement de l’esprit entrepreneurial chez les étudiants, au sein de milieux associatifs, en mettant parallèlement l’accent sur les secteurs davantage institutionnalisés tels que l’ANAPEC ou le ministère de l’Emploi. «Nous tentons de mettre en place des ateliers de formation pour les enseignants», les partenaires sociaux et l’ensemble des professionnels du secteur de l’emploi, qui seront les principaux vecteurs de ce changement auprès des jeunes.
L’accent sur les jeunes déscolarisés et les femmes
A l’université, l’objectif poursuivi par ces ateliers à destination du corps professoral, consiste en l’ouverture de classes sur les thèmes de la création d’entreprises ou le secteur financier.
Si ces formations rencontrent un public certain – sur les huit principales universités des zones cibles, cinq ont d’ores et déjà réclamé ces ateliers – elles n’en restent pas moins destinées à des jeunes étudiants ou des «stagiaires de l’OFPPT». Aussi dans un souci d’équité et d’intégration des jeunes à l’écart des cursus universitaires, le programme propose de dispenser ces mêmes formations aux associations de jeunes.
«Celles-ci brassent davantage de profils, ouvrent la porte aux jeunes déscolarisés et aux femmes, des cibles capitales pour le projet et le BIT» explique le coordinateur. «Nous menons par ailleurs des actions auprès de l’ANAPEC afin d’aider au développement de services aux jeunes déscolarisés, car l’organisme s’adresse aujourd’hui essentiellement aux diplômés». Une logique qui s’étend par ailleurs au champ institutionnel avec le souhait de «développer les compétences des services, publics et privés, d’appui à la création d’entreprise» ajoute Mohamed El Harrass.
Partant du constat que les jeunes manquent cruellement d’information quant aux démarches à suivre en matière de création d’entreprise ou plus généralement sur leurs droits en tant que citoyens, le projet prévoit également la publication de guides répondant à leurs interrogations et leur permettant de réaliser leurs premiers pas vers l’accès au marché du travail.
Un début timide
Mohamed El Harrass le reconnaît sans ambages. « Les résultats ne sont pas encore évidents en cette première année. Nous en sommes encore à faire connaître l’idée auprès de nos partenaires institutionnels et privés. Les premiers chiffres seront probablement visibles à partir de mi-2014 ».
Néanmoins, l’optimisme est de mise et le projet est accueilli favorablement aussi bien par les jeunes que par les partenaires. «L’OFPPT a rapidement été preneur ; pour l’ANAPEC, après de laborieuses discussions nous arrivons à un plan que nous estimons réaliste » déclare le coordinateur du projet. Si le programme connaît «un cheminement normal, nous estimons être sur la bonne voie» pour atteindre l’objectif des 20.000 jeunes à intégrer le marché de l’emploi au terme de ces quatre ans. Un vœu pieux? L’organisation ne semble en tout cas pas prête à laisser ces jeunes sur le banc de la société.
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