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Thaïlande: La tension se relâche avant l'anniversaire du roi

Des milliers de manifestants ont été autorisés mardi en Thaïlande à entrer brièvement au siège du gouvernement, dans une tentative des autorités de calmer le jeu, au moins temporairement, à l'approche de l'anniversaire du roi jeudi.  

Thaïlande: La tension se relâche avant l'anniversaire du roi
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Le 3 décembre 2013 à 13h16 | Modifié 3 décembre 2013 à 13h16

« Il s'agit de créer une bonne atmosphère pour que les célébrations de l'anniversaire du roi soient sous des auspices favorables, afin que le roi soit content », a déclaré le vice-Premier ministre, Surapong Tovichakchaikul, à la télévision. Après avoir assiégé ce symbole du pouvoir depuis plusieurs jours, les manifestants ont pu franchir les barricades et s'y promener, en se prenant en photo et en sympathisant avec les policiers. Avant de partir, d'eux-mêmes, comme ils l'avaient fait quelques jours plus tôt au siège de l'armée de terre. « Nous comprenons tous que tout doit être calme pour ce jour de bon augure », a renchéri le chef du Conseil de sécurité nationale, Paradorn Pattanatabut, dans cette monarchie constitutionnelle où le roi Bhumibol, bientôt 86 ans, est vénéré. « Des discussions pourront avoir lieu après l'anniversaire du roi. Cela prendra du temps pour résoudre la crise par la négociation », a-t-il ajouté.

Victoire pour « l'armée du peuple »?

Mais le meneur des manifestants, Suthep Thaugsaban, n'a pas donné de signe de vouloir faire profil bas, après plus d'un mois de crise politique ayant dégénéré en de violents affrontements ce week-end, qui ont fait plusieurs morts dans des circonstances troubles. « C'est une victoire partielle. Mais elle n'est pas définitive, car le régime Thaksin est encore en place. Vous ne pouvez pas encore rentrer chez vous, nous devons poursuivre notre lutte », a lancé Suthep Thaugsaban à ses partisans réunis dans un complexe gouvernemental qu'ils occupent à la périphérie de Bangkok.

Réunissant jusqu'à 180.000 personnes dans la rue, l'opposition conteste l'autorité de la Première ministre, Yingluck Shinawatra, l'accusant d'être la marionnette de son frère Thaksin, chassé des mêmes fonctions par un coup d'Etat en 2006. Yingluck a de son côté quitté la capitale mardi, comme prévu de longue date, pour se rendre dans la station balnéaire de Hua Hin, où le roi Bhumibol réside, en préparation des célébrations de son anniversaire. La Première ministre a joué jusqu'ici la carte de la non-intervention, pariant sur un essoufflement du mouvement. Elle s'est dite prête aux discussions mais a fermement rejeté l'avènement d'un « conseil du peuple », non élu, une idée contraire à la Constitution.

Depuis des semaines, Suthep multiplie déclarations et opérations choc comme les prises de bâtiments publics. Un noyau dur de quelques milliers de manifestants parfois violents ont, ces derniers jours, déplacé blocs de béton et barbelés pour gagner du terrain sur des policiers assiégés les repoussant à coups de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de canons à eau.

Rôle trouble du Parti démocrate

Même le chef de la police métropolitaine de Bangkok, le général Kamronwit Thoopkrajang, conspué par la foule jusqu'ici en raison de sa proximité avec Thaksin, a joué la carte de l'apaisement et a ouvert les portes de son QG aux milliers de manifestants massés devant, car le quartier général « appartient au peuple ». Au cœur de la colère des manifestants, alliance de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate et de groupuscules ultra-royalistes: une haine profonde de Thaksin qui rejaillit sur sa sœur, à la tête du gouvernement depuis 2011, après une large victoire dans les urnes du parti pro-Thaksin Puea Thai. Derrière les manifestations se trouve le Parti démocrate, principale formation d'opposition, qui n'a pas gagné d'élections nationales depuis 20 ans. Mais il est majoritaire à Bangkok et dans le sud du pays et est traditionnellement soutenu par les élites de la capitale - hauts fonctionnaires, magistrats, militaires et proches du Palais royal - qui voient Thaksin et le mouvement des « chemises rouges » qui le soutient comme une menace pour la monarchie. Le passage au pouvoir des Démocrates, de 2008 à 2011, avait été rendu possible après l'organisation de larges manifestations.

Fin août 2008, des dizaines de milliers de partisans du mouvement royaliste des « chemises jaunes » avaient pris le siège du gouvernement, l'occupant plus de trois mois. Ils n'en étaient partis que le 2 décembre, quand la Cour constitutionnelle avait dissout le parti au pouvoir et forcé à la démission le Premier ministre, Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin, permettant l'arrivée au pouvoir du chef du Parti démocrate, Abhisit Vejjajiva. Ce dernier a laissé monter au front pendant ce mouvement Suthep Thaugsuban, son ancien vice-Premier ministre, sous le coup de deux mandats d'arrêt, pour l'occupation d'un ministère et pour « insurrection ». Si la crise devait se prolonger, la grande incertitude reste la réaction de l'armée, dans un pays qui a connu 18 coups d'État ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932.

(Avec AFP)

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