Sahara : les explications de Benkirane devant les députés
Lancement des négociations, défense de l’intégrité territoriale, campagne médiatique, lobbying international auprès des partenaires du Maroc… Le Chef du gouvernement détaille sa vision sa stratégie pour le Sahara.
«L’intégrité territoriale est le cœur des priorités nationales», tel est le principal message lancé par le Chef de gouvernement dans son discours du 26 novembre devant le Chambre des représentants (pour regarder l’intégralité de l’intervention, cliquez ici).
En réponse aux questions des députés lors de la séance mensuelle sur la politique générale du gouvernement consacrée au développement de la question nationale, le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a souligné que «le programme gouvernemental prévoit de multiplier les efforts pour trouver une solution définitive qui respecte l’intégrité territoriale du Royaume en soutenant l’initiative marocaine d’autonomie des provinces du Sud.»
Et d’ajouter que «la gestion du dossier du Sahara marocain est très liée au contexte régional et international, notamment la crise mondiale, l’élargissement du cercle des intervenants, les changements stratégiques au Maghreb et dans le monde arabe et les défis sécuritaires dans la région du Sahel et du grand Sahara».
M. Benkirane a également rappelé que les développements des 6 derniers mois poussent à plus de vigilance et à une contribution générale pour la défense de l’intégrité territoriale.
Ainsi, la future stratégie, encadrée par les orientations royales, a pour objectif de lutter contre déviation par rapport à l'approche onusienne consistant à trouver une solution politique, préserver les acquis enregistrées dans le dossier de l'intégrité territoriale et ouvrir de nouvelles perceptives d'action dans ce sens.
Les grandes lignes de la stratégie
Dans son discours, M. Benkirane a mis en exergue les grandes lignes de cette stratégie, notamment :
- Lancement de vraies négociations autour d’une solution politique pour la résolution de cette question, sur la base de l’initiative de l’autonomie ;
- Réunir les conditions de la mise en œuvre de la régionalisation avancée à travers le modèle de développement des provinces du Sud, renforcer les droits de l'Homme et respecter la spécificité culturelle sahraouie hassanie ;
- Faire face aux manœuvres des ennemis de l'intégrité territoriale du Royaume, mettre à nu les violations des droits de l'Homme commises par les séparatistes à l'encontre des Marocains séquestres dans les camps de Tindouf ;
- Consolider la position du Maroc rejetant toute tentative d'instrumentalisation des droits de l'Homme dans ce conflit artificiel et à poursuivre l'action pour convaincre les pays restants de retirer leur reconnaissance de la pseudo république.
A cet égard, le chef du gouvernement a rappelé que «grâce aux efforts déployés par le Maroc, depuis 2002, plus de 30 pays ont déjà retiré leur reconnaissance à cette entité illusoire».
Poursuivant son discours, le Chef du gouvernement a indiqué que l'action de la diplomatie nationale sera encadrée par une série de mécanismes tels que :
- La poursuite de la mobilisation de la diplomatie marocaine pour accompagner et mettre en œuvre les efforts tendant à renforcer les relations bilatérales du Royaume avec les pays subsahariens ; notamment, la conclusion d'accords de libre échange dans la perspective de la réalisation d'une intégration économique régionale.
- L’intégration maghrébine, que le Chef du gouvernement a qualifiée de choix stratégique, pour la complémentarité entre les cinq pays du Maghreb et l'espace arabe en tant que prolongement naturel des pays de la région.
- Le renforcement des partenariats stratégiques avec l’Union européenne est aussi d’actualité, sans oublier d’y associer les ONG européennes. Il faut aussi renforcer le dialogue avec le parlement européen et le Conseil de l'Europe.
- La consolidation du partenariat entre le Maroc et les Etats-Unis d'Amérique, comme en témoigne, lors de la dernière visite royale à ce pays, la consécration de la politique d'ouverture et de rapprochement avec les pays d'Amérique latine et la poursuite des efforts pour garantir un positionnement du Maroc en Asie et au Moyen Orient à travers la promotion de la concertation politique et l'échange économique.
Aussi, dans le cadre de la coopération Sud-Sud, la stratégie du royaume a pour objectif la diversification et l'élargissement des mécanismes de coordination multilatérale pour conforter la position du Maroc au niveau régional. Un positionnement qui se fera à travers la contribution efficace dans le cadre du rassemblement des Etats du Sahel et du Sahara (Sensad), le renforcement des liens de coopération et de coordination avec les organisations régionales africaines.
Selon M. Benkirane, «ces grands choix de la diplomatie marocaine permettent d'offrir un cadre stratégique et institutionnel fort pour appuyer la question de l'intégrité nationale, avec le doublement d'efforts concernant plusieurs mesures dont la mobilisation générale lors de tous les débats lancés au sein de toute les instances des Nations unies (…) ainsi que la mobilisation pour la dynamisation de la diplomatie parallèle via le parlement, les partis politiques, les syndicats, les intellectuels, les hommes d'Affaires, les medias (… )».
Parmi ces mesures, ajoute le chef de gouvernement, figure le développement des relations de coopération et d'échange avec l'ensemble des médias nationaux et internationaux, le renforcement de la présence des informations relatives au Sahara dans la presse, l'intérêt particulier au rôle que peuvent jouer les MRE dans la sensibilisation de l'opinion public locale et la société civile et l'encadrement des associations et acteurs de la société civile pour faire face aux séparatistes.
Ces mesures «portent également sur le renforcement de l'action culturelle comme un outil efficace de défense des intérêts du pays, avec en tête la question du Sahara, comme point de départ pour mettre en valeur le patrimoine national». Aussi, l’accompagnement des efforts visant la qualification de l'appareil diplomatique via la formation et la formation continue et la gestion rationnelle des ressources humaines et financières.
«La diplomatie officielle ne suffit plus à elle seule dans un monde ouvert et interactif, aux multiples intervenants, elle doit être complétée par une diplomatie parallèle menée par les partis politiques, les commissions parlementaires, la société civile, les opérateurs économiques, etc», conclut le Chef du gouvernement.
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