Maroc Taswik, un positionnement au cœur du commerce équitable
Après avoir connu depuis 2008 une profonde réforme, touché par plusieurs scandales financiers, l'OCE devient en 2010 Maroc Taswik. Alors que le premier était déficitaire, son successeur, qui se niche dans le commerce équitable, présente un bilan positif.
Cet organisme public qui intervient dans l’agrégation, la valorisation et la commercialisation des produits du terroir, fédère aujourd’hui 750 coopératives. Avec 7 magasins ouverts au Maroc, des sites de e-commerces, et l’ouverture probable de magasins franchisés à l’étranger, Maroc Taswik met en avant les produits du terroir.
Une aide précieuse aux petits producteurs
Le principe du commerce équitable est simple: créer des opportunités pour les producteurs qui sont économiquement en situation de désavantage, développer leur autonomie, permettre le paiement d'un prix juste et instaurer l’égalité entre les sexes. A posteriori, Maroc Taswik évolue en congruence et dans le respect de ces règles élémentaires.
En effet, cet organisme accompagne le producteur agrégé depuis son approvisionnement en intrants jusqu’à la commercialisation de sa production.
«Nous avons un nouveau positionnement stratégique, au cœur du commerce équitable. Nous donnons les moyens de production aux coopératives et petits producteurs, et tentons d’améliorer le revenu et les conditions sociales du petit agriculteur», lance d’emblée Najib Mikou, président de Maroc Taswik.
« Le commerce équitable est une belle opportunité, quand on sait que les produits provenant du commerce solidaire bénéficient d’un traitement spécial de la part de plusieurs pays. Ironie du sort, tous les pays avec qui nous avons un accord de libre échange s’intéressent au commerce équitable : Etats-Unis, Allemagne, France, Angleterre, Italie, et prochainement le Canada », poursuit-il.
Un marché local limité
Au Maroc, le marché local demeure néanmoins petit, et le commerce solidaire n’entre pas dans les habitudes d’achat, du moins, pas encore. Afin d’y remédier, Maroc Taswik a lancé un premier magasin il y a un peu plus d’un an. Désormais, il en est à 7 magasins solidaires au Maroc.
« Nous prévoyons d’en ouvrir dans toutes les moyennes et grandes villes », explique M. Mikou, tout en précisant que son organisme est en pourparlers avec un investisseur chinois pour le développement d’une franchise à Shanghai, afin de commercialiser des produits de l’économie solidaire de Maroc Taswik, et avec un investisseur marocain pour l’ouverture d’une plateforme à Paris.
A terme, l’objectif est d’ouvrir des magasins partout dans le monde et c’est Maroc Taswik qui va assurer l’approvisionnement à travers le franchiseur.
Il convient de noter qu’au Maroc, l’organisme fournit également ses produits à plusieurs grands établissement hôteliers: la chaine Sofitel et Hyatt, mais aussi quelques-uns des restaurants branchés casablancais. .
« Nous garantissons la meilleure qualité au prix juste, et en même temps, nous garantissons des prix et des conditions de travail décents aux producteurs », explique M. Mikou.
Maroc Taswik joue la carte du web
Afin d’élargir la cible et les canaux de commercialisation, Maroc Taswik joue la carte du web, en lançant deux sites d’e-commerce : Bladlkhir et So
Avant Maroc Taswik, l’INDH
Avant Maroc Taswik, c’est l’INDH qui avait initié l’essentiel du travail. « L’INDH a donné les moyens pour créer le produit, Maroc Taswik récolte ses fruits », explique M. Mikou.
Mais pour accéder à un marché extérieur de plus en plus exigeant, il faut une certification. Et pour cela, Maroc Taswik prévoit de certifier tout les produits, en accompagnant les petits producteurs.
Par ailleurs, Maroc Taswik a été distingué par l’organisme «the business international development», qui lui a décerné le premier prix catégorie or, en se basant sur 4 critères: L’innovation, l’originalité, le mode de gouvernance et l’impact économique et social.
Stratégie des 3 Z
Le secret de Maroc Taswik réside dans la stratégie des 3 Z, selon son président: Maroc Taswik coûte 0 centime aux coopératives, 0 centime à l’Etat et 0 centime aux partenaires privés.
Et parmi les produits vedettes de l’organisme, on trouve du vinaigre de dattes, vinaigre de safran, vinaigre de figue de Barbarie, mais aussi le fameux Amlou, l’huile d’olive, l’huile d’argan, le miel et le couscous. «Nos produits proviennent des 16 régions du Maroc».
En théorie, les organisations de commerce équitable font du commerce en tenant compte du bien-être social, économique et environnemental des petits producteurs marginalisés et ne font pas de profit derrière leur dos. Dans ce sens, Maroc Taswik s’apprête à devenir une SA. «Notre but est de faire en sorte que les petits producteurs ne soient plus simplement des fournisseurs aliénés, mais deviennent de véritables partenaires, et qu’ils puissent entrer dans le tour de table.» Au total, Maroc Taswik fédère 750 coopératives, 30.000 petits producteurs, parmi lesquels 75% sont des femmes.
Avec un budget de fonctionnement de 25 millions de DH par an, l’organisme compte une petite équipe constituée d’une cinquantaine de collaborateurs, mais l’objectif est d’atteindre 85 collaborateurs dans les mois à venir.
Amurinou, une marque made in Maroc
Maroc Taswik a lancé sa propre marque: Amurinou, qui veut dire mon pays en amazigh. C'est désormais la marque que Maroc Taswiq appose à tous ses produits de terroir.
Une relation basée sur la confiance
Comment Maroc Taswik a-t-il pu séduire autant de coopératives? Par son projet, répond sobrement Najib Mikou. Un projet basé sur la valorisation et la commercialisation des produits du terroir, «ce qui répond exactement aux attentes des petits producteurs».
Autre point, la confiance. «Figurez-vous que les petits producteurs me donnent parfois leurs produits, sans que je leur donne aucune garantie. C’est dire le niveau de confiance», répond fièrement le Big Boss de Maroc Taswik.
Seul hic, il semble que certaines coopératives manquent de transparence, en ne faisant pas bénéficier les petits producteurs de la vente des produits de leur labeur.
«Les virements bancaires vont uniquement dans les comptes de coopératives, et jamais dans celui d’un seul individu, quand bien même il est président de la coopérative. Nous suivons en temps réel la traçabilité des virements, ce qui donne de la transparence», explique M. Mikou.
Pourtant, ce modèle basé sur des produits plus respectueux des normes sociales et économiques ne suffit pas à pousser dans les paniers les produits estampillés «Commerce équitable». Jusqu’à quand ?
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