Japon: chômage au plus bas et rebond de la consommation, l'espoir continue
Le taux de chômage a diminué au Japon à son plus bas niveau depuis quatre ans et la consommation des ménages a fortement augmenté en mars sur fond d'espoir de relance, mais la production industrielle est toujours entravée par la difficile conjoncture mondiale.
Le taux de chômage officiel s'est réduit à 4,1%, 0,2 point de moins qu'en février, a annoncé mardi le ministère des Affaires intérieures. Les employés précaires effectuant très peu d'heures de travail sont comptés comme ayant un emploi, ce qui réduit l'ampleur du chômage affiché. Pour autant, ce taux n'avait pas été aussi faible depuis novembre 2008, lorsque le chômage au contraire grimpait en pleine crise financière internationale.
En mars, on recensait 2,8 millions de chômeurs au Japon, soit 8,8% de moins qu'un an plus tôt, pour une population totale de 127,5 millions d'habitants dont 62,46 millions au travail. Malgré des difficultés économiques encore prégnantes au Japon comme à l'étranger, une frange importante de la population place beaucoup d'espoirs dans la politique de relance du Premier ministre de droite Shinzo Abe, revenu au pouvoir fin décembre.
Le nouveau chef du gouvernement a fait adopter un plan de relance de quelque 20.000 milliards de yens (160 milliards d'euros), dont la moitié vient des caisses de l'Etat, pour doper l'activité entre autres dans le secteur de la construction.
Ce coup de pouce est censé générer la création de 600.000 emplois et un surcroît de croissance de 2 points de pourcentage lors de l'année budgétaire d'avril 2013 à mars 2014.M. Abe veut aussi soutenir les entreprises par des réformes réglementaires et compte enfin sur les largesses monétaires de la Banque centrale du Japon (BoJ) qui a annoncé début avril un assouplissement considérable de sa politique.
Ces initiatives entraînent un fort rebond de la confiance des ménages qui ont consommé 5,2% de plus en mars qu'en mars 2012, bien que leurs revenus aient progressé beaucoup moins vite, a précisé le gouvernement mardi.
Les ménages ont élevé leurs emplettes alimentaires et vestimentaires, leurs acquisitions de véhicules motorisés et ont quasi-doublé leurs dépenses de réparation et d'entretien domestiques. Moteur important pour l'activité, la consommation avait tendance à stagner ces derniers mois. Son redémarrage stimulerait la troisième puissance économique mondiale qui vient de sortir de justesse de la récession.
Elle l'aiderait aussi à se débarrasser de la déflation, un phénomène pernicieux de baisse des prix dans lequel le pays est plongé depuis une quinzaine d'années.
La BoJ œuvre pour y mettre fin et table sur un retour à l'inflation dès l'année budgétaire en cours, bien que les prix (tous produits confondus) aient encore reculé de 0,9% en mars sur un an. Autre facteur de prudence: la production industrielle. Elle peine à décoller et a encore faiblement progressé en mars, de 0,2% sur un mois, selon le ministère de l'Industrie. Il s'agit de la quatrième hausse mensuelle consécutive mais « l'ampleur de la reprise est modeste », a souligné Yoshiro Sato, de la banque Crédit Agricole. « La récente dépréciation de la monnaie japonaise qui évoluait à un niveau historiquement élevé ne constitue pas une garantie absolue de rebond pour la production, à moins que la demande ne se rétablisse au Japon comme à l'étranger », a-t-il prévenu.
Une croissance moins vigoureuse en Chine, hésitante aux Etats-Unis et inexistante en Europe risque en effet de limiter les exportations nippones comme l'an passé.
(Par AFP)
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