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Turquie: «Marmaray» ou le projet du siècle qui concrétise un rêve vieux de 150 ans

Le projet de «Marmaray», qui consiste en la connexion par voie ferrée de deux continents, l'Asie et l'Europe, se concrétise actuellement en Turquie, après l'entrée en service de sa partie la plus importante, un tunnel ferroviaire sous le détroit du Bosphore.  

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Mohammed Rida Braim
Le 29 octobre 2013 à 13h17 | Modifié 29 octobre 2013 à 13h17

Ce Tube sous-marin de 1,4 km de long, dont une partie est immergée sous le lit du Bosphore, dit le «projet du siècle», sera inauguré ce mardi, jour de la fête nationale qui commémore le 90e anniversaire de la fondation de la République de Turquie, sur les ruines de l'empire Ottoman.

C'est le Sultan Ottoman Abbulmajid qui avait caressé en premier le rêve de relier les deux rives du Bosphore par un tunnel sous-marin en 1860, mais faute de techniques et de financements suffisants le projet n'a jamais vu le jour. Ce rêve est resté donc inaccessible jusqu'en 2004, date du premier coup de pioche annonçant le début des travaux de construction d'un tunnel ferroviaire sous le Bosphore, dans le cadre d'un projet appelé «Marmaray», qui, neuf ans plus tard s'apprête à transporter ses premiers passagers pour devenir le symbole de la réussite de la nouvelle politique des transports d'Istanbul.

Le projet est actuellement fin prêt pour apporter des réponses concrètes aux problèmes du transport que connait la mégalopole turque et ses 15 millions d'habitants notamment au niveau de la traversée du Bosphore, le casse-tête quotidien d'environ deux millions et demi de stambouliotes qui se déplacent chaque jour entre les deux rives du détroit.

Selon les données publiées à l'occasion du lancement de ce mégaprojet, «Marmaray» permettra le transport d'environ un million de personnes par jour en connectant les deux rives du Bosphore en quatre minutes.

Le Tunnel sous le Bosphore est une composante essentielle du mégaprojet, qui consiste également en la construction de 13,6 km de tunnels ferroviaires et la modernisation d'environ 60 km de voies ferrées déjà existantes. Il est posé à plus de 60 m de profondeur, ce qui fait de lui le tunnel le plus profond dans le monde, détrônant ainsi celui de San Francisco aux Etats-Unis, qui détenait ce record avec environ 40 m de profondeur.

Ce nouvel axe ferroviaire, qui a été conçu pour résister à un séisme de magnitude 9 sur l'échelle de Richter et à faire face aux courants marins qui traversent le Bosphore, sera relié aux réseaux du métro de la ville sur la partie européenne et anatolienne, ainsi qu'à la ligne de train à grande vitesse en cours d'aménagement vers la capitale Ankara.

Avec le «Marmaray», les autorités turques ambitionnent de porter la part du rail dans le transport urbain de 4% actuellement à environ 28%, de quoi alléger les problèmes de transport d'Istanbul, une ville au relief accidenté qui frôle la saturation automobile.

Outre sa dimension nationale, le «Marmaray» à des ambitions continentales voire internationales. Ces concepteurs veulent en faire un point de connexion entre les réseaux ferroviaires des pays asiatiques et européens, allant même jusqu'à évoquer un voyage non-stop qui reliera la Chine à l'Europe occidentale et vice versa, dans ce que la presse turque appelle «la nouvelle route de la soie».

Retard à cause des découvertes archéologiques

Lancé en 2004, le «Marmaray» devait en principe être achevé en quatre ans, mais il a pris beaucoup plus de retard dans la réalisation à cause essentiellement des nombreuses découvertes archéologiques qui ont été faites sur le site du projet, essentiellement sur la rive européenne.

Le «Marmaray», dont le coût de réalisation s'élève à 4,5 milliards de dollars, financé grâce à l'appui de la Banque japonaise pour la coopération internationale et la Banque européenne d'investissement (BEI), a permis la découverte de plusieurs dizaines de milliers d'objets archéologiques, dont les vestiges d'un port Byzantin, les épaves de 35 navires datant du Ve au XIIIe siècle, un village et une nécropole néolithique.

Ce trésor inestimable, qui a permis de reconstituer une partie des routes commerciales d'antan et remonter l'histoire d'Istanbul à 6.500 ans avant Jésus-Christ, sera exposés dans un archéo-parc prévu par la municipalité d'Istanbul.

Le «Marmaray» fait partie de ces projets du siècle que le gouvernement du Parti de la Justice et de Développement (AKP-issu de la tendance islamiste) entend mettre en œuvre notamment dans le cadre de ces objectifs pour 2023, date du centenaire de la fondation de la Turquie moderne.

Il y a lieu de citer également dans ce cadre un canal artificiel qui reliera la mer Noire à la mer Marmara en parallèle avec le Bosphore, un troisième aéroport d'une capacité de 150 millions de passagers, un troisième pont sur le Bosphore et un tunnel sous-marin pour les voitures.

Malgré l'importance stratégique et économique, ces «projets pharaoniques», qui se concentrent exclusivement à Istanbul, ne bénéficient nullement de l'unanimité au sein de la société turque. Les militants écologistes étaient les premiers à monter au créneau pour les dénoncer avant qu'ils ne nourrissent la fronde anti-gouvernement quasi-générale qui a secoué plusieurs villes turques durant le mois de juin dernier.

Durant ce mouvement de protestation, qui est parti de la place Taksim en plein centre d'Istanbul, pour embraser toute la Turquie, des dizaines de milliers de Turcs sont descendus dans les rues pour dénoncer les «dérives autoritaires» du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et de son gouvernement, mais également son «affairisme». Les «projets fous» du Premier ministre Erdogan étaient au centre de cette contestation.

(MAP)

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Mohammed Rida Braim
Le 29 octobre 2013 à 13h17

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