FMI: l’économie mondiale freinée par un nouvel accès d'«incertitude»
Cinq ans après la crise financière, le FMI s’est inquiété mardi de la difficile mue de l’économie mondiale, freinée par «l’incertitude» budgétaire et monétaire aux Etats-Unis et les «déconvenues» en provenance des pays émergents.
«L’économie mondiale avance à faible vitesse, les moteurs de l’activité changent et les risques de dégradation persistent», résume le Fonds monétaire international dans ses projections économiques semestrielles, n’excluant pas «de nouvelles crises».
Ce tableau morose contraint le FMI à réviser ses prévisions à la baisse. Après avoir gagné 3,2% en 2012, le PIB mondial ne devrait plus progresser que de 2,9% cette année et de 3,6% en 2014, soit respectivement 0,3 et 0,2 point de moins qu’estimé en juillet.
Cette année encore, la zone euro sera la seule région du monde en récession mais le FMI table sur un rebond en 2014 et décèle déjà de légers signes d’amélioration dans ce qu’il appelle son «noyau dur» (France et Allemagne).
«Il y a un changement de perception qui pourrait avoir des effets concrets si les consommateurs et les entreprises augmentent leurs dépenses», estime le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, dans son avant-propos.
Regards braqués sur les Etats-Unis
Le Fonds braque du coup davantage son regard vers les Etats-Unis en dressant un diagnostic paradoxal: le pays sera le «principal» moteur de la croissance mondiale mais la paralysie budgétaire qui le frappe ampute son activité et pourrait même «gravement endommager» l’économie du globe si elle conduit à un défaut de paiement.
Dans un tel climat d'«incertitude», le pays, qui pèse près d’un quart du PIB mondial, progressera moins vite que prévu en 2013 (+1,6%) comme en 2014 (+2,6%), estime le Fonds, qui s’inquiète également des répercussions de la politique monétaire américaine.
La perspective d’une réduction imminente des injections de liquidités de la Réserve fédérale (Fed) agite les marchés depuis plusieurs mois et a déjà provoqué des reflux de capitaux hors des pays émergents, plombant leur économie et leur devise.
Les monnaies brésilienne, indienne ou turque ont récemment plongé face au billet vert, soumettant ces pays à des «mini-tests de résistance» et révélant des «vulnérabilités accrues», selon le Fonds.
«Le risque d’une réaction excessive (des autorités) pourrait peser sur l’investissement et la croissance», prévient l’institution, mettant en garde contre des interventions «désordonnées» sur les marchés des changes.
L’impact d’un changement de cap de la Fed pourrait être d’autant plus fort que la Chine et un «nombre croissant» d’économies émergentes arrivent à «la fin d’un cycle» qui les a vues porter l’économie mondiale à bout de bras et afficher des croissances vertigineuses, affirme le rapport.
«La plus importante information en ce moment vient des économies émergentes où la croissance a décliné, souvent davantage que ce que nous avions prévu», convient M. Blanchard.
Par rapport à juillet, le Fonds s’attend d’ailleurs à une décélération de l’activité bien plus marquée que prévu en Inde (-1,8 point à 3,8%) ou en Russie (-1,0 point à 1,5%) en 2013 alors que la Chine devrait principalement être affectée en 2014 (-0,4 point à 7,3%) tout comme le Brésil (-0,7 point à 2,5%).
Le réajustement à Pékin inquiète modérément le FMI qui y voit un signe bienvenu «de transition vers une trajectoire de croissance plus équilibrée et plus durable».
Mais, selon le Fonds, la situation est bien différente en Inde ou au Brésil où l’excès de «réglementation» et le manque d’infrastructures freinent l’activité.
Peu financiarisée, l’Afrique sub-saharienne devrait rester à l’écart de ce tumulte et voir son PIB s’accélérer en 2013 (5,0%) et surtout en 2014 (6,0%), indique le Fonds.
Le fléau du chômage continuera, lui, de frapper pays émergents et développés sans distinction, déplore enfin le rapport.
«Le chômage restera à un niveau inacceptable dans de nombreuses économies avancées mais également dans plusieurs marchés émergents, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», épicentres du printemps arabe, souligne le Fonds monétaire.
(Par AFP)
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