Economie et finances : le constat encourageant de Bank Al-Maghrib
Les projections pour l’ensemble de l’année 2013 au Maroc, publiées par la Banque centrale ce mardi après-midi sont encourageantes, avec un taux de croissance à 4,5-5%, un déficit budgétaire ramené à 5,5% du PIB et une inflation à 2,2%. Détails.
Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu sa réunion trimestrielle le mardi 24 septembre
2013 et a décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 3%. Il a estimé que les prévisions restent globalement en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme.
Surtout, il a annoncé des prévisions pour la fin de l’année, qui sont plutôt encourageantes :
-Taux de croissance : 4,5 à 5% (au lieu de 2,7% un an auparavant) ;
-Déficit budgétaire : 5,5% (au lieu de 7,3% un an auparavant) ;
-Déficit du compte courant : 8% du PIB ;
-Inflation : 2,2%.
Voici les principaux passages du communiqué de Bank Al-Maghrib :
Au niveau national, impactée par la persistance de l’atonie de la demande étrangère et l’affaiblissement de la demande intérieure, la croissance non agricole a enregistré un net ralentissement au premier trimestre 2013 à 1,9%, après 4,1% au quatrième trimestre 2012.
En revanche, la valeur ajoutée des activités agricoles a enregistré une progression de
17,7%, portant la croissance économique à 3,8%, après 2,3% au quatrième trimestre 2012.
Pour l’ensemble de l’année 2013, la hausse du PIB devrait s’établir entre 4,5% et 5%. Sur le marché de l’emploi, les données relatives au deuxième trimestre 2013 font état d’une aggravation du chômage à 8,8% contre 8,1% au même trimestre de 2012, avec une légère augmentation du taux d’activité de 0,2 point à 49,2%.
Par ailleurs, les données du mois d’août de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib dans l’industrie montrent une importante baisse du taux d’utilisation des capacités de production à 63%.
Dans ces conditions, l’output gap non agricole devrait se maintenir à court terme en dessous de zéro, indiquant l’absence de pressions inflationnistes émanant de la demande.
Sur le plan des finances publiques, les données arrêtées à fin août 2013 montrent une progression de 0,4% des recettes ordinaires, recouvrant une augmentation de 18,5% des rentrées non fiscales et une baisse de 1,6% des recettes fiscales. En parallèle, les dépenses globales ont enregistré une hausse de 1,2%, malgré le repli de 19% des charges de compensation.
En conséquence, le déficit budgétaire s’est établi à 39,4 milliards de DH contre 34,2 milliards un an auparavant. Si une telle tendance se maintient, ce déficit devrait ressortir autour de 5,5% du PIB à fin décembre 2013.
S’agissant des comptes extérieurs, les données disponibles à fin août montrent une baissede 2,4% des importations et de 1,5% des exportations. Le déficit commercial s’est atténué, en conséquence, de 3,1% par rapport à la même période de l’année précédente. Dans le même temps, les recettes voyages ont augmenté de 2,1%, les transferts des MRE de 1% et les recettes au titre des investissements directs étrangers ont atteint 26,6 milliards de DH, en amélioration de 22% par rapport à la même période de 2012.
Compte tenu des autres éléments du compte de capital, l’encours des réserves internationales nettes s’est accru de 4,3%, à 150,2 milliards de DH, soit l’équivalent de 4 mois et 4 jours d’importations de biens et services. Sur la base de ces évolutions, le déficit du compte courant devrait se situer au terme de l’année 2013 autour de 8% du PIB et l’encours des réserves internationales nettes avoisinerait l’équivalent de 4 mois d’importations de biens et services.
Pour ce qui est de la sphère monétaire, les évolutions récentes indiquent une absence de pressions inflationnistes, avec un écart monétaire demeurant à un niveau négatif. Le rythme de progression annuel de l’agrégat M3 s’est situé à 6,5% en août après 5,8% en juillet et 4,5% au deuxième trimestre, et celui du crédit bancaire s’est établi à 2,6% après 2,2% et 3,2% respectivement. En parallèle, les dépôts à vue ont poursuivi leur amélioration enregistrant une progression de 5,8% après 4,1% en juillet et 3,6% en moyenne au premier semestre.
A fin décembre 2013, la croissance du crédit devrait se situer, selon les dernières données disponibles, aussi bien du côté offre que du côté demande, autour de 4%. Par ailleurs, les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib sur les taux débiteurs montrent que ces derniers ont augmenté de 8 points de base à 6,09% au deuxième trimestre, sous l’effet essentiellement de l’augmentation des taux appliqués aux crédits de trésorerie.
En ce qui concerne le taux de change effectif du dirham, il s’est apprécié de 0,33% en termes nominaux et s’est déprécié de 0,42% en termes réels d’un trimestre à l’autre. S’agissant de l’indice des prix des actifs immobiliers, il a accusé une baisse de 0,2% en glissement annuel.
Dans ces conditions, l’inflation est demeurée globalement en ligne avec les prévisions publiées dans le rapport sur la politique monétaire de juin 2013.
Elle s’est établie à 1,9% en août, après 1,6% en juillet et 2,4% en moyenne au premier semestre. Sa composante sous-jacente a légèrement augmenté à 1,6% après 1,5% en juillet, sous l’effet de l’accélération de la progression des prix des biens non échangeables, de 1,1% à 1,5%, et des biens échangeables, de 1,8% à 2%.
Par ailleurs, suite à la remontée des cours mondiaux des produits énergétiques depuis juin, la baisse des prix à la production industrielle s’est atténuée de 2,4% en juin à 0,2% en juillet.
Le Conseil, après l’analyse des répercussions du nouveau système d’indexation des prix de certains produits pétroliers et des mesures d’accompagnement annoncées, a pris note des projections d’inflation qui font ressortir un taux de 2,2% en 2013, de 1,7% en 2014, de 1,5% au terme du quatrième trimestre 2014, et de 1,8% en moyenne sur cet horizon. Ces prévisions restent donc globalement en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme.
Dans ce contexte caractérisé par une balance des risques légèrement orientée à la hausse et une prévision centrale de l’inflation qui demeure en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme, le Conseil, tout en continuant à suivre de près l’ensemble de ces évolutions, a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 3%.
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