Des mangas 100% algériens font un tabac
«Le manga algérien est notre marque de fabrique. C’est ce que l’on appelle le DZ manga», unique dans le monde arabe, lance fièrement Salim Brahimi, fondateur de Z-Link, première maison d’édition de ce type d’oeuvre en Algérie.
Ces bandes dessinées s’inscrivent dans la lignée de cet art originaire du Japon tout en se fondant dans le quotidien algérien. Un cocktail dont raffolent les jeunes de tout le pays.
Ailleurs, dans le monde arabe, on lit des mangas importés et adaptés du Japon. Le DZ Manga, conçu et fabriqué en Algérie (DZ symbolisant l’Algérie sur les plaques d’immatriculation ou dans les noms de domaine) est diffusé en français, en arabe dialectal et bientôt en berbère.
«Du dessin au scénario, tout est 100% algérien», affirme Kamal Bahloul, représentant Z-Link au 4e festival Lire en fête qui s’est déroulé début septembre à Tizi Ouzou (100 km à l’est d’Alger).
Les mangas algériens se vendent comme des petits pains. «Nous tirons 3.000 exemplaires par titre. En 2008, 40% du tirage était écoulé contre 70% aujourd’hui», selon M. Bahloul.
En pleine progression, Z-Link possède un catalogue d’une dizaine de titres depuis sa création en 2007. «On a commencé l’aventure à deux. Maintenant on est près de 30 salariés!», lance-t-il. «Nous réalisons chaque année 5% de croissance en moyenne».
Z-Link encourage les jeunes mangaka en publiant des extraits de leurs œuvres dans son mensuel totalement dédié aux mangas et aux jeux vidéo, Laabstore.
Lancé en 2008 par Salim Brahimi, Laabstore remporte un formidable succès en librairie. De 2.000, ils sont passés à 10.000 exemplaires vendus en cinq ans en popularisant les premiers DZ mangas.
Ce cru local respecte naturellement les ingrédients classiques du genre, avec son humour décapant, son intrigue à suspense et ses dessins typiques en noir et blanc: gros plans sur les visages, yeux démesurés... Comme les mangas japonais, il se lit de droite à gauche. Mais il se distingue par le choix de ses scénarios.
«Les histoires que l’on traite sont des scènes typiquement algériennes», précise Sid Ali Oudjiane, auteur de «Victory Road» qui lui a déjà permis, à 28 ans, de remporter trois prix nationaux.
Les DZ mangas touchent à tout. Pour l’Histoire, Fella Matougui, jeune auteure de 18 ans avec déjà plusieurs titres à son actif, s’est penchée sur «La révolution», publié pour le cinquantenaire de l’Algérie en 2012.
Pour rompre avec l’influence graphique des Japonais, Amir Cheriti, 33 ans, auteur de «Roda», s’attache à «algérianiser le dessin» qu’il a appris tout seul en regardant les dessins animés japonais diffusés par l’émission de télévision française Club Dorothée des années 90.
Malgré son succès, la création du DZ manga reste bien souvent une passion sans être un gagne-pain.
«Je travaille à côté du manga. Je ne peux m’y consacrer que lors de mon temps libre, le week-end et la nuit», dit Sid Ali Oudjiane, fan absolu de Dragon Ball Z et de Nicky Larson.
Invité au prestigieux festival international de la BD d’Angoulême en janvier 2013 et à la Comédie du Livre de Montpellier en juin dernier, le DZ manga conquiert ses pairs.
Consécration suprême, le musée international du manga de Kyoto a présenté des oeuvres algériennes au Japon «non seulement pour les exposer mais aussi pour les étudier», selon Salim Brahimi. C’est déjà le cas aux États-Unis, où une analyse de l’influence du manga en Algérie est l’objet d’une thèse de l’université de Philadelphie.
Un succès qui attire les convoitises face au formidable pouvoir de communication du manga. «Des entreprises,comme Sonelgaz ou Panasonic, font appel à nous pour des illustrations publicitaires», affirme Kamal Bahloul.
A Tizi Ouzou, au festival Lire en fête, les éditions Z-Link poursuivent leur promotion du manga en sillonnant tout le pays.
Ils y ont créé des ateliers ludiques pour initier les plus jeunes au «9e art» à travers la création de planches illustrées de bandes dessinées.
Avec un seul objectif en tête pour Kamal Bahloul: «Voir d’ici 20-30 ans, tous les petits Algériens posséder des mangas et BD dans leur bibliothèque».
A ce rythme, le pari risque d’être tenu...
(Avec AFP)
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