Japon: un déficit commercial historique lié au yen et à Fukushima
Le Japon a enregistré en août un déficit commercial historique de 7,4 milliards d’euros, gonflé par la dépréciation du yen et la nouvelle soif d’hydrocarbures entraînée par l’accident nucléaire de Fukushima.
Ce déséquilibre des comptes de la balance commerciale du Japon s’est aggravé de 25% sur un an, a annoncé jeudi le ministère des Finances, à 960 milliards de yens (7,4 milliards d’euros).
Jamais l’archipel n’avait subi un trou aussi colossal au mois d’août depuis le lancement de cette statistique sous cette forme il y a 35 ans.
Il s’agit du 14e mois consécutif de déficit de la balance commerciale d’un pays autrefois habitué à des excédents soutenus par la puissance de ses industries exportatrices (électronique, automobile, etc). Une telle série n’avait été établie qu’une seule fois, entre juillet 1979 et août 1980, quand la troisième puissance économique mondialesubissait de plein fouet les effets du second choc pétrolier.
Cette fois, la succession de déficits s’explique par l’effet combiné du «choc Fukushima» et de la forte dépréciation du yen depuis la fin 2012, qui entraîné un renchérissement de 16% de la valeur globale des importations en août.
Facture énergétique gonflée
La facture énergétique est structurellement gonflée depuis l’accident nucléaire de mars 2011, qui a entraîné l’arrêt progressif des autres réacteurs du pays en raison de nouvelles mesures de précaution exigées après la catastrophe. Sur un total de 50 réacteurs, l’archipel n’en disposait que de deux en fonctionnement en août - qui ont d’ailleurs été arrêtés en septembre.
Faute d’énergie nucléaire et afin de continuer à produire suffisamment de courant, les compagnies d’électricité sont contraintes d’augmenter leurs achats à l’étranger d’hydrocarbures, dont l’archipel est dépourvu.
L’effet de ce phénomène sur les comptes a encore été amplifié par la forte baisse du yen enregistrée depuis la fin 2012, après la promesse d’un assouplissement considérable de la politique monétaire lancée par le leader conservateur Shinzo Abe. Devenu Premier ministre en décembre, M. Abe a ensuite obtenu de la Banque du Japon qu’elle ouvre le robinet à liquidités pour tenter de mettre un terme à une déflation qui mine l’économie depuis une quinzaine d’années.
Le yen dévisse
Résultat, le yen a dévissé de plus de 20% face au dollar par rapport à ses niveaux très vigoureux de l’an passé, ce qui élève mécaniquement la valeur des importations souvent libellées en dollar. Ce fut particulièrement le cas pour celles de sources d’énergie, et notamment de pétrole (+27%), mais aussi pour les achats extérieurs de machines (+22%), de semi-conducteurs (+44%) et de denrées alimentaires (+11%).
Point plus positif, cette dépréciation du yen élève aussi les recettes tirées des ventes de produits Made in Japan libellées en monnaie étrangères, lorsque les exportateurs en convertissent le produit en devise nippone. En août, les livraisons à l’étranger de voitures fabriquées au Japon ont ainsi rapporté davantage (+23%), tout comme celles de machines électriques (+11%) et de produits sidérurgiques (+12%).
Au final, les exportations ont grimpé de 14,7%, mais, comme elles partaient de plus bas que les importations, leur augmentation n’a pu empêcher l’accroissement du déficit commercial. Le déséquilibre s’est particulièrement aggravé vis-à-vis des fournisseurs de pétrole du Japon (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis), mais aussi avec l’Australie qui lui vend du gaz naturel ainsi qu’avec la Chine qui exporte vers l’archipel beaucoup de produits électroniques, de téléphones portables et de vêtements.
Yoshito Sato, analyste au Crédit Agricole, s’est néanmoins voulu optimiste, soulignant que les exportations japonaises devraient bénéficier à l’avenir «de la sortie de la récession de la zone euro, d’une activité assez vigoureuse aux États-Unis et de l’accélération de la croissance en Chine», ce qui permettra au déficit de se réduire.
L’excédent commercial du Japon vis-à-vis des États-Unis a déjà grimpé de presque 30% en août sur un an.
(Avec AFP)
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