L'économie allemande, vigoureuse, redevient locomotive de l'Europe
L’économie allemande s’est refait une santé au deuxième trimestre avec une hausse vigoureuse de 0,7% du produit intérieur brut (PIB), qui replace la première économie européenne en position de locomotive de la zone euro.
Ce chiffre est une bonne nouvelle pour la chancelière Angela Merkel, à 39 jours d’élections législatives où elle espère obtenir un troisième mandat. Il est aussi de bon augure pour toute l’Europe, si cette forte hausse se confirme, d’autant plus que la France a annoncé le même jour un rebond inattendu de 0,5% de son PIB sur la même période.
Les bonnes performances des deux poids lourds de la zone euro se sont traduites par une hausse de 0,3% du PIB de celle-ci sur le trimestre, supérieure aux attentes et signifiant une sortie de la récession pour l’union monétaire, selon les chiffres publiés également mercredi par Eurostat.
L’Allemagne se taille «la part du lion» dans cette hausse, ont commenté les analystes de Dekabank.
Pour le moment, la croissance allemande est la plus forte enregistrée au deuxième trimestre au sein du G7, groupe des sept économies les plus puissantes de la planète, notait Christian Schulz, de la banque Berenberg, selon qui «l’Allemagne recommence à réaliser son potentiel».
Le ministère allemand de l’Economie a confirmé sa prévision d’une croissance de l’ordre de 0,5% cette année. Il attend 1,6% l’an prochain.
L’investissement est reparti
Un rebond de la conjoncture allemande au deuxième trimestre était attendu, après un début d’année atone. S’il ressort plus prononcé que prévu -les estimations de la plupart des analystes tournaient autour de 0,5% ou 0,6%-, c’est peut-être parce que le premier trimestre s’est avéré encore plus faible que prévu.
Le PIB allemand a stagné entre janvier et mars, a annoncé l’Office fédéral des statistiques, Destatis, révisant en baisse le chiffre initial de +0,1%.
Mais au-delà de l’effet de rattrapage, «structurellement aussi l’économie allemande est en bonne posture», commentaient les experts de l’institut DIW, pointant la bonne santé du marché du travail et «une claire tendance à la hausse depuis février» dans l’industrie, pilier de l’économie du pays.
Les données dévoilées mercredi «suggèrent que la plus grosse économie de l’union monétaire est définitivement tirée d’affaire», a commenté Annalisa Piazza, de Newedge.
Au printemps, l’économie a été tirée par la vigueur de la consommation intérieure, et surtout la hausse de l’investissement des entreprises. Celle-ci n’est pas encore chiffrée -Destatis ne publiera les détails que le 23 août-, mais a été «conséquente», selon le communiqué.
Les inquiétudes liées à la zone euro avaient freiné les ardeurs des entreprises depuis début 2012, et au premier trimestre de cette année l’hiver anormalement froid et long a joué comme obstacle supplémentaire.
Autre bonne nouvelle, le commerce extérieur a participé à la croissance. La récession qui affecte plusieurs des grandes économies européennes n’a pas empêché les exportations de grimper plus vite que les importations, déjouant les attentes des économistes.
Et si les partenaires européens de l’Allemagne se reprennent au-delà des espérances, notamment le premier d’entre eux, la France, la tendance pourrait bien se poursuivre.
Les indicateurs de confiance pour l’Allemagne sont en tout cas au beau fixe, que ce soit l’Ifo, qui mesure celle des entrepreneurs et a affiché en juillet sa troisième hausse consécutive, ou le baromètre ZEW du moral des investisseurs, ressorti mardi au-delà des attentes.
«Les Allemands ont toutes les raisons d’être optimistes quant à l’avenir», a commenté le ministre de l’Economie Philipp Rösler. Et d’ajouter, campagne électorale oblige: «Il faut continuer sur la voie qui a apporté jusqu’à maintenant le succès: finances solides, entreprises compétitives et une politique qui ouvre des marges de manœuvre» d’allègements fiscaux, sujet de prédilection de son parti libéral (FDP).
(Avec AFP)
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