Crédits accordés aux TPME : Bank Al Maghrib renforce le dispositif
Allongement de la durée du refinancement, élargissement des garanties avancées par les banques et augmentation des montants des crédits accordés aux TPME, telles sont les mesures prises par la banque centrale pour soutenir les opérateurs de taille modeste.
La banque centrale revient vers les banques commerciales pour les inciter à davantage financer les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).
Il y a quelques temps déjà, Bank Al Maghrib (BAM) avait mis en place un dispositif pour inciter les banques à financer les TPME. Le principe : BAM accorde des prêts garantis aux banques et ces dernières s’engagent à accorder un quota d’encours aux TPME.
Aujourd’hui, la banque centrale lance un nouveau modèle de ce dispositif qui entrera en vigueur dès l’échéance du dispositif actuel atteinte.
Plus de souplesse accordée aux banques
Le nouveau dispositif sera valable pour deux ans au lieu de trois mois dans le dispositif actuel. Il y aura des appels d’offre de la banque centrale tous les trois mois et le remboursement se fera sur une année.
Les garanties, quant à elles, s’élargiront à d’autres actifs mis à part les bons du Trésor.Les crédits hypothécaires et les crédits documentaires pourront faire office de garantie.
Autre nouveauté : BAM s’engage à donner une allocation initiale. Cette subvention peut atteindre 10% de l’encours global de crédits accordés aux TPE et aux PME.
« En cette période de manque de liquidités et où le taux de la réserve des banques est au plus bas, cette nouvelle mesure de refinancement est donc la bienvenue. En venant à la banque centrale, ces banques s’assurent un refinancement supplémentaire » explique Mounir Razki, directeur des opérations monétaires et des changes au sein de BAM dans un entretien accordé à Médias 24.
Pour les banques qui augmentent leur encours de crédits aux TPME sur un an à hauteur du montant emprunté auprès de la banque centrale, cette dernière leur appliquera, pour le taux d’intérêt, la moyenne du taux directeur durant cette période. A savoir 3% en se référant au taux directeur actuel.
En revanche, les banques qui utiliseraient cet argent à d’autres fins seront pénalisées.
Si l’encours des crédits octroyés aux TPME est inférieur au montant emprunté à cette fin, le taux d’intérêt sera majoré et pourrait atteindre 4,5%.
« 4,5 % est à peu près le taux du marché si les banques ont recours à des dépôts à terme rémunérés pour se financer » explique Mounir Razki.
Les banques bénéficiaires devraient communiquer chaque trimestre les prêts accordés grâce à cet argent. Et la banque centrale pourra exiger des vérifications supplémentaires si besoin.
Une bouffée d’air pour les TPME
Dans ce nouveau dispositif, le montant du crédit sera plafonné à 50 millions de dirhams renouvelable sur un an, au lieu de 15 millions de dirhams actuellement.
Les entreprises qui opèrent dans le secteur de l’industrie et celles qui exportent bénéficieront d’un traitement préférentiel. Le montant des crédits sera doublé en faveur de ces deux secteurs.
En revanche, les professions libérales et la promotion immobilière sont exclues de ce dispositif. Bank Al Maghreb estime que l’immobilier a eu largement droit à sa part de crédit. « De plus, ce sont les TMPE dans l’industrie et l’export qui sont les piliers de la croissance, génératrices d’emploi et qui besoin de financement » explique Mounir Razki.
Les TPME éligibles pour ce crédit doivent avoir un chiffre d’affaires inférieur à 175 millions de dirhams.
À découvrir
à lire aussi
Article : Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés
Abdenbi Bioui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Saïd Naciri a, quant à lui, été condamné à 10 ans de réclusion. Les premiers détails.
Article : Affaire “Escobar du Sahara”: huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict
CASABLANCA. Il est un peu plus de 19 heures ce jeudi 25 juin et le verdict dans l'affaire "Escobar du Sahara" ou "Naciri-bioui" impliquant Said Naciri et Abdenbi Bioui se fait toujours attendre.
Article : Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine
Des déchets plastiques, des emballages et des caisses endommagées jonchent depuis plusieurs jours la plage de Aïn Diab. Si l'origine de cette pollution reste inconnue, les images recueillies par Médias24 relancent les interrogations sur les rejets en mer.
Article : Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO
Un avion militaire marocain a livré à Bunia neuf tonnes de matériel médical, pharmaceutique et logistique destinées à appuyer les opérations de la MONUSCO face à l’épidémie d’Ebola en Ituri. Une deuxième rotation est prévue dans les prochains jours avec du matériel complémentaire et une équipe médicale marocaine spécialisée.
Article : Dispositif national d’alerte précoce : ce qui bloque, ce qui va changer d'ici 2027
Pour sa deuxième journée, la consultation nationale sur les systèmes d’alerte précoce a mis en lumière les lacunes persistantes en matière d’évaluation des risques et de surveillance. Le nouveau dispositif national, prévu avant 2027, devrait tracer une refonte totale adossée à la promesse d'une coordination institutionnelle interopérable.
Article : Voyages à l'étranger : l’Asie attire les Marocains, mais les tensions internationales refroidissent les réservations
Malgré un intérêt croissant des voyageurs marocains pour l’Asie au détriment des destinations traditionnelles européennes, les agents de voyage constatent un net ralentissement de leur activité estivale. Entre les incertitudes géopolitiques et l’effet de la Coupe du Monde, les perspectives pour juillet et août demeurent floues. Explications.