Les taux de réalisation des équipements publics inférieurs à 50%
De nombreux plans d’aménagement sont en cours de finalisation. Mais leur mise en œuvre procurera-t-elle nécessairement des espaces de vies adaptés ? Pas si sûr au vu du bilan moyen qu’affichent les anciens PA.
Le constat est alarmant. Très rares sont les cas où les équipements publics prévus dans les plans d’aménagement, aujourd’hui en cours de remplacement, affichent des taux de réalisation supérieurs à 50%.
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces niveaux ne dépendent pas du rang social des communes. Qu’elles soient riches ou pauvres, urbaines ou rurales, elles subissent toutes le même sort.
« Le cas de la commune d’Aïn Sbâa, l’une des plus riches du Maroc, est édifiant. Le taux de réalisation de son ancien plan d’aménagement tous équipements confondus est d’à peine 41,4% », révèle Abdellah Ibrahim El Haimer, architecte-urbaniste. Selon les estimations par types d’équipement, ce taux est de 40% pour la santé, 34,5% pour les espaces verts, 37,5% pour le sport, 51,7% pour ce qui est du socio-culturel et 40% pour l’enseignement. Si tel est le cas pour une commune qui « se permettait de prêter de l’argent à l’Etat », selon M. El Haimer, que dire alors des autres communes.
Sortons donc un peu de Casablanca et voyons ce qui se passe dans le Maroc profond. Prenons le cas de la petite bourgade de Taznakht. Selon une évaluation des derniers PA, les équipements publics non réalisés atteignent les 90% : 100% pour la santé, idem pour les équipements cultuels, les équipements collectifs et d’intérêts général, 80% pour la santé, le cimetière prévu n’a pas vu le jour…. Bref, la majorité des équipements qui étaient prévus n’ont pas été réalisés. Et quand bien même certains ont été réalisés, c’est sur des terrains autres que ceux réservés par le PA. « Cela justifie davantage la nécessité de mener des études approfondies sur la nature du foncier, sa situation juridique et la facilité de son acquisition pour une meilleure mise en œuvre des dispositions du plan d’aménagement ».
Les services des agences urbaines sont sur le pied de guerre
Le sujet est d’autant plus d’actualité que les services des agences urbaines sont sur le pied de guerre. Ils bouclent les dernières étapes avant l’homologation de certains PA. Rien que dans la capitale économique, 28 sont dans les tuyaux.
« Il est inutile de dépenser des sommes conséquentes pour l’élaboration des documents de l’urbanisme, si en aval, l’Etat ne mobilise pas les moyens requis pour leur concrétisation », commente Abdellah Ibrahim El Haimer. Et d’ajouter, « il faut dresser un bilan général et lancer une réflexion pour rectifier le tir. Malheureusement, dans le cadre des plans d’aménagement aujourd’hui dans le circuit, l’approche adoptée est la même que par le passé. Alors que pour corriger la situation, il ne faut plus se contenter de suivre les règles scientifiques, mais penser l’urbanisme comme un package ».
Soit. Mais qu’est-ce qui expliquerait ces taux aussi médiocres? « Les élus l’expliquent par la rareté ainsi que la cherté du foncier. Ce qui n’est pas vrai. D’ailleurs, le cas de Taznakht est là pour en témoigner », commente notre source. Et de conclure: « si l’Etat n’a pas les moyens de ses ambitions, autant ne plus produire de nouveaux plans. Car c’est peine perdue d’en publier sans faire le nécessaire pour les mettre à exécution ».
La solution? « Impliquer le privé en lui donnant une certaine flexibilité au niveau du zonage, mais en exigeant sa participation aux équipements publics ».
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.