«Le Maroc a un grand potentiel de pilotes»
Entretien avec le champion du monde de motomarine freestyle Romain Stampers, qui a tenu en haleine le public du Mazagan Beach resort dimanche 7 juillet dernier lors d’un show époustouflant où il a enchainé les backflips, dans une lagune !
Malgré un calendrier chargé, vous avez répondu présent à l’appel de Dada’s Bike et êtes venu présenter votre incroyable show de jet ski freestyle au Mazagan, pour la deuxième fois…
J’ai l’habitude de venir au Maroc et je m’y suis fait des amis, Dada’s Bike en fait partie, ainsi que Said Sabri de chez RedBul et même l’hôtel de Mazagan est devenu un passage obligé pour montrer ma discipline, un sport qui a atteint un certain niveau aujourd’hui. C’est donc avant tout une histoire d’amitié entre le Maroc, les organisateurs et moi, alors je ne voulais surtout pas manquer ce rendez-vous.
Vous avez en effet pris le temps de passer deux jours au Maroc alors même que préparez actuellement le championnat du monde… Quelles en sont les dates et les destinations ?
Cela se passe un peu partout, nous allons aller à Monte Carlo, au Brésil, en Italie, en Chine et aux Emirats Arabes Unis. Donc de belles destinations sur un calendrier qui commence en avril et finit en novembre, mais il y a aussi le championnat de France et d’Europe… Ceci dit, c’est très important pour moi, après dix ans à courir la planète, de choisir des endroits où cela me fait plaisir de revenir et le Maroc en fait partie. Autant pour la qualité des vagues, que celle des amis que j’ai au Maroc et notamment la famille Aracil, à laquelle je rends souvent visite à Mohammedia.
Vous avez fait vivre un grand moment de sport et de grandes émotions au public venu nombreux vous applaudir au Mazagan. Mais comment arrivez-vous à réaliser un triple back flip dans une lagune si petite et surtout si peu profonde ?
Il est vrai que lagune du Mazagan est très petite, avec très peu de fond, mais j’avoue que je m’entraine depuis très longtemps sur ce genre de situation. Il m’arrive d’ailleurs d’aller m’entraîner dans des piscines ou des grandes flaques d’eau… C’est important pour moi de développer ce sport dans un endroit réduit parce qu’on se retrouve au cœur du public, d’ailleurs les enfants peuvent même me commander des figures à exécuter et c’est cette relation avec le public et cette interactivité que je recherche. Mon plaisir est de partager ma passion et de montrer ce qu’est le jet ski de haut niveau.
Le jet ski free style est donc à la fois un sport de haut niveau et du show. Comment gérez-vous ce mix ?
Le championnat est pour moi le moyen d’avoir le meilleur niveau pour arriver à réaliser en spectacle les figures les plus incroyables. Chaque année, ces compétitions me permettent d’élever mon niveau pour surprendre mon public. Il y a deux ans, j’ai réalisé un back flip, cette année je suis revenu avec trois back flip enchainés et je suis sûr que l’année prochaine je vous surprendrai de nouveau.
Vous avez déjà promis d’enchainer4 back flips ! A ce propos, la tendance générale, lorsqu’on est le meilleur dans une discipline, est de faire plus de performance sur la même figure. Mais est-ce que vous essayez aujourd’hui de créer vos propres figures ?
Je me focalise sur cet enchainement backflip parce que c’est ce qui est, à l’heure actuelle, le plus facile à comprendre pour un public non initié. J’ai en effet des figures très complexes, difficiles et dangereuses mais que je ne peux présenter car le public ne peut pas ressentir la difficulté de la figure. Il faut rappeler que le jet ski freestyle est une discipline très jeune, cela ne fait que 10 ans qu’on peut être professionnel dans cette discipline.
Enchainer les backflips permet donc de montrer au public quelque chose de compréhensible, je réalise également des vrilles et des 360. J’ai également des rotations où on part en biais mais seuls les initiés réussissent à percevoir la différence. Mais quand les organisateurs et le public seront initiés à ma discipline, je leur amènerai des différences et nous parlerons le même langage.
Vous réservez donc les variantes des figures pour les championnats…
Exactement, nous sommes notés sur des variantes comme des double manœuvres en l’air qui sont très compliquées et sur l’amplitude. D’ailleurs durant ma prestation au Mazagan, j’ai essayé de monter en amplitude sur quelques backflips et j’ai entendu que le public réagissait. Je suis en train d’amener ce jeu et j’espère que l’an prochain le public saura faire la différence entre un énorme backflip ou des enchainements de petits backflips.
Y-a-t’il actuellement des écoles de freestyle pour les jet-skieurs qui veulent progresser et arriver à un niveau professionnel ?
Malheureusement aujourd’hui il n’y a pas encore d’école ni de profs de freestyle. Nous, les anciens, avons appris sur le tas, un peu comme on apprend à jouer de la guitare, mais les choses sont en train de se mettre en place.
Que pensez-vous du potentiel Jet Skieurs Marocains ?
Au Maroc, vous avez un grand potentiel de pilotes. D’ailleurs, beaucoup de pilotes marocains ont brillé à l’international, je pense notamment à Brice Aracil. Et là qu’il s’agisse de freestyle ou jet ski vitesse, c’est un peu la même famille. Mais il faut savoir que le jet ski c’est un sport difficile parce qu’avant tout il est coûteux et comme tout sport, il faut vraiment persévérer.
Un petit conseil pour les jeunes qui rêvent tout de même de s’essayer au jet ski freestyle ?
Il s’agit d’un sport mécanique, alors je n’invite pas les jeunes à en faire. Ils doivent se former en faisant du surf, du bodyboard, du skateboard jusqu’à l’âge d’environ 20 ans. Sans compter que c’est un sport complexe qui peut être dangereux s’il est mal pratiqué.
Avant de pratiquer le jet ski, j’ai moi-même commencé avec du skate bord, du BMX, un peu de surf… c’est très important pour moi de ne pas faire qu’un seul sport, de ne pas être monomaniaque, mais de visiter toutes les discipline. Il m’arrive même de faire du golf et de l’équitation…
La chronologie, tout au long de sa vie, pour arriver aux sports mécaniques est très importante, donc j’invite plutôt les jeunes à aller nager, faire du surf… et d’ici qu’ils aient grandi, notre sport aura évolué avec certainement des profs et des écoles pour encadrer tout cela dans le futur.
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