Jet ski : après le décès survenu à Kabila, le constat de l’absence de normes
Il existe un vide juridique sur la question de la gestion des plages et de la sécurité des personnes. En dépit de deux morts depuis le début de la saison, d’autres drames sont prévisibles si rien n’est fait rapidement.
« Malgré l’important développement des sports nautiques dans notre pays, il n’existe aucune loi qui régisse la gestion des plages et la problématique de la sécurité liée à la pratique de ces sports. Il n’existe aucun texte de loi, il n’existe que quelques circulaires ». C’est en ces termes qu’un responsable régional de la Protection civile au Nord déplore l’absence de normes en la matière au lendemain de l’accident de jet ski qui a coûté la vie au jeune Ryan Ratibe, 15 ans, le dimanche 7 juillet dernier autour de 18 h au large de la plage de Kabila (M’diq).
3.500 km de côtes mais pas de normes
Aussi surprenant que cela puisse paraître dans notre pays qui dispose de 3.500 km de côtes et qui favorise le tourisme et le sport, l’activité du jet ski n’est pas réglementée. En fait, les points se rapportant à la gestion des plages « se font par le biais de circulaires ponctuelles à la veille de la saison estivale» indique notre interlocuteur qui souhaite garder l’anonymat.
« La gestion des plages, nous indique un responsable municipal, est de la responsabilité des communes, mais le domaine maritime ne nous appartient pas même si en tant que municipalité nous sommes au fond responsables du bien-être et du confort des estivants sur le territoire de la commune. »
De fait, plusieurs de nos interlocuteurs qu’ils soient dans la protection civile, à la municipalité de Tanger ou gendarmes déplorent en fait l’absence de coordination entre des administrations et des services différents. Il faudrait peut-être commencer par le fait que les services des wilayas, coordinateurs des différentes administrations, mettent l’ensemble des administrations concernées autour d’une même table.
Un défaut de coordination administrative
Si de fait, la commune est responsable de la propreté et de la sécurité sur la plage, elle ne peut sans l’aval de la direction des Affaires maritimes qui dépend du ministère de l’Equipement prendre l’initiative de baliser les zones de baignade et les couloirs d’arrivée et de sortie des jet skis entre le bord de la plage et le large. Un wali peut forcer une décision en ce sens.
Par ailleurs, on peut considérer que dans la prolongation naturelle des opérations Pavillon Bleu qui sont chaque année mises en place sur plusieurs plages marocaines, les aspects hygiène et propreté soient améliorés par un volet sécurité qui existe déjà avec la présence de maîtres-nageurs mais qui gagnerait à être enrichi avec l’ajout du balisage. Une variante de cette évolution pourrait autoriser les jets-skis seulement au large des plages balisées.
S’agissant de la conduite des jet skis en mer, des vitesses autorisées et des codes à respecter, on peut penser que tout comme c’est la brigade maritime de la Gendarmerie royale de M’diq qui est actuellement en charge du dossier, ce sont les mêmes autorités qui doivent à l’avenir veiller à ce que les jet skis soient conduits de manière responsable et surtout sans danger pour autrui.
Depuis la fin du mois de mai dernier, le décès de Ryan Ratibe est le second connu au Maroc après la mort d’un ressortissant chinois dans la baie d’Agadir à la fin du mois de mai dernier. Ne rien faire à l’avenir au niveau des normes de la pratique du jet ski et du balisage des plages, c’est courir le risque d’avoir de nouveaux accidents tragiques.
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