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Redaction

Pour Hamid Chabat, le Maroc est confronté à un conflit institutionnel nécessitant bien un arbitrage royal

L’Istiqlal maintient sa demande d’arbitrage royal sur la base de l’article 42 de la Constitution et agite le risque d’une crise institutionnelle entre le parlement et la primature. Tel est le message de Hamid Chabat, exprimé hier dimanche 15 juin.  

Pour Hamid Chabat, le Maroc est confronté à un conflit institutionnel nécessitant bien un arbitrage royal
B. Berrada
Le 17 juin 2013 à 19h01 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35
A Casablanca et à Berrechid, Hamid Chabat n’a pas ménagé Abdelilah Benkirane, «notre ami et notre frère», au cours de ce week-end. C’est comme un combat de coqs à distance. Chaque week-end apporte son lot de coups.
Le plus important dans le meeting casablancais de Hamid Chabat concernait l’arbitrage royal et l’issue de la crise présente. Sous une coupole correctement remplie, au complexe Mohammed V de la capitale économique, Hamid Chabat persiste et signe, et répond aux journaux selon lesquels le Roi n’interviendra pas dans un différend qui oppose deux partis.
Si, il s’agit bien d’un différend institutionnel, requérant l’arbitrage royal, sur la base de l’article 42 de la Constitution, explique en substance le secrétaire général de l’Istiqlal. Chabat en fait sa propre démonstration :
-La preuve que ce n’est pas un conflit de personnes ni de partis, c’est que Abdelilah Benkirane est « l’ami et le frère ». Et qu’un grand mérite revient à l’Istiqlal si le PJD a survécu aux attentats du 16 mai 2003, car tout le gouvernement de l’époque voulait le dissoudre, seul l’Istiqlal s’y est opposé.
-L’Istiqlal est constitutionnellement et juridiquement le premier parti du Maroc, avec 116 parlementaires si on compte les deux chambres, alors que le PJD n’en réunit que 110 (dont 107 à la Chambre des Représentants).
-L’Istiqlal a attiré l’attention du chef de gouvernement sur les mauvais choix contenus dans la Loi de Finances 2013 et ce, depuis novembre 2012 puis le 3 janvier 2013. Le chef du gouvernement n’écoute pas ses alliés, les réunions de la majorité ne servent à rien, aucune décision n’est prise.
-Le chef du gouvernement a également un conflit avec la Chambre des Représentants, qu’il aimerait contrôler alors que c’est à elle de contrôler le gouvernement et non l’inverse[i].
Ce n’est une lutte entre des partis, c’est une crise au sein d’une institution constitutionnelle, le gouvernement, estime Hamad Chabat. D’où le recours à l’article 42 de la Constitution plutôt qu’à l’article 47[ii].
 
Petites phrases
 
Au-delà de ce message essentiel, Hamid Chabat a émaillé ses discours de Casa et de Berrechid de petites phrases. Voici un florilège :
-« L’istiqlal est la conscience de cette nation, et sa soupape de sécurité ».
-« Pour participer au gouvernement actuel, nous avions posé plusieurs conditions : 1/. achever les chantiers commencés par le gouvernement précédent (présidé par l’Istiqlal), 2/. Appliquer réellement la Constitution du 1er juillet 2011 qui a donné la souveraineté au peuple marocain et pas au gouvernement 3/ et enfin, le peuple doit sentir le changement dans sa vie quotidienne, dans sa santé, dans l’éducation de ses enfants, son logement, sa nourriture.
-Le peuple espérait de grands chantiers : la bonne gouvernance, la lutte contre la rente, la lutte contre la corruption, réforme de la caisse de compensation, réforme de la caisse de retraite.
-Pour le chef du gouvernement, lutter contre la corruption, c’est augmenter les prix des produits de première nécessité, augmenter les impôts.
-Les hausses des prix des produits de première nécessité, sont une ligne rouge pour nous. Je vous conseille de bien peser les bonbonnes de gaz, ce gouvernement est capable de réduire leur poids sans en changer le prix.
-1.160 fonctionnaires seront nommés par le gouvernement, bonjour le népotisme et le clientélisme.
-M. Benkirane, arrêtez d’invoquer la Banque Mondiale à tout bout de champ, ce n’est pas elle qui vous a désigné chef du gouvernement.
-Les entreprises marocaines emploient 4 millions de salariés alors que l’Etat n’en emploie que 700.000.
-Le chef du gouvernement tergiverse pour mener les grands chantiers prioritaires du pays comme la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, ou encore les élections communales. Lorsqu’on l’interroge, il dit qu’il a les mains liées par des crocodiles. Qu’il les désigne par leur nom, qu’il les nomme. Il est comme un élève qui ne veut pas travailler et qui cherche chaque jour une excuse, l’autobus qu’il a raté, sa maman qui ne l’a pas réveillé…



[i] Allusion est faite ici à l’échange verbal qui a eu lieu la semaine écoulée entre Karim Ghallab président de la Chambre et Abdelilah Benkirane, à l’occasion d’un colloque sur le projet de lois sur le droit à l’information. Karim Ghallab a notamment déploré qu’un tel débat ait lieu dans un hôtel alors que sa place naturelle aurait été le parlement.
[ii] Le libellé des articles 42 et 47 ici.


 

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B. Berrada
Le 17 juin 2013 à 19h01

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