Diplômés chômeurs: Benkirane entend faire appel
Ultime rebondissement dans l’affaire des diplômés chômeurs. Abdelilah Benkirane entend faire appel de la décision prise en première instance.
Dans son discours du samedi 8 juin, lors de la réunion de la commission nationale du parti de la lampe,et loin de son emportement habituel, le chef du gouvernement a affiché la volonté de poursuivre tous les recours en matière de droit administratif, jusqu’à saisir, s’il le faut, la cour suprême.
N’excluant pas l’hypothèse selon laquelle le tribunal ne se prononcera, définitivement, qu’après l’extinction du mandat de son gouvernement, Abdelilah Benkirane a promis d’appliquer la décision de justice, si celle-ci venait à se prononcer en faveur des diplômés chômeurs durant le mandat de l’actuel exécutif.
La réaction des quatre coordinations des diplômés chômeurs ne s’est pas fait attendre, elles se sont réunies aujourd’hui en vue d’adopter une position par rapport à la déclaration de l’officiel. Contacté par Médias 24, Mohamed Amine Sekkal, coordinateur et chargé de communication auprès des coordinations des diplômés chômeurs, livre les conclusions à chaud : «la position d’Abdelilah Benkirane ne peut être qualifiée de déclaration du gouvernement, car son discours était destiné aux membres de son parti en tant que secrétaire général, et ne peut, en aucun cas, représenter la position officielle du gouvernement». Avant de rajouter que «si cette déclaration avait été faite devant des représentants de la majorité, nous pourrions la considérer comme une position officielle du gouvernement. Voilà pourquoi nous ne prenons pas de position par rapport au discours ».
Les reproches d’Abdelilah Benkirane
Par ailleurs, Abdelilah Benkirane à reproché aux diplômés chômeurs leur atteinte à sa vie privée, à travers les sit in répétés devant le domicile du chef de l’exécutif. Mohamed Amine Sekkal s’en défend : «les auteurs de ces manifestations sont des personnes qui ne font pas partie de la coordination des quatre fédérations de diplômés chômeurs. Il s’agit d’une coordination indépendante qui ne croit pas aux valeurs du militantisme», et remet les pendules à l’heure : «nous ne protestons pas contre les personnes, nous réclamons nos droits auprès des institutions en ayant recours à la légitimité que nous procure le droit».
Dans l’absolu, la coordination des diplômés chômeurs n’exclut pas la possibilité de retourner à la rue dans le cas où le gouvernement n’honore pas ses engagements, et n’applique pas la décision finale du tribunal administratif.
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