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Jamal Benhamou : un centre spécialisé dans les logiciels innovants, pourquoi ?

Soft Centre est un centre marocain de R&D. Son directeur, Jamal Benhamou, revient sur les raisons de sa création et ses missions.

Jamal Benhamou : un centre spécialisé dans les logiciels innovants, pourquoi ?
Dalal Saddiqi
Le 30 mars 2013 à 16h24 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

D’où est née l’idée d’un centre marocain de R&D spécialisé en IT ?

Le chiffre d’affaires du secteur IT marocain est issu à 80% du domaine des télécoms. Sur les 20% restants, 15% sont réalisés grâce à l’infrastructure et 4% sont assurés par la distribution de logiciels et l’intégration de logiciels étrangers. Il reste un petit 1%, qui concerne les services : il s’agit principalement de la monétique (HPS, S2M, M2M...). Or, c’est avec cela que nous créons réellement de la valeur. D’ailleurs la monétique marocaine est classée dans le top 5 mondial.

Mais paradoxalement, nous avons très peu de services et de production logicielle. Cela est dû au fait que les entreprises marocaines sont orientées vers l’opérationnel et la prestation, et non vers la R&D logicielle. Parallèlement, alors que l’opérateur IT a une orientation résultat et brevet, la recherche universitaire est principalement orientée vers la recherche fondamentale et de publication.

Aussi, afin d’augmenter la quote-part des services, nous avons eu l’idée de mettre en place le Soft Centre, qui est une courroie de transmission pour permettre de faire cohabiter l’entreprise IT et la recherche universitaire. Le but étant de les faire travailler ensemble, au sein de laboratoires, afin de créer des solutions innovantes.

A quelle date ce projet est-il devenu effectif ?

Le Soft Centre a été créé fin 2010. Son démarrage s’est fait le 1er janvier 2011 et on m’a confié la direction du centre le 1er avril. Depuis, nous avons pour mission de nous adresser à l’opérateur IT. Celui-ci nous adresse alors une demande finale pour laquelle nous syndiquons les ressources universitaires afin de produire la solution innovante qui satisfera son besoin. Pour cela, nous faisons appel à des chercheurs, thésards et ingénieurs issus des ENSA, des écoles d’ingénieurs, des universités et des facultés des sciences.

Quels sont vos principaux donneurs d’ordres ?

La provenance des projets d’origine nationale (80% du portefeuille des projets) confirme l’engagement du secteur privé national des IT à faire appel aux compétences universitaires. A date d’aujourd’hui, les secteurs d’activités au sein desquels exercent nos clients sont le Software, la défense et l’aéronautique, les applications mobiles, la géophysique, les télécoms, la monétique, l’intégration telecom et le multimédia.

Pourriez-vous nous citer quelques exemples de projet réalisés ?

A fin 2012, plusieurs projets ont été réalisés en termes d’innovation sur le plan logiciel. 15 projets de R&D sont déjà sur le marché. Il s’agit notamment d’une solution en mode SAS pour Thalès, d’un travail d’industrialisation de contenu web

Nous avons également travaillé sur la solution de E-parlement www.conseillers.ma. Un projet qui a été reconnu à Damas lors du Mena ICT Week 2011 par la distinction du « Arab Golden Chip Award » dans la catégorie « meilleur projet de contenu arabophone » d’IJMA3 (Fédération Arabe des Associations IT).

Pour quelle raison le Soft Centre est-il établi à l’Institut National des Postes et Télécommunications ?

Le soft centre est en effet un organe rattaché à l’ANRT, qui est notre sponsor. Il faut savoir que le financement de l’ANRT provient du Fonds de service universel, qui est alimenté par une quote-part du chiffre d’affaires des opérateurs télécom, et qui a pour objectif de financer les projets innovants tels que le programme Genie, le programme Pacte...

Aussi, via ce fonds, l’agence gère également notre programme pour le compte du gouvernement, qui nous accorde une subvention pour nous permettre de fonctionner. Cela s’explique par le fait qu’un centre de R&D est structurellement déficitaire, notre objectif étant d’accompagner l’émergence de l’innovation et développer l’économie numérique au Maroc, et non de faire du chiffre d’affaires.


 

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Dalal Saddiqi
Le 30 mars 2013 à 16h24

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