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PORTRAITS

Karim, le roi du brushing à 20 DH

Il a créé un réseau de 15 salons. Son secret ? Des coupes ou coups de peigne rapides facturés 20 DH,  sans prise de rendez-vous. Et une qualité de service appréciée par la clientèle. Rencontre.

Karim, le roi du brushing à 20 DH
Nabila Fathi
Le 21 mars 2013 à 15h11 | Modifié 21 mars 2013 à 15h11

 
Karim le coiffeur
est une célébrité à Rabat, Tanger ou encore Casablanca. A la tête d’un réseau de 15 salons partout au Maroc, il a pu, en 27 ans d’expérience, se faire un nom dans un domaine où on ne jure que par des signatures étrangères, françaises en l’occurrence.

Mais, pour ce quadra, la réussite ne s’est pas faite en un jour. A peine collégien, il avait défié ses parents et quitté l’école pour devenir footballeur professionnel, un métier qui peut mener «à la célébrité et la fortune ».

Le hasard en a décidé autrement. Certes, Karim Benali était bien parti pour embrasser une carrière footballistique, lui qui jouait pour le FUS en tant que gardien de but. Mais il a suffi d’une banale discussion avec un ami pour le faire rêver d’autre chose que de ballon rond. Le sujet portait sur le succès que connaissait un célèbre coiffeur r’bati « et qui pouvait gagner jusqu’à 10.000 DH par jour ».

Un montant à cinq chiffres capable de faire tourner la tête au jeune Karim. Mais par où commencer quand on est sur le carreau et qu’on ne connaît même pas le b.a-ba du métier ?

Le premier souci était d’apprendre le métier. Pour financer sa formation, Karim travaillait à mi- temps en tant que revendeur de cigarettes au détail. La demi-journée restante était consacrée à ses cours de coiffure.

La famille, premier « bailleur de fonds »

Le jeune apprenti a tout de suite compris qu’il était doué pour la coiffure. Il a aussi vite su qu’il n’allait pas tarder à ouvrir son propre salon. Chose faite en 1987, soit deux ans à peine après voir obtenu son diplôme. « Je n’aurai pas pu le faire sans l’aide de ma tante qui a acheté un petit local au quartier Diour Jamaâ. Ma mère a vendu ses bracelets en or pour que je puisse équiper le salon », se rappelle-t-il, ému. Et c’est ainsi que commença une nouvelle vie pour Karim, la vingtaine à peine.

Le local ne faisait que 13m2 mais fonctionnait à plein temps, de huit heures jusqu’à minuit. J’ai repris le concept de mon ancien employeur qui facturait le brushing à 10 DH et j’ai recruté 3 coiffeurs pour faire tourner le salon. », raconte-t-il. La belle aventure dure quelques années. Jusqu’au jour où ses collaborateurs quittent le salon pour voler de leurs propres ailes.

Ces départs en masse perturbent le bon fonctionnement de la boutique. « Je ne savais pas comment réagir. Il faut dire qu’à l’époque, j’avais pris la grosse tête. Je me prenais pour un artiste. J’avais fini par facturer des brushings à 150 DH. C’était de la folie, mais aussi le début d’une traversée du désert ».

Retour à la case départ

Peu à peu, ses ambitions fondaient comme neige au soleil. La clientèle commençait à abandonner le salon et Karim n’était plus que l’ombre de lui-même. « J’ai beaucoup appris de mes erreurs. Maintenant, je sais que rien n’est définitivement acquis. Je sais aussi qu’un phœnix peut renaître de ses cendres ».

Très vite, il commence par constituer une nouvelle équipe, distribue des flyers et reprend son ancienne grille tarifaire. Les affaires du « coiffeur du pauvre » reprennent de plus belle, multipliant les ouvertures dans différents quartiers de la capitale : à L’Océan, puis à Agdal, Hassan, Hay Riad… Il enchaîne avec cinq ouvertures à Tanger et cinq autres à Casablanca. « Je n’en ai gardé qu’un seul à Casablanca pour pouvoir tout superviser. »,  explique-t-il.

Et c’est justement pour développer sa chaîne de salons que Karim pensa à franchiser la marque. Un projet qu’il peine à concrétiser pour des raisons marketing. « Au Maroc, les investisseurs en matière de mode, d’esthétique ou de coiffure ne croient pas aux marques locales. Même les success stories n’ont pas le vent en poupe ».

Dans la foulée, il entame aussi un projet d’ouverture à Copacabana et à Marbella qu’il se voit contraint de mettre en stand by en attendant d’y voir plus clair. « Je tiens à internationaliser la marque Karim. C’est un rêve de jeunesse qui me tient particulièrement à cœur. Quitte à ne pas gagner d’argent. », confie-t-il.

Car de l’argent, il en gagne beaucoup, et tous les jours. Mais cela n’estompe en rien sa volonté de devenir une star mondiale de la coiffure. Il y croit dur comme fer !

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Nabila Fathi
Le 21 mars 2013 à 15h11

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