Decathlon Maroc nous ouvre les portes de son “laboratoire industriel”
Située dans un complexe de 6 ha, l’usine Decathlon d’Ain Sebaâ est l’un des sites majeurs de l’enseigne sportive française. Sa particularité n'est pas tant son volume de production mais le caractère innovant de ses process et de son management. Ce qui fait d'elle l’une des rares "entreprises libérées" du Royaume.
Spécialisé dans le tricotage, le maillage et le tissage de vêtements sportifs, "ce site est plus un laboratoire industriel qu’une simple usine", précise Noureddine Azahaf, directeur de production à Decathlon Maroc.
Avec 5 chaînes de production modulables et jusqu’à 170 salariés, l’usine Decathlon de Ain Sebaâ ne génère que 5% de la production de Decathlon Maroc, le reste étant assuré par des partenaires de l’enseigne.
"La vocation de l’usine n’est pas de produire en masse. L’objectif est de tester de nouveaux process, d’éprouver les complexités que l’on peut rencontrer lors d’une production à grande échelle. Chaque chaîne est équipée de la technologie RFID qui permet de disposer en temps réel d’indicateurs de production. Cela nous donne la liberté de faire des erreurs, d’affiner en conséquence… Par la suite, ces process sont dupliqués auprès de nos partenaires, aussi bien au Maroc qu’à l’international", explique Noureddine Azahaf.
La visite de Médias24 coïncide justement avec le lancement d’un tout nouveau process industriel qui permet de produire des vêtements sportifs sans aucun fil ni couture. "C’est une ligne de production de shorts de surf qui fabriquera 50.000 unités dans sa phase de test. Elle a été développée en partenariat avec Maroc PME (ex Anpme) et positionne l’usine en tant que leader mondial sur ce segment", affirme le directeur.
Le top management de l’enseigne sportive ambitionne de décupler la production marocaine dans un délai de 3-4 ans. "Le Maroc dispose d’un savoir-faire certain dans le domaine du textile sur lequel nous capitalisons au quotidien. Il reste bien évidemment des points à améliorer. En premier lieu vient l’indisponibilité de matières premières qui tire le taux d’intégration vers le bas", regrette le directeur de production de Decathlon Maroc.
Après le textile, les équipements sportifs
Un obstacle qui ne refroidit pas les ambitions du groupe qui a signé en juillet 2016 une convention d’investissement dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI) 2014-2020 et du Contrat de performance des écosystèmes textiles 2015-2020.
La convention s’articule autour de deux axes stratégiques : le soutien de l’industrie textile par le développement d’une plateforme de sourcing local, ainsi que l’accompagnement de la pratique sportive par le développement d’un large réseau de magasins Decathlon à travers le Royaume.
"Nous allons solliciter l’accompagnement des autorités de tutelle et de Maroc PME afin d’implémenter de nouveaux process à même de diversifier la chaine de valeur Decathlon", souligne Noureddine Azahaf.
Ainsi, la convention signée par l’enseigne dans le cadre du PAI concerne les écosystèmes du textile à usage technique, de la maille et du Fast Fashion. Une montée en gamme qui verra également, pour la première fois au Maroc, l’assemblage de vélos et d’équipements métalliques ainsi que la production de chaussures de sport.
A terme, le développement de ces écosystèmes permettra la création de 7360 emplois directs et indirects. Autant de "Decathloniens" qui évolueront au sein d’une structure qui se veut un modèle "d’entreprise libérée".
"L’efficience ne se résume pas à fixer des KPI et des objectifs à nos collaborateurs. Le bien-être au travail est primordial à nos yeux, car c’est un facteur clé de performance", précise Noureddine Azahaf.
Force est de reconnaître que le management de cette usine se distingue par son caractère peu orthodoxe. L'autonomie est placée au cœur du système managérial de Decathlon, avec la quasi-absence de toute forme de management intermédiaire. En effet, les salariés sont libres d'organiser eux-mêmes leur temps de travail, de fixer leurs objectifs personnels...
Une liberté qui ne rime nullement avec anarchie. Des règles définies d’un commun accord permettent d’encadrer le fonctionnement de l’entreprise tout en préservant l’espace de liberté de chaque collaborateur.
"C’est une organisation managériale qui permet de donner du sens à nos actions. La responsabilisation des opérateurs leur donne l’occasion de mener une réflexion sur les améliorations à apporter aux process de production, dont certaines sont reprises et dupliquées par nos partenaires à l’international", souligne le directeur de production de Decathlon Maroc.
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