Tourisme: La connectivité aérienne du Maroc a explosé en 15 ans
Depuis la signature de l’Open-Sky en 2006, la connectivité aérienne du Maroc a littéralement explosé. Mais le nombre de fréquences hebdomadaires n’est toujours pas suffisant pour remplir la capacité hôtelière du Royaume. Selon une source ministérielle, ce ne sera plus le cas d’ici 2021 avec une offre aérienne et hôtelière qui atteindra l’équilibre.
L’inauguration récente d’une nouvelle ligne de Turkish Airlines entre Istanbul et Marrakech prouve, s'il en était besoin, que l’ouverture de l’espace aérien marocain aux transporteurs étrangers a permis d’améliorer la connectivité du pays avec le reste du monde.
2004-2018, des chiffres en croissance exponentielle
Pour s’en convaincre il suffit de consulter le nombre d’aéroports internationaux connectés au Maroc qui est de 148 et celui des pays reliés au Royaume qui s’élève à 61 (Chiffres 2018 de l’ONDA). Les villes internationales connectées à notre pays sont passées de 48 en 2004 à 121 en 2018 (Chiffres ONMT 2018).
En moins de 15 ans, le nombre des compagnies aériennes étrangères (Ryan Air, Easy Jet, Turkish Airlines, Air Arabia, Vueling Airlines, Transavia, Volotea, Condor…) et de fréquences hebdomadaires a plus que doublé.
L’essentiel du territoire national est désormais desservi par 52 compagnies étrangères (chiffres ONMT de 2018) contre 24 en 2004.
Le nombre de fréquences hebdomadaires est de 1.265 contre 430 avant l’entrée en vigueur de l’Open-Sky. Ainsi, 306 routes point-par-point sont desservies contre 159 il y a 14 ans.
Concernant le maillage intérieur, il s’est également renforcé avec 16 destinations marocaines desservies contre 11 avant.
Un trend haussier qui a fait passer l’offre de 3 à 11,6 millions de sièges.
11,6 millions de sièges aériens en 2018
Sollicitée par Médias24, une source proche du ministère du transport aérien affirme que d’ici 2021, le Maroc ne recevra pas 20 millions de touristes comme prévu par la vision 20-20 mais que l’offre de sièges d’avions devrait passer à une quinzaine de millions contre 11,6 en 2018.
Tout en refusant de donner des détails, elle affirme que la hausse qui concernera le nombre de fréquences et de sièges permettra de mieux remplir les hôtels dont la capacité dépasse encore l’offre de fauteuils aériens. Selon notre interlocuteur, l'équilibre sera atteint au plus tard en 2021.
Joint à son tour, Said Mouhid qui préside l’Observatoire national du tourisme fait également une lecture optimiste de la connectivité aérienne qui ne cesse de s’améliorer depuis 2006.
L’Asie, le chaînon manquant au maillage international du Maroc
Si le Maroc n’est toujours pas connecté au continent asiatique, les vols des compagnies Turkish Airlines, Emirates, Qatar Airways … (Istanbul-Marrakech, Dubaï-Rabat …) permettent, selon lui, aux marocains ou aux ressortissants des pays d’Asie de voyager au Royaume via un hub avec une seule escale.
Sachant que la Turquie possède 25 liaisons quotidiennes avec la Chine, la dernière ouverture en date d’une ligne Istanbul-Marrakech devrait donc permettre d’attirer davantage de visiteurs (chinois ou autres) en provenance de ce pays qui génère à lui seul un trafic annuel de 130 millions de touristes à travers le monde.
« L’arrivée de Turkish Airways dans la ville ocre va non seulement augmenter le trafic aérien mais aussi ramener une capacité additionnelle en provenance du hub international d’Istanbul », avance Mouhid.
Si l’année 2020 sera peut-être celle de l’ouverture d’une ligne directe avec la Chine avec un vol de la RAM Casa-Pékin, la compagnie nationale a également renforcé la connectivité internationale du Maroc grâce au doublement de sa flotte (de 30 à 59 avions en 15 ans).
La compagnie nationale dispose en effet d’aéronefs qui lui permettent de multiplier des liaisons aériennes moyen-courrier (Europe et Afrique) et long-courriers (Canada et USA, Golfe)
Au total, la RAM dessert plus de 80 aéroports internationaux dont 32 en Afrique, 40 en Europe, 5 en Amérique du Nord, 3 au Moyen-Orient et 2 au Brésil avec plusieurs centaines de rotations hebdomadaires
Les marchés traditionnels désormais bien connectés
Du côté des marchés européens, Mouhid affirme que le retour d’Air France et de British Airways à Marrakech est une bonne nouvelle pour booster les clientèles traditionnelles du tourisme marocain.
« Autre bonne nouvelle, pour la première fois, une compagnie nord-américaine s’est mise à exploiter (2017) l’axe Montréal-Casablanca aux côtés de la RAM. L’arrivée d’Air Canada pourrait décider d’autres transporteurs à s’installer au Maroc pour desservir d’autres grandes villes des USA ou du Canada ».
Avec ses 9 avions, la compagnie Air Arabia qui a fêté ses 10 ans d’existence le jeudi 25 avril a permis également d’améliorer la connectivité avec les pays d’Europe en particulier pour les MRE.
Notre interlocuteur se félicite également du retour des compagnies charters qui ont été malmenés pendant quelques années par l’arrivée brusque des compagnies étrangères low-cost.
Une dynamique confirmée récemment par l’Office national marocain du tourisme qui a annoncé avoir programmé à partir de l’été prochain l’ouverture de 40 nouvelles routes aériennes desservant les marchés traditionnels (France, Espagne, Allemagne, Italie), les nouveaux marchés (Grèce, Belgique, Autriche, Hongrie et Portugal) et la Turquie qui devient incontournable pour l’avenir.
Cette grande opération qui permettra d’augmenter le nombre de routes et de fréquence des vols n’est selon toutes nos sources que le prélude pour arriver d’ici 2021 à un maillage plus étendu.
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