Coronavirus : Au Maroc, l'industrie automobile lourdement impactée par la crise
Les usines Renault et PSA sont à l'arrêt. Les équipementiers composant leurs écosystèmes suivent le pas. Le point sur l'impact de la crise du coronavirus sur le premier secteur exportateur du Maroc.
Renault Maroc a annoncé, le 17 mars, la suspension temporaire de ses activités industrielles sans préciser de date de reprise. Le lendemain, c'est PSA qui a déclaré la suspension de ses activités pour deux semaines, à partir du 19 mars. Une période qui risque d'être prolongée.
11.000 collaborateurs répartis sur les deux usines de Renault et plus de 1.600 collaborateurs pour PSA sont concernés au Maroc. Soit plus de 17.000 employés pour les deux constructeurs.
Derrière la décision de ces deux locomotives de l'industrie automobile au Maroc, c'est tout un écosystème qui se retrouve quasiment à l'arrêt avec des dizaines de milliers d'employés au chômage technique. Pour rappel, cette industrie emploie près de 180.000 personnes.
Près de 250 équipementiers automobiles opèrent au Maroc composant neuf écosystèmes : câblage, intérieur véhicules & sièges, métal emboutissage, batterie, PSA, moteurs, Renault, Delphi et Valeo.
Ces équipementiers sont-ils aujourd'hui tous à l'arrêt ? Il est difficile de répondre clairement à cette question. Car certains écosystèmes sont reliés aux constructeurs présents au Maroc, alors que d'autres sont orientés vers l'export et donc intégrés dans une chaîne de valeur mondiale. Certains opérateurs faisant partie de cette dernière catégorie "ont pu continuer à opérer tant que leur clients maintenaient les commandes", nous explique une source du secteur.
"Jusqu'à il y a une dizaine de jours, certains équipementiers continuaient à produire car tous les constructeurs n'étaient pas à l'arrêt au niveau mondial", témoigne-t-elle. "Mais la situation évolue tous les jours, les décisions de confinement et d'arrêt d'activité s'enchaînent dans le monde, et même ceux qui avaient encore des clients actifs font face aujourd'hui à l'arrêt des commandes", poursuit notre source.
L'essentiel de l'industrie produit en "just in time" (juste à temps) avec zéro stock. Sans commandes fermes, les équipementiers ne peuvent donc pas continuer à produire et stocker en prévision d'une reprise future.
Selon nos informations, la profession a mis en place une cellule de veille interne pour suivre la situation. Cette cellule fait un monitoring quotidien depuis quelques jours pour recenser l'ensemble des fermetures et le nombre d'emplois touchés.
Les réunions de crise s'enchaînent depuis au moins lundi 23 mars. L'objectif est d'avoir une image réelle et précise de la situation du secteur afin de défendre les intérêts de l'industrie dans le cadre du Comité de veille économique pour faire face aux conséquences de la crise du covid-19.
L'industrie automobile nécessitera, à l'image d'autres secteurs, des mesures d'accompagnement spécifiques. La profession travaille justement sur ces mesures et n'hésite pas à se projeter au moment de la reprise.
Nos tentatives pour joindre le bureau de l'Amica sont restées sans réponse. Ce qui est certain, c'est que les exportations seront fortement touchées pendant plusieurs semaines sans aucune visibilité sur la reprise.
Cette crise inattendue et inédite pourrait fortement compromettre les ambitions marocaines qui d'ailleurs avaient été revues à la hausse en 2019. Le ministre de l'Industrie avait annoncé que :
- la capacité de production annuelle atteindrait 1 million de véhicules à l’horizon 2022, à travers des extensions des constructeurs existants ou l’installation de nouveaux constructeurs.
- le chiffre d’affaires à l’export devrait atteindre 100 milliards de DH contre 70 milliards initialement. Le ministère voulait même revoir à la hausse cet objectif et le porter à 200 milliards de DH à l'horizon 2025.
à lire aussi
Article : ONEE-AFD : lancement à Rabat du programme “Qualité de l’eau en Afrique”
Le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), a présidé, mardi 14 avril 2026 à Rabat, la session d’ouverture du programme de coopération autour de la thématique de la qualité de l’eau mis en œuvre par l’ONEE avec l’Agence française de développement (AFD).
Article : Électricité au Grand Stade de Casablanca : CEGELEC et CMS retenues à l'issue de l'examen des dossiers techniques
Deux candidatures ont été jugées admissibles à la suite de l'examen des dossiers techniques du marché relatif au lot électricité du Grand Stade de Casablanca.
Article : CNSS et indemnités de rupture : un arrêté de Nadia Fettah Alaoui contesté à la plus haute juridiction du Royaume
Exclusif. La Cour de cassation examine un double recours en annulation dirigé contre un arrêté de Nadia Fettah Alaoui sur le traitement social des indemnités de rupture. Employeur et salarié contestent un même mécanisme, accusé de dépasser le cadre fixé par la loi.
Article : Mercredi 15 avril 2026 : le dirham se déprécie face au dollar
Ce mercredi 15 avril 2026, vers 8 h 30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait […]
Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.
Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.
