img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Coronavirus : Au Maroc, l'industrie automobile lourdement impactée par la crise

Les usines Renault et PSA sont à l'arrêt. Les équipementiers composant leurs écosystèmes suivent le pas. Le point sur l'impact de la crise du coronavirus sur le premier secteur exportateur du Maroc.

Coronavirus : Au Maroc, l'industrie automobile lourdement impactée par la crise
Hayat Gharbaoui
Le 26 mars 2020 à 10h13 | Modifié 11 avril 2021 à 2h45

Renault Maroc a annoncé, le 17 mars, la suspension temporaire de ses activités industrielles sans préciser de date de reprise. Le lendemain, c'est PSA qui a déclaré la suspension de ses activités pour deux semaines, à partir du 19 mars. Une période qui risque d'être prolongée.

11.000 collaborateurs répartis sur les deux usines de Renault et plus de 1.600 collaborateurs pour PSA sont concernés au Maroc. Soit plus de 17.000 employés pour les deux constructeurs. 

Derrière la décision de ces deux locomotives de l'industrie automobile au Maroc, c'est tout un écosystème qui se retrouve quasiment à l'arrêt avec des dizaines de milliers d'employés au chômage technique. Pour rappel, cette industrie emploie près de 180.000 personnes. 

Près de 250 équipementiers automobiles opèrent au Maroc composant neuf écosystèmes : câblage, intérieur véhicules & sièges, métal emboutissage, batterie, PSA, moteurs, Renault, Delphi et Valeo.

Coronavirus : Au Maroc, l'industrie automobile lourdement impactée par la crise

Ces équipementiers sont-ils aujourd'hui tous à l'arrêt ? Il est difficile de répondre clairement à cette question. Car certains écosystèmes sont reliés aux constructeurs présents au Maroc, alors que d'autres sont orientés vers l'export et donc intégrés dans une chaîne de valeur mondiale. Certains opérateurs faisant partie de cette dernière catégorie "ont pu continuer à opérer tant que leur clients maintenaient les commandes", nous explique une source du secteur. 

"Jusqu'à il y a une dizaine de jours, certains équipementiers continuaient à produire car tous les constructeurs n'étaient pas à l'arrêt au niveau mondial", témoigne-t-elle. "Mais la situation évolue tous les jours, les décisions de confinement et d'arrêt d'activité s'enchaînent dans le monde, et même ceux qui avaient encore des clients actifs font face aujourd'hui à l'arrêt des commandes", poursuit notre source.

L'essentiel de l'industrie produit en "just in time" (juste à temps) avec zéro stock. Sans commandes fermes, les équipementiers ne peuvent donc pas continuer à produire et stocker en prévision d'une reprise future.

Selon nos informations, la profession a mis en place une cellule de veille interne pour suivre la situation. Cette cellule fait un monitoring quotidien depuis quelques jours pour recenser l'ensemble des fermetures et le nombre d'emplois touchés.

Les réunions de crise s'enchaînent depuis au moins lundi 23 mars. L'objectif est d'avoir une image réelle et précise de la situation du secteur afin de défendre les intérêts de l'industrie dans le cadre du Comité de veille économique pour faire face aux conséquences de la crise du covid-19. 

L'industrie automobile nécessitera, à l'image d'autres secteurs, des mesures d'accompagnement spécifiques. La profession travaille justement sur ces mesures et n'hésite pas à se projeter au moment de la reprise. 

Nos tentatives pour joindre le bureau de l'Amica sont restées sans réponse. Ce qui est certain, c'est que les exportations seront fortement touchées pendant plusieurs semaines sans aucune visibilité sur la reprise. 

Cette crise inattendue et inédite pourrait fortement compromettre les ambitions marocaines qui d'ailleurs avaient été revues à la hausse en 2019. Le ministre de l'Industrie avait annoncé que : 

- la capacité de production annuelle atteindrait 1 million de véhicules à l’horizon 2022, à travers des extensions des constructeurs existants ou l’installation de nouveaux constructeurs. 

- le chiffre d’affaires à l’export devrait atteindre 100 milliards de DH contre 70 milliards initialement. Le ministère voulait même revoir à la hausse cet objectif et le porter à 200 milliards de DH à l'horizon 2025.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : coronavirus, covid
Hayat Gharbaoui
Le 26 mars 2020 à 10h13

à lire aussi

Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Football

Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi

Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.

Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Quoi de neuf

Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs

Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.

Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
Quoi de neuf

Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne

L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.

Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Eau

Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir

Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.

La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
Eau

Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka

D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.

Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
ECONOMIE

Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?

Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité