Wall Street dans le rouge faute de soutien supplémentaire de la BCE
Wall Street s'affichait dans le rouge à la mi-séance jeudi dans le sillage des Bourses européennes, un peu déçue par l'absence de mesures de soutien supplémentaires de la part de la Banque centrale européenne (BCE): le Dow Jones cédait 0,30% et le Nasdaq 0,06%.
Vers 17H10 GMT, le Dow Jones Industrial Average reculait de 53,79 points, à 17.858,83 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 2,85 points, à 4.771,63 points.
L'indice élargi S&P 500 lâchait 0,26%, ou 5,48 points, à 2.068,85 points. Comme le Dow Jones, il avait battu mercredi de nouveaux records.
La BCE, prenant acte de la dégradation des perspectives économiques et de l'évolution des prix dans la zone euro, a abaissé jeudi ses prévisions de croissance et d'inflation pour cette zone.
Son président Mario Draghi a indiqué lors d'une conférence de presse que le conseil des gouverneurs s'était penché dans la journée sur "plusieurs options d'assouplissement quantitatif", du nom donné aux rachats d'actifs pratiqués par les banques centrales, et avait "intensifié la préparation" de nouvelles mesures de soutien à l'économie. "Mais il y a encore du travail à faire" avant d'éventuellement les mettre en oeuvre, a ajouté le patron de la BCE.
"Comme d'habitude il a parlé (de la mise en oeuvre de nouvelles mesures de soutien), mais il ne l'a pas fait", décevant les investisseurs, a commenté Peter Cardillo de Rockwell Global Capital.
La réaction du marché est toutefois "un peu surprenante", selon Steven Rosen de la Société Générale. "Il n'y a rien de très nouveau, c'est 100% ce à quoi on s'attendait. Les investisseurs ont sans doute profité de cet événement pour procéder à quelques prises de profits", a-t-il estimé.
La tendance à la baisse reflète quand même "le fait que le marché a toujours besoin de plus de soutien monétaire. Le Japon est monté au créneau en annonçant une expansion de son programme de rachats d'actifs (fin octobre, ndlr), les investisseurs s'attendent maintenant à ce que l'Europe sorte le grand jeu", a relevé le spécialiste.
"Mais quand ils verront le rapport sur l'emploi américain vendredi, qui s'annonce très bon, et avant la prochaine réunion de la Fed mi-décembre, l'appétit pour le risque va reprendre."
En attendant, les courtiers américains digéraient l'annonce d'une baisse attendue des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis, qui sont repassées sous la barre des 300.000 pendant la semaine close le 29 novembre.
- Starbucks mise sur la nourriture -
Plusieurs groupes de distribution diffusaient en outre leurs résultats trimestriels et "ils sont au mieux mitigés, avec en général des prévisions assez faibles", a commenté Patrick O'Hare de Briefing.com.
Les vendeurs de vêtements Express (-9,25% à 13,15 dollars) et Aeropostale (-25,08% à 2,39 dollars) en particulier décevaient les investisseurs.
Le leader américain des magasins à prix cassés Dollar General a lui fait part d'un bénéfice et d'un chiffre d'affaires au troisième trimestre inférieurs aux attentes. Son titre avançait malgré tout de même de 2,25% à 68,19 dollars.
Le géant des médias et du divertissement Disney cédait de son côté 0,13% à 92,99 dollars après avoir annoncé une hausse de son dividende annuel de 34%.
Le constructeur automobile Ford, qui a étendu jeudi à cinq Etats du sud des Etats-Unis (Alabama, Georgie, Mississippi, Louisiane et le Texas) sa campagne de rappels de véhicules équipés des airbags défectueux associés à plusieurs morts de l'équipementier nippon Takata, perdait 0,75% à 15,89 dollars.
Le spécialiste du café Starbucks, qui a émis le souhait de doubler ses ventes de nourriture dans ses points de vente américains d'ici cinq ans, prenait 1,02% à 81,29 dollars
Le marché obligataire évoluait en hausse. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,269% contre 2,287% mercredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,968% contre 2,993% la veille.
NasdaqNyse