Wall Street chute sous le coup du dollar fort
Wall Street a chuté mardi, prolongeant une évolution en dents de scie, les investisseurs choisissant de s'inquiéter de la force du dollar: le Dow Jones lâchait 1,36% et le Nasdaq 1,39%.
Vers 16h00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 244,07 points à 17.751,65 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 68,53 points à 4.873,90 points.
L'indice élargi S&P 500, jugé le plus représentatif par nombre d'investisseurs, reculait de 1,24%, soit 25,73 points, à 2.053,70 points.
"Après le rebond d'hier, les marchés actions aux Etats-Unis sont nettement orientés à la baisse, avec les valeurs du secteur de l'énergie handicapées par le regain de pression sur les prix du pétrole, tandis que les inquiétudes sur une hausse des taux par la Réserve fédérale perdurent", commentaient les analystes de Charles Schwab.
"C'est (à cause) du dollar fort, c'est ce qui pèse sur le marché (...), sur les matières premières et sur les actions", a déclaré à l'AFP Peter Cardillo, chez Rockwell Global Capital.
"Le dollar est à un niveau qui pourrait poser un problème pour les actions à l'avenir", en raison du frein aux exportations qu'il représente, a-t-il ajouté.
M. Cardillo a noté en outre que l'indice S&P 500 se rapprochait du seuil des 2.050 points, estimant qu'un franchissement pourrait déclencher un décrochage généralisé.
La hausse du dollar peut notamment s'expliquer par la perspective de la hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui pourrait se rapprocher à la suite des bons chiffres de l'emploi parus la semaine dernière.
Le président de la Réserve fédérale de Dallas (Texas, sud), Richard Fisher, a plaidé lundi soir pour une hausse des taux "graduelle et à courte échéance plutôt que tardive et précipitée", selon le texte de son discours publié par l'institution.
M. Fisher, connu pour défendre une stricte orthodoxie financière mais qui ne vote pas cette année au sein du Comité monétaire de la Fed (FOMC), a estimé que le resserrement de taux n'avait pas besoin d'attendre le retour au plein emploi et de prendre le risque que l'économie se trouve en surchauffe. Il a souligné que "chaque fois que la Fed a resserré sa politique après le retour au plein emploi, cela a conduit l'économie en récession".
Du côté des valeurs, le plus grand groupe pétrolier américain ExxonMobil, qui a beaucoup à perdre si les cours du brut baissent notablement, perdait 0,55% à 84,69 dollars, et Chevron 1% à 102,91 dollars.
Le groupe de grande consommation Procter & Gamble, frappé d'une amende en Chine pour publicité mensongère sur un dentifrice selon la chaîne de télévision CNBC, perdait 1,22% à 82,08 dollars.
Apple, qui a fixé un prix jugé élevé par de nombreux commentateurs pour sa nouvelle montre connectée, perdait 1,86% à 124,78 dollars.
Dans le secteur financier, à la veille de la deuxième phase des tests de résistance des grandes banques portant sur leurs projets de versement de dividendes ou de rachats d'actions, Citigroup chutait de 2,70% à 51,52 dollars. La banque d'affaires Goldman Sachs perdait 1,98% à 184,21 dollars et Bank of America 1,70% à 15,90 dollars.
En revanche Credit Suisse, qui a annoncé que Tidjane Thiam remplacerait l'actuel directeur général Brady Dougan en juin, se distinguait avec un bond de 8,10% à 25,08 dollars.
La chaîne d'habillement Urban Outfitters bondissait également de 9,74% à 43,36 dollars après avoir publié des résultats trimestriels meilleurs que prévu.
Le distributeur Target, qui s'apprête à supprimer 1.700 emplois dans le cadre d'un plan d'économies, reculait de 0,79% à 77,95 dollars.
Le marché obligataire était en revanche en hausse mardi. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a baissé à 2,137%, contre 2,193% lundi soir, et celui à 30 ans à 2,732%, contre 2,798% précédemment.
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