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Volkswagen: le patriarche Piëch désavoué

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Le 17 avril 2015 à 16h21

Le patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, est sorti vainqueur vendredi d'un bras de fer à la tête du géant automobile allemand, un désaveu cinglant pour le patriarche, Ferdinand Piëch, qui marque sans doute la fin d'une époque.

M. Winterkorn, avec qui M. Piëch, président du conseil de surveillance, avait pris ses distances dans une interview publiée le 11 mars, est "le meilleur président du directoire possible" pour Volkswagen, a tranché le groupe dans un communiqué.

Les six membres les plus influents du conseil de surveillance - sur 20 - ont affirmé leur "soutien inconditionnel" au patron et "vont proposer de prolonger" son contrat, qui court jusqu'à fin 2016.

Ce "mini" conseil de surveillance, qui comprend, outre M. Piëch, le très influent président du comité d'entreprise Bernd Osterloh, l'ancien homme fort du syndicat IG Metall ou encore le chef du gouvernement de l'Etat régional de Basse-Saxe (nord), actionnaire du groupe, s'était réuni jeudi pour tenter de ramener le calme.

M. Piëch, petit-fils de l'inventeur de la légendaire Coccinelle, ex-patron de Volkswagen et l'un des représentants de la dynastie actionnaire Porsche, a manifestement perdu son entregent dans cette instance resserrée, dont les décisions font loi.

Grande figure de l'automobile, M. Piëch, dont le 78e anniversaire tombait précisément ce vendredi, a longtemps décidé du sort des patrons de la société. En 2006, il avait congédié le prédécesseur de M. Winterkorn pour mettre aux commandes ce dernier, son protégé de longue date.

- Ratés stratégiques -

Mais cette fois-ci, dès dimanche 12 mars, les autres représentants des actionnaires - l'autre branche de la famille Porsche, la Basse-Saxe - et ceux du personnel, se sont rangés derrière M. Winterkorn, 67 ans.

Pour l'hebdomadaire Die Zeit, "le style autoritaire" de M. Piëch a fait son temps. "Les grandes entreprises mondiales qui veulent avoir du succès au XXIe siècle sont dirigées autrement", selon un éditorial.

Le choix de maintenir M. Winterkorn à son poste "pourrait affaiblir la position de M. Piëch comme président du conseil de surveillance", considère Michael Punzet, analyste de DZ Bank. Il est censé y rester jusqu'à 2017.

M. Piëch semblait pourtant avoir réussi en une seule phrase à faire vaciller M. Winterkorn. Pendant des jours, la presse a rivalisé de titres catastrophistes sur la "crise" chez le plus gros constructeur européen, qui chapeaute 12 marques et réalise 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an.

Manifestement, le patriarche s'émeut de certains ratés dans la stratégie: des difficultés à percer aux Etats-Unis, une forte dépendance au marché chinois et une attractivité sur le déclin de la marque historique Volkswagen.

Le groupe, maison mère d'Audi et Bugatti, est en outre pénalisé par sa faiblesse sur le segment des petites voitures peu onéreuses. Et il a raté ou pris sur le tard certains virages, les moteurs hybrides, l'électrique ou encore le car-sharing.

- Dépasser Toyota -

Ces ombres au tableau ne sont pas une raison pour désavouer le patron, ont jugé les autres décideurs de Volkswagen. Après tout le groupe a dégagé près de 11 milliards d'euros de bénéfice net l'an dernier, et son cours de Bourse a été multiplié par plus de trois en cinq ans.

"Avec M. Winterkorn, nous avons chez nous le meilleur patron automobile", l'a encensé M. Osterloh dans un entretien vendredi à l'hebdomadaire Automobilwoche. "Nous poursuivons sur le chemin" qu'il a dessiné, a-t-il asséné.

L'ancien patron d'Audi, chef le mieux payé d'Allemagne (15 millions d'euros en 2014), occupe sa fonction depuis 2007. Il a été l'artisan des grands rachats d'un groupe boulimique: celui du constructeur de voiture de sport Porsche - distinct de la holding Porsche SE actionnaire de Volkswagen -, des luxueuses Bentley, des camions MAN... Et il a mis sur les rails une stratégie à horizon 2018 qui doit voir Volkswagen ravir la première place mondiale au japonais Toyota.

Vendredi, les investisseurs se sont réjouis de son maintien. L'action Volkswagen a fini en baisse (-1,12% 235 euros), mais largement en tête d'un indice Dax en forte chute à Francfort.

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Le 17 avril 2015 à 16h21

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