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Ukraine: l'aéroport de Donetsk sous le contrôle de l'armée

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Le 27 mai 2014 à 15h23

L'armée ukrainienne a affirmé mardi avoir repris le contrôle de l'aéroport de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, après des combats avec les insurgés pro-russes qui ont fait au moins 40 morts, l'OSCE annonçant par ailleurs avoir perdu le contact avec quatre de ses observateurs.

Le président russe Vladimir Poutine, accusé par Kiev de soutenir les séparatistes, a appelé les autorités ukrainiennes à cesser immédiatement leur "opération punitive".

Cette opération a marqué un changement de tactique des forces ukrainiennes, qui ont eu recours à l'aviation à Donetsk, mais aussi près de Slaviansk, un bastion rebelle encerclé par l'armée.

Dans le bras de fer entre Moscou et Kiev, la Russie a par ailleurs indiqué qu'une visite à Moscou du nouveau président ukrainien Petro Porochenko, élu dimanche avec plus de 54% des suffrages, n'était "pas envisagée".

Le bastion rebelle de Donetsk n'avait jamais connu un tel niveau de violence. Selon le maire de la ville, Olexandre Loukiantchenko, 38 combattants - séparatistes et soldats ukrainiens - ont péri dans les combats. Deux civils ont également été tués dans des affrontements, qui ont fait au moins 43 blessés, toujours soignés à l?hôpital.

Toujours selon le maire, parmi les blessés se trouvent huit citoyens russes, dont certains sont de Grozny et de Goudermès, dans la république russe de Tchétchénie. Ces derniers jours, l'AFP avait constaté l'apparition dans les rues de Donetsk de combattants qui semblaient être originaires du Caucase russe, mais aucun n'était disposé à parler.

"La situation reste très tendue", a ajouté le maire qui avait appelé les habitants à rester chez eux.

- Lourdes pertes séparatistes ? -

La bataille pour le contrôle de l'aéroport de Donetsk avait commencé lundi par l'entrée en action d'avions de combat Mig-29 et Soukhoï-25 et le déploiement par hélicoptère de parachutistes dans l'enceinte de l'aéroport.

Les combats ont fait rage pendant de longues heures dans l'enceinte de ce site stratégique pour l'accès à l'est du pays que les séparatistes avaient investi sans violences dans la nuit de dimanche à lundi.

"L'aéroport est sous notre contrôle total. L'adversaire a essuyé de lourdes pertes et nous n'avons pas de pertes", a affirmé mardi en fin de matinée le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov.

Sur place, des tirs pouvaient être encore entendus mardi à la mi-journée sans que l'on puisse en déterminer l'origine.

Sur la route de l'aéroport, les séparatistes ont placé un bulldozer, des camions bennes en travers de la route, ainsi que des piles de pneus et un carton plein de cocktails Molotov. Selon les habitants, il s'agit d'empêcher une attaque éventuelle de l'armée ukrainienne.

Et à moins de 2 km de l'aéroport, un camion criblé de balles et brûlé sur tout un côté a été abandonné sur le bord de la route. Des douilles et du sang, ainsi que des bouts de corps jonchent le sol, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Parallèlement, l'OSCE, qui dispose depuis mars d'une mission spéciale d'observation, a annoncé avoir perdu contact avec l'une de ses équipes basée à Donetsk qui effectuait "une patrouille de routine".

Cette perte de contact a lieu un mois après la prise en otage d'une autre équipe de l'OSCE par des séparatistes pro-Russes qui les a détenus pendant une semaine dans le bastion rebelle de Slaviansk.

Dans un communiqué, Vladimir Poutine a appelé à "l'arrêt immédiat de l'opération punitive de l'armée" et a souligné la nécessité "de mettre en oeuvre un dialogue pacifique entre Kiev et les représentants des régions" ukrainiennes.

L'opération militaire est intervenue au moment où le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko était officiellement déclaré "nouveau président de l'Ukraine" au terme d'un scrutin où les Ukrainiens ont dimanche voté en masse, à l'exception de l'Est séparatiste où l'immense majorité des bureaux de vote n'a pas pu ouvrir.

Le président élu avait annoncé dès dimanche soir qu'il se rendrait dans le Donbass, le bassin minier dans l'Est, coeur de l'insurrection. Et lundi, il avait promis de ne jamais laisser les insurgés, qu'il appelle "les terroristes", transformer la région rebelle en "Somalie".

Petro Porochenko, qui suscite d'énormes attentes en Ukraine et en Occident pour le règlement de la crise politique qui dure depuis plus de six mois, a confirmé l'orientation qu'il comptait donner à sa politique: en route vers l'intégration européenne.

Un travail titanesque attend le président, qui devra gérer tout autant la rébellion pro-russe dans l'Est que la quasi-faillite de l'économie ukrainienne, ainsi que des réformes économiques impopulaires imposées en échange de l'aide de 27 milliards de dollars consentie par le FMI, la Banque mondiale et l'Union européenne.

La Russie, qui s'est dite "prête à un dialogue pragmatique" avec Petro Porochenko, a toutefois indiqué qu'une visite en Russie du nouveau président ukrainien n'est "pas envisagée".

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Le 27 mai 2014 à 15h23

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