img_pub
Rubriques

Serbie: première Gay Pride à Belgrade depuis 2010 sous haute protection policière

m24-En-continu
Par
Le 28 septembre 2014 à 11h06

Plusieurs centaines de personnes participaient dimanche à Belgrade dans une atmosphère bon enfant, mais sous forte protection policière, à la première Gay Pride depuis celle de 2010, marquée par de graves violences provoquées par des groupes ultranationalistes.

Le défilé est surveillé de près par l'Union européenne, qui le considère comme un test du respect des droits de l'Homme dans cette ex-république yougoslave qui a démarré en janvier les négociations d'adhésion au bloc des 28.

Dans le centre de Belgrade, sur trois kilomètres à la ronde le trafic routier est interdit. Plusieurs milliers de gendarmes et policiers en tenue antiémeute, appuyés par des transports de troupes blindés sont présents en nombre à chaque coin de rue. Par endroits, ils sont alignés en travers des grands boulevards. Des hélicoptères de la police tournent sans cesse au-dessus de la ville.

Les piétons sont tous fouillés. Peuvent passer uniquement ceux qui habitent dans cette zone et ceux munis d'accréditations pour participer à la marche.

Le défilé a commencé vers 12h30 (10h30 GMT) avec pour point de départ le siège du gouvernement, et se poursuivra sur environ deux kilomètres sur le boulevard Kneza Milosa, avant de passer devant le siège du Parlement et de s'arrêter devant la mairie de Belgrade vers 14H00 (12H00 GMT).

"Je suis très content de pouvoir enfin marcher librement dans mon Belgrade. J'espère que le défilé d'aujourd'hui représentera un premier pas dans le respect de nos droits", a dit un homme d'une vingtaine d'années qui a refusé de donner son nom.

"On m'a enfin donné l'opportunité d'afficher mon identité", se réjouit Jelena, 47 ans, qui se présente comme lesbienne et qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Des manifestants de tout âge agitaient des drapeaux arc-en-ciel, d'autres brandissaient des banderoles aux mêmes couleurs, frappées de l'inscription en anglais "peace and love" (paix et amour), symbole de la communauté LGBT.

Des groupes ultranationalistes et radicaux d'extrême droite ont menacé de descendre dans la rue pour protester contre la tenue de cet évènement.

Mais le Premier ministre, Aleksandar Vucic, assure que "quiconque tente de provoquer des incidents sera puni particulièrement sévèrement".

"Dans notre pays il y a des droits et des libertés qui sont garantis par la Constitution et nous les respectons", a-t-il dit dimanche à la presse depuis Tekija (est), précisant néanmoins qu'il ne participait pas à la Pride car il "a des choses plus importantes à faire".

- Pour l’Église orthodoxe, la Gay Pride est immorale -

Initiative sans précédent, des membres de son cabinet participaient à la Gay Pride, dont Tanja Miscevic, négociateur en chef pour l'adhésion à l'UE et le ministre de la Culture, Ivan Tasovac.

Le maire de Belgrade, Sinisa Mali, marchait lui aussi au milieu du cortège de même nombre de diplomates occidentaux dont le chef de la délégation de l'UE à Belgrade, Michael Davenport.

De son côté, le patriarche Irinej, chef de l'influente Église orthodoxe, majoritaire à plus de 80% dans ce pays de 7,1 millions d'habitants, a dénoncé la Gay Pride comme étant "immorale" et "imposée par le lobby homosexuel et leurs mentors d'Europe" occidentale.

Il a également dressé un parallèle entre l'homosexualité, la pédophilie et l'inceste.

Dans Belgrade, des graffitis antihomosexuels tels que "Non au défilé de la honte" et "Empêchez le défilé de pédés" ont été griffonnés sur les murs mais les services de la voirie s'empressaient de les effacer.

Il y a deux semaines, un militant allemand pour les droits des homosexuels a été hospitalisé pendant cinq jours après avoir été sévèrement battu à Belgrade où il a participé à une conférence sur les droits de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).

Lors du défilé de 2010, les violences provoquées par des extrémistes hostiles à la Gay Pride avaient fait plus de 150 blessés, des policiers pour la plupart, et provoqué des dégâts dont le coût avait été évalué à plus d'un million d'euros.

Par
Le 28 septembre 2014 à 11h06

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité