Michelin revoit en baisse ses prévisions de croissance après un recul des ventes
Confronté à des marchés en ralentissement, le fabricant français de pneumatiques Michelin a revu en baisse ses prévisions de croissance en publiant mercredi des ventes nettes mondiales en repli de 4,6% au troisième trimestre.
Le groupe de Clermont-Ferrand, qui tablait jusqu'alors sur une hausse des volumes de 3% pour 2014, a expliqué dans un communiqué qu'il ramenait sa perspective de croissance, conforme à l'évolution de ses marchés, "à l'intérieur d'une fourchette de 1% à 2% pour l'ensemble de l'année".
Michelin a aussi indiqué qu'il allait revoir à la baisse son programme d'investissements pour 2015 et 2016, même s'il est maintenu pour 2014 "autour de 2 milliards d'euros".
L'entreprise a en revanche dit confirmer l'objectif d'un "résultat opérationnel avant éléments non-récurrents en croissance hors effets devises" en 2014, ainsi que d'"une rentabilité des capitaux employés supérieure à 11% et d'une génération d'un cash flow libre structurel supérieur à 500 millions d'euros".
Les ventes nettes de Michelin dans le monde au troisième trimestre ont atteint 4,89 milliards d'euros, contre 5,12 milliards lors de la même période de 2014. Michelin fait donc moins bien que le consensus médian des analystes Bloomberg, qui était de 5 milliards.
Sur les neuf premiers mois, le recul des ventes est de 4,7%, à 14,55 milliards d'euros.
Ces résultats s'expliquent en grande partie, selon Michelin, par des parités de change défavorables, invoquant "la hausse de l'euro notamment par rapport au dollar américain, au real brésilien, au dollar canadien et au peso argentin".
Une tendance qui s'est toutefois inversée "à compter de septembre avec le recul de l'euro face au dollar américain".
Pointant aussi un "ralentissement des marchés observé depuis le 2e trimestre", le fabricant de pneumatiques a espéré "ajuster le pilotage de ses coûts, tout en bénéficiant de parités plus favorables" d'ici à la fin de l'année.
L'entreprise remarque que les volumes vendus croissent de 1% depuis début 2014, fruit de "la bonne résistance des parts de marché à la marque Michelin en (pneus) tourisme, camionnette et poids lourd, ainsi que la hausse des activités de génie civil première monte et infrastructure et la poursuite du déstockage des pneus miniers".
- Impact de la crise ukrainienne -
Les ventes de pneus de tourisme, qui représentent plus de la moitié des ventes nettes de Michelin (7,7 milliards sur 14,55), baissent de 3,3% depuis début 2014.
Très contrastée, la variation des ventes de première monte sur les voitures de tourisme et les camionnettes traduit la reprise des marchés européen (+4%) et nord-américain (+5%), ainsi que la poursuite de la croissance en Asie (+6%).
L'Europe ferait encore mieux si les marchés d'Europe orientale n'étaient pas "en recul de 8% sur neuf mois", conséquence d'un "contexte géopolitique difficile", à savoir la crise russo-ukrainienne et les sanctions économiques contre Moscou.
La zone regroupant chez Michelin l'Afrique, l'Inde et le Moyen-Orient recule de 2% et l'Amérique du Sud s'effondre de 18%, la faute à un "accès au crédit plus restreint et un recul de la confiance des consommateurs au Brésil", ainsi que des "mesures économiques et fiscales décidées en Argentine", note l'entreprise.
Sur neuf mois, l'activité "remplacement" pour les voitures de tourisme est quant à elle en croissance dans toutes les zones géographiques, de 3 à 5%.
Représentant un peu plus d'un tiers de l'activité sur neuf mois (4,5 milliard d'euros), les ventes de pneus poids lourd sont en net recul, de 5,8% sur neuf mois.
Là encore, cette situation est en partie due à la situation en Europe orientale: les ventes de pneus en première monte s'y effondrent de 35%. Et en Asie du sud-est, "la demande chute de 25% en raison des arrêts de production liés à la situation politique en Thaïlande", théâtre d'un coup d'Etat.
Les activités liées aux véhicules spéciaux (engins de terrassement, deux roues, avions) cèdent quant à elles 7,3%. Elles représentent 2,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires depuis le début de l'année.