Meurtres à Hong Kong: le père d'une victime réclame la peine de mort
Le père d'une femme indonésienne victime d'un meurtre à Hong Kong a dénoncé mardi un crime "sadique" et réclamé la peine de mort pour le trader britannique inculpé la veille de cet homicide et de celui d'une seconde femme.
Le corps mutilé et en état de décomposition de Sumarti Ningsih, une Indonésienne âgée d'une vingtaine d'années, a été découvert samedi dans une valise entreposée sur le balcon de l'appartement cossu du suspect, le trader Rurik Jutting, placé en détention provisoire.
Cet homme de 29 ans à l'allure imposante, qui travaillait jusqu'à récemment pour la Bank of America Merril Lynch, a comparu lundi devant un tribunal de l'ancienne colonie britannique qui a fixé la prochaine audience au 10 novembre.
Le suspect avait appelé aux premières heures de samedi la police à se rendre dans son appartement au 31e étage d'un immeuble du quartier résidentiel de Wanchai, dans le centre de Hong Kong, où les expatriés sont très nombreux.
Les enquêteurs y ont découvert le corps d'une femme dénudée présentant des plaies au cou et aux fesses. Après plusieurs heures de recherches dans l'appartement, ils ont découvert le corps de la seconde victime entreposée dans une valise placée sur le balcon.
Cette dernière, Sumarti Ningsih, issue d'une famille d'exploitants agricoles pauvres de l'île de Java, la plus peuplée d'Indonésie, a été tuée le 27 octobre, soit cinq jours avant la découverte du corps, selon des documents de l'enquête judiciaire.
Interrogé par l'AFP à Cilacap, une ville portuaire de la côte est de Java, le père de Ningsih, Ahmad Kaliman, 58 ans, a déclaré être en colère après le meurtre de sa fille.
- "Tuée de manière sadique" -
"Je veux que le meurtrier de mon enfant soit condamné à mort. Il l'a tuée de manière sadique, donc il doit être exécuté", a-t-il dit.
La peine de mort n'existe pas à Hong Kong, contrairement à la Chine continentale.
"Je sollicite aussi les gouvernements indonésien et hongkongais pour qu'ils rapatrient au plus vite le corps de notre enfant. Je veux qu'elle soit inhumée en Indonésie", a ajouté Kaliman.
Il a indiqué que la famille avait appris le meurtre de leur fille par une connaissance de celle-ci à Hong Kong.
"Nous avons été informés par téléphone que notre fille a été tuée. J'étais très choqué d'apprendre cela, d'autant plus quand on m'a dit qu'il était difficile d'identifier le corps", ajouté le père.
La police supposait que les victimes originaires d'Asie du Sud-Est étaient des prostituées, mais Ningsih avait déclaré à ses parents qu'elle travaillait dans un restaurant à Hong Kong, ville accueillant de nombreuses immigrées indonésiennes.
Selon le site d'informations indonésien Detik, Ningsih a travaillé dans plusieurs villes indonésiennes avant de se rendre pour la première fois à Hong Kong en 2011, pour gagner plus d'argent en vue d'aider financièrement sa famille.
Le consulat d'Indonésie a confirmé mardi à l'AFP que la seconde victime découverte dans l'appartement du trader était également indonésienne: Seneng Mujiasih, 29 ans, appelée Jesse Lorena, était aussi aide de maison, mais son visa de travail était expiré depuis 2012.
Le suspect du double meurtre, Rurik Jutting, a étudié le droit et l'histoire à l'Université de Cambridge. Ses anciens camarades disent que c'était un étudiant brillant qui appartenait aussi à la prestigieuse équipe de rameurs de l'établissement.
Ce type d'affaire macabre est très inhabituel à Hong Kong, l'une des villes les plus sûres au monde. D'après les chiffres officiels, 14 meurtres ont été commis durant les six premiers mois de l'année dans le territoire sous tutelle chinoise, où vivent sept millions de personnes.