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L'Uruguay vote, la gauche au pouvoir menacée

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Le 26 octobre 2014 à 15h43

Quelque 2,6 millions d'Uruguayens ont commencé à voter dimanche pour désigner le successeur du charismatique José Mujica, dans un scrutin présidentiel et législatif qui pourrait voir le Frente amplio (gauche) au pouvoir depuis une décennie perdre la presidence et sa majorité parlementaire.

Le prédécesseur de M. Mujica, Tabaré Vazquez (2005-2010), premier président de gauche du pays, est donné gagnant mais devra remporter 50% des voix s'il veut éviter un second tour face aux fils de deux anciens dirigeants: Luis Lacalle Pou (Parti national, centre droit) ou Pedro Bordaberry (Parti Colorado, conservateur), placé en troisième position par les sondages.

Le scrutin, qui est obligatoire en Uruguay, s'est ouvert à 08H00 (10H00 GMT) et doit se terminer à 20H30 locales (22H30 GMT).

Au total, 2,6 millions d'électeurs de ce petit pays de 3,3 millions d'habitants doivent, outre leur président, choisir les 30 sénateurs et 99 députés du parlement. Il se prononcent également par référendum sur l'abaissement à 16 ans de l'âge de responsabilité pénale des criminels.

Entouré de ses partisans, le président José Mujica a été l'un des premiers à voter dans le quartier populaire de Cerro (ouest de la capitale Montevideo). Il est arivé dans sa vieille Volkswagen bleu ciel accompagné de sa femme, la sénatrice Lucía Topolansky.

L'élection "n'est pas une guerre, c'est une étape importante, mais le pays va continuer à aller de l'avant", a déclaré le président Mujica, qui devra laisser la présidence à son successeur le 1er mars 2015, en soulignant qu'il vivait ce moment "avec joie et sérénité".

Le président a salué ses sympathisants, signé des banderoles et, prenant place dans sa "Coccinelle" conduite par son chauffeur, il a lancé : "Allez Pepe!".

- Second tour en perspective -

Quant au favori des sondages, Tabaré Vazquez, il a fait part de ses espoirs de succès : "Nous espérons faire mieux mais ce sont les gens qui parleront".

Mais le politologue Juan Carlos Doyenart en a la "certitude", ces élections se solderont par "un ballottage qui mènera à un second tour le 30 novembre". Les derniers sondages donnent un net avantage à ce cancérologue de 74 ans, qui obtiendrait entre 43% et 46% des suffrages.

Si ces pronostics se confirment, Vazquez devrait affronter au second tour Lacalle Pou, 41 ans, qui ne réuni qu'un peu plus de 30% des intentions de vote et a déjà annoncé que pour l'emporter il devrait rechercher le soutien du parlementaire Pedro Bordaberry, 54 ans, fils de l'auteur du coup d'Etat qui avait mené à l'instauration d'une dictature militaire (1973-1985) et crédité de 15 à 18% des suffrages.

Après 10 ans de gestion du Frente amplio, le pays connaît toujours la prospérité et les gens "vivent mieux", mais l'usure du pouvoir fait son oeuvre, estime l'analyste.

Le Frente affiche un bilan plutôt positif, avec une croissance du PIB de 4,4% en 2013 - onzième année consécutive de hausse -, un chômage autour de 6% et une pauvreté divisée par trois entre 2006 et 2013.

Sur le plan social l'avancée est certaine, avec le mariage homosexuel, l'avortement et la légalisation du cannabis, l'avenir de cette initiative restant cependant incertain, aucun des trois candidats à la présidence n'y étant favorable.

Le bilan du gouvernement de Jose Mujica pêche cependant sur la sécurité, l'éducation ou l'inflation (environ 10% par an), thèmes auxquels sont sensibles les classes moyennes, largement majoritaires.

Tabaré Vazquez a rappelé aux jeunes les conditions de vie d'avant l'arrivée au pouvoir du Frente : "des enfants qui mangeaient de l'herbe", le chômage ...

Par son recours aux réseaux sociaux, M. Lacalle Pou incarne lui "un changement de style", explique M. Doyenart, mais sur le fond, "il n'y a pas de grandes différences" avec M. Vazquez.

Au-delà de la succession de "Pepe" Mujica, qui a conquis la planète avec son mode de vie modeste qui lui a valu le surnom de "président le plus pauvre du monde" et ses discours anti-consuméristes, l'autre enjeu du scrutin réside dans les législatives.

Pour Ricardo Lopez Gottig, analyste du Centre pour l'ouverture et le développement de l'Amérique latine (Cadal), il est "évident que le Frente Amplio n'aura pas la majorité au Parlement".

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Le 26 octobre 2014 à 15h43

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