img_pub
Rubriques

L'office anti-fraude de l'UE “inondé” par les enquêtes internes

m24-En-continu
Par
Le 31 mai 2017 à 12h45

L'Office anti-fraude européen, l'Olaf, est "inondé" de cas portant sur des employés et membres des institutions européennes, notamment le Parlement européen, a affirmé mercredi son directeur-général, à l'image de l'affaire des assistants parlementaires du Front national en France.

"L'an passé, le département en charge des dossiers internes a été inondé", a déclaré le patron de l'Olaf, Giovanni Kessler, lors de la présentation du rapport annuel de l'agence à Bruxelles.

En 2016, sur les 272 enquêtes finalisées, 34 portaient sur des employés de l'UE ou des membres des institutions, et 25 ont fait l'objet de recommandations de la part de l'Olaf, qui ne peut prendre directement des sanctions.

Il y a encore 47 investigations en cours, a précisé M. Kessler, "la plupart d'entre elles en lien avec le Parlement".

L'un des cas les plus médiatisés est celui des assistants parlementaires du Front national en France. L'Olaf a considéré que l'eurodéputée Marine Le Pen, cheffe de la formation d'extrême droite et candidate à la présidentielle, avait indument touché des sommes du Parlement pour rémunérer une assistante, un emploi jugé fictif.

L'office a ainsi recommandé à l'institution de recouvrer la somme d'environ 300.000 euros, avis que cette dernière a décidé d'appliquer au printemps 2017.

La déferlante d'informations sur des cas présumés suspects auprès de l'Olaf découle d'un "jeu de la loi du talion", où les parlementaires sous le coup d'une enquête désignent des collègues d'hémicycle qu'ils estiment opérer de la même façon.

"Nous avons d'ores et déjà transmis au Parlement une recommandation administrative (...) Peut-être que les règles internes devraient être changées pour laisser moins de marges de manoeuvres" aux parlementaires, a observé M. Kessler.

Au total en 2016, l'Olaf a clôturé 272 dossiers, en a ouvert 219, et a émis 346 recommandations aux autorités concernées dans les Etats membres. Les fraudes constatées par l'Olaf auraient ainsi coûté 631 millions d'euros au budget de l'UE (qui était de plus de 136 milliards d'euros en 2016).

L'office s'est par ailleurs penché sur l'énorme cas du scandale des "Panama papers", quelque 11,5 millions de documents dévoilés par un consortium de journalistes portant sur le recours massif à des sociétés offshore dans un but d'évasion fiscale.

L'Olaf a étudié des "téraoctets de données" à la recherche de personnalités membres d'institutions européennes, à des postes de direction ou dans des catégories d'employés considérées "à risque" (comme des administrateurs budget ou des auditeurs), ou encore d'experts auprès de l'UE ou de récipiendaires de fonds communautaires.

Quatre enquêtes ont été ouvertes à l'issue de ce travail, a annoncé l'Olaf, qui ne peut donner d'autres précisions car les investigations sont en cours.

Par
Le 31 mai 2017 à 12h45

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité