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Les Ukrainiens élisent leur parlement, les pro-occidentaux favoris

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Le 26 octobre 2014 à 15h12

Les Ukrainiens votaient dimanche pour des législatives anticipées qui devraient consacrer l'orientation pro-occidentale de leur pays, une ex-république soviétique dont le gouvernement combat les rebelles prorusses dans l'Est.

Ce scrutin est crucial pour l'Ukraine après près d'un an d'une crise qui a vu la rue chasser l'ex-président Viktor Ianoukovitch, la Crimée annexée par la Russie et le réveil des séparatismes dans l'est dégénérant en conflit armé.

Ce pays est également le terrain d'affrontements géopolitiques entre Occidentaux et Russes dont les relations, de l'aveu même de Moscou, ont "touché le fond".

Dans un geste symbolique, le président Petro Porochenko, en tenue de camouflage, s'est rendu dans la matinée à Kramatorsk, ville de l'Est rebelle reprise l'été dernier par les forces ukrainiennes, pour saluer "l'exploit des soldats auxquels nous devons notre vie pacifique".

De retour à Kiev, il a voté et dit espérer des élections "une équipe forte et efficace pour la mise en oeuvre de réformes et la victoire nécessaire pour apporter la paix dans le Donbass", bassin houiller de l'Est en proie à des combats depuis six mois.

"J'espère qu'après les élections, la guerre se terminera", a souligné de son côté un électeur de la capitale, Valéri Antonenko.

La mobilisation restait modeste à la mi-journée puisque seuls 20,3% des Ukrainiens avaient voté, contre 24,6% en 2012, selon des chiffres partiels diffusés par la commission électorale.

Ces législatives anticipées ont été convoquées par le président Porochenko, élu en mai dès le premier tour, pour définitivement tourner la page du régime prorusse de Viktor Ianoukovitch, renversé au terme d'un mouvement de contestation pro-occidentale déclenché en novembre 2013 sur la place de l'Indépendance - ou Maïdan - à Kiev.

Mais elles sont assombries par le conflit entre forces ukrainiennes et séparatistes dans le Donbass qui a fait, d'après l'ONU, plus de 3.700 morts depuis avril et contraint plus de 800.000 personnes à fuir leur foyer.

Environ cinq millions d'électeurs, sur 36 millions au total, ne pourront pas voter, en Crimée, rattachée à la Russie en mars, et dans les zones contrôlées par les séparatistes dans l'Est. 27 des 450 sièges de députés resteront ainsi vides.

A Donetsk, principal fief des rebelles, les habitants boudaient les élections et attendaient celles que les séparatistes prévoient d'organiser le 2 novembre.

- Porochenko favori -

Le mouvement du chef de l'Etat part grand favori, crédité, selon les sondages, d'environ 30% des voix.

Il devra probablement former une coalition avec une ou plusieurs autres formations pro-occidentales dont certaines, comme le Front populaire du Premier ministre Arseni Iatseniouk, sont favorables à une offensive plus décisive face aux insurgés, appuyés, disent Kiev et l'Otan, par des troupes régulières russes.

En tête à l'issue des législatives de 2012, les anciens alliés de M. Ianoukovitch, essentiellement représentés dans les listes Ukraine Forte et Bloc d'Opposition, devraient quant à eux n'avoir que très peu de députés. Les communistes pourraient disparaître de l'Assemblée.

A Kiev, Iaroslav Kotsar, 41 ans, qui avait donné son suffrage à Petro Porochenko à la présidentielle, a cette fois voté pour le mouvement Samopomitch, composé notamment de combattants rentrés de l'Est.

Mais à Marioupol, port au sud de Donetsk, Valentina Pavlovna a voté pour le Bloc d'Opposition. "Au moins, il nous représentera", a expliqué cette retraitée qui "regarde les informations tous les soirs la peur au ventre".

Des sondages sortie des bureaux de vote doivent être publiés dès leur fermeture, avant la diffusion des résultats officiels au fil de la nuit. Ils donneront rapidement une idée des rapports de forces dans l'opinion mais pas de la répartition des 450 sièges de la Verkhovna Rada (Parlement) en raison d'un mode de scrutin complexe.

La moitié des députés sont élus au scrutin proportionnel sur des listes nationales, l'autre moitié au scrutin majoritaire à un tour dans des circonscriptions.

- Le conflit s'enlise -

Le nouveau Parlement devra voter des réformes radicales destinées à sortir l'Ukraine d'une profonde récession, aggravée par le conflit dans l'Est industriel, à lutter contre une corruption endémique et à la rapprocher de l'Union européenne, avec laquelle elle a récemment signé l'accord d'association rejeté l'an dernier par M. Ianoukovitch.

Il devra accentuer les douloureuses mesures de rigueur exigées par les bailleurs de fonds occidentaux, notamment le FMI, pour sauver l'Ukraine de la faillite après le retrait du soutien financier russe. La situation est encore aggravée par le conflit gazier avec la Russie, qui la prive de gaz.

La tâche semble herculéenne face à un conflit très coûteux et destructeur, et qui s'enlise.

L'instauration d'un cessez-le-feu le 5 septembre a permis une baisse d'intensité de la confrontation dans l'Est, mais des points de tension persistent, notamment à l'aéroport de Donetsk.

Plusieurs soldats ukrainiens engagés dans ces régions ont dit à l'AFP ne pas pouvoir voter. "Cela fait partie du manque de respect et de confiance que le pouvoir montre envers les soldats", a protesté Roman Semtchichine.

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Le 26 octobre 2014 à 15h12

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