Les Etats-Unis critiquent durement l'évolution de la Hongrie d'Orban
Les Etats-Unis ont durement critiqué vendredi l'évolution "décevante" de la Hongrie, un nouveau signe de l'irritation de Washington envers son allié européen sous la férule du populiste Viktor Orban.
"Les évolutions sont décevantes (...) et nous sommes inquiets en tant qu'alliés de voir à quelle vitesse ces évolutions s'enracinent", a déploré lors d'une conférence de presse à Budapest le chargé d'affaires André Goodfriend, plus haut diplomate américain en poste dans le pays.
Les remarques de M. Goodfriend interviennent une semaine après que Washington a déclaré indésirables sur son territoire six hauts responsables hongrois, en raison de soupçons de corruption. Ceux-ci n'ont pas été nommés, mais plusieurs médias ont cité le nom du patron du fisc hongrois.
Le diplomate américain a rappelé vendredi que la Hongrie avait été l'un des pays est-européens ayant réussi la transition démocratique la plus rapide après la chute du communisme en 1989.
Mais il a évoqué "l'inquiétude" de l'Amérique devant "le changement de climat (politique), l'affaiblissement de l'Etat de droit, les attaques contre la société civile, le manque de transparence".
Le Premier ministre conservateur Viktor Orban, élu en 2010 et triomphalement reconduit aux législatives en avril, a suscité de nombreuses critiques en Europe et aux Etats-Unis pour ses réformes, jugées liberticides par ses détracteurs, de la justice et de la presse.
Il revendique désormais clairement une ligne "illibérale", citant volontiers Moscou et Pékin en exemple, tandis que des ONG financées par des pays étrangers sont dans le collimateur de la justice hongroise.
Les critiques répétées de la Hongrie, membre de l'UE et de l'Otan, contre les sanctions occidentales envers la Russie suscitent également la polémique.
En septembre, le président américain Barack Obama avait cité le gouvernement de Budapest parmi ceux qui constituent "une menace contre la société civile".