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Le républicain anti-establishment Rand Paul candidat à la Maison Blanche

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Le 7 avril 2015 à 19h34

Le sénateur Rand Paul, conservateur libertaire et précurseur du Tea Party, a lancé mardi sa campagne pour l'investiture républicaine de 2016, sur un programme destiné à faire de lui le candidat "de la liberté" face à l'establishment, représenté par Jeb Bush.

A 52 ans, le sénateur du Kentucky est le deuxième candidat majeur à officialiser son ambition de succéder à Barack Obama à la présidentielle de novembre 2016, après son collègue Ted Cruz il y a deux semaines.

Jeb Bush, premier des sondages des primaires, n'a pas encore franchi le pas mais sa candidature est jugée acquise, tout comme celle de la démocrate Hillary Clinton.

"J'annonce aujourd'hui qu'avec l'aide de Dieu, avec l'aide des amoureux de la liberté partout, je suis candidat à la présidence des Etats-Unis", a lancé Rand Paul lors d'un discours à Louisville, dans son fief du Kentucky (centre-est), devant des centaines de partisans.

"La dette a doublé sous une administration républicaine, et est en train de tripler sous la responsabilité de Barack Obama", a-t-il déclaré, en jurant de vaincre de ce qu'il appelle la "machine washingtonienne", symbole de la bureaucratie fédérale.

"Il me semble que c'est la faute des deux partis et de tout le système politique", a estimé le sénateur, qui propose de limiter le nombre des mandats des élus du Congrès, et d'amender la Constitution pour interdire les déficits.

Dans le style et sur le fond, Rand Paul veut trancher avec ses nombreux rivaux et renouveler l'image, ainsi que l'électorat, du vieillissant parti républicain.

Une étudiante et un révérend noir ex-démocrate ont pris la parole avant lui mardi. Ses équipes ont passé du funk et du Metallica. Sur Twitter et Facebook, elles mènent une campagne très agressive pour recruter des soutiens.

"Le message de liberté, d'opportunité et de justice vaut pour tous les Américains, que vous portiez un costume, un uniforme ou un bleu de travail, que vous soyez blanc ou noir, riche ou pauvre", a-t-il déclaré. "L'amour de la liberté pulse dans mes veines".

Rand Paul, ophtalmologiste de profession, a peu d'expérience politique: il n'a été élu au Sénat qu'en novembre 2010, lancé par le mouvement naissant du Tea Party.

- Électorat noir -

Ses idées sont héritées de la tradition libertaire (conservateur sur les questions économiques mais libéral sur les questions de société), représentée aux primaires précédentes par son père, Ron Paul.

Mais comme pour se distinguer de cet héritage radical, il n'a pas donné la parole mardi au père Paul, resté silencieux et impassible dans un gradin.

Rand Paul est en guerre ouverte contre les néoconservateurs de son parti, déplore l'interventionnisme des années Clinton, Bush et Obama, et promeut une ligne économique ultra-libérale. Il dénonce les abus de l'Agence nationale de sécurité (NSA) et propose une réforme du système pénal, qui emprisonne trop de jeunes Noirs, dit-il.

Son objectif annoncé d'attirer des électeurs noirs dans le giron républicain réussira-t-il? Niger Innis, directeur exécutif de TheTeaParty.net venu assister au discours, estime que Rand Paul est en tout cas le républicain le plus crédible.

"Rand Paul est en meilleure position pour y parvenir, non seulement à cause de ses idées, mais à cause de l'image qu'il tente patiemment de façonner, celle d'un homme qui tisse des liens concrets et substantiels avec la communauté noire", affirme à l'AFP ce militant noir.

Mais Rand Paul a aussi donné des gages à la base républicaine, inquiète de ses positions passées jugées isolationnistes, en jurant de combattre l'"islam radical" et en durcissant son discours de politique étrangère.

Pour se hisser dans le peloton de tête des prétendants à l'investiture, Rand Paul peut compter sur des partisans réputés plus motivés et plus jeunes que celles de ses concurrents. Ses meetings prévus cette semaine dans quatre Etats-clés des primaires donneront un aperçu de sa capacité de mobilisation.

Les démocrates, eux, insistent sur le caractère radical des propositions économiques et budgétaires de Rand Paul.

"Il dit qu'il est différent, mais quand on regarde de près, il est comme tous les autres prétendants républicains: bon pour les plus riches et mauvais pour la classe moyenne", a estimé la présidente du parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz.

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Le 7 avril 2015 à 19h34

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