Le Kosovo se dote d'un nouveau Premier ministre
Les deux principaux partis du Kosovo ont signé lundi un accord de coalition désignant le leader d'opposition Isa Mustafa comme Premier ministre, permettant à ce petit pays des Balkans de sortir de six mois de crise politique, a annoncé un responsable.
M. Mustafa, 63 ans, chef du principal parti d'opposition LDK, succédera au Premier ministre sortant Hashim Thaçi (PDK) qui renoncerait à briguer un nouveau mandat après avoir dirigé le Kosovo sans partage depuis 2007 et mené le pays à l'indépendance en 2008.
L'accord entre le PDK de M. Thaçi et le LDK a été signé au parlement, devant des journalistes, mais aucun détail n'a été dévoilé.
Toutefois, le numéro 2 de la diplomatie kosovare qui est un proche de M. Thaçi, a écrit sur sa page Facebook: "Le nouveau Premier ministre du Kosovo sera Isa Mustafa". "Hashim Thaçi sera vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères" dans le nouveau gouvernement, a ajouté Petrit Selimi.
De son côté, le Parlement devait se réunir en début d'après-midi pour élire son président, premier pas indispendable pour la formation ultérieure d'un nouveau gouvernement.
Cette élection faite, la présidente du Kosovo Atifete Jahjaga pourra désigner le nouveau Premier ministre, ce qui pourrait intervenir dans la journée.
Le PDK, 37 députés, et le LDK, 30 députés, disposent à eux deux de la majorité au Parlement qui compte 120 sièges.
En acceptant cette coalition, le LDK de M. Mustafa a abandonné une alliance de quatre partis d'opposition créée au lendemain des élections législatives anticipées du 8 juin pour tenter, sans succès, d'évincer M. Thaçi du pouvoir.
Cela a plongé le Kosovo dans six mois de crise politique sans précédent, liée à une imprécision dans la Constitution du Kosovo. Celle-ci stipule que le président du parlement doit être désigné par le parti arrivé en tête des élections législatives, soit par le PDK de M. Thaçi.
Mais la Constitution n'a pas prévu la possibilité pour l'opposition, même si elle est majoritaire comme c'était le cas, de proposer son candidat.
Sans l'élection d'un président de l'assemblée, tout le processus de formation du gouvernement était bloqué.