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L'accord nucléaire salué en Iran, dénoncé par Israël

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Le 3 avril 2015 à 10h24

Une foule de supporteurs a salué l'équipe de négociateurs iraniens rentrés vendredi à Téhéran après avoir conclu un accord-cadre avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire, une entente qu'Israël n'a de cesse de dénoncer comme "dangereuse".

Au lendemain de l'annonce jeudi en Suisse des "paramètres" de cet accord-cadre historique âprement négocié depuis 18 mois, l'Iran et les grandes puissances devront désormais se pencher sur le règlement des difficiles détails techniques en vue de parvenir à un accord définitif avant la date butoir du 30 juin.

Malgré cette entente, la confiance est loin d'être établie, les Occidentaux avertissant que tout pourrait être remis en cause en cas de non respect des termes par Téhéran. Reste qu'elle constitue une percée majeure dans une crise de douze ans avec la communauté internationale.

Après des discussions marathon en Suisse notamment avec les Etats-Unis, avec lesquels l'Iran n'entretient pas de relations diplomatiques, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et son équipe d'experts ont été chaleureusement accueillis à leur retour à Téhéran par plusieurs dizaines de jeunes qui ont accompagné le cortège en applaudissant.

"Vive Zarif, Vive Araghchi", ont-ils scandé en référence au ministre et à l'un de ses adjoints, Abbas Araghchi.

Sourire aux lèvres, M. Zarif, les a salués, selon les images diffusées par la télévision.

Dans un bref commentaire, il a remercié le guide suprême Ali Khamenei, ultime décisionnaire dans le dossier nucléaire, pour "son remarquable soutien".

Le président iranien Hassan Rohani, qui avait salué l'accord dès jeudi, doit s'exprimer dans l'après-midi devant la presse.

L'annonce de l'accord a été accueillie dans la nuit par des scènes de liesse à Téhéran et un concert de klaxons. Des piétons ont chanté et dansé en faisant le V de la victoire et agitant des mouchoirs blancs.

- Engager des discussions immédiates -

"Maintenant on va pouvoir vivre normalement comme le reste du monde", a lancé Davoud Ghafari, en espérant une levée des sanctions internationales qui asphyxient l'Iran depuis des années.

"Le public a prouvé qu'il comprenait la différence entre les traîtres et ceux qui sont au service" de la nation, a dit vendredi Saeidollah Allahbedashti, un proche de M. Rohani, en allusion à certains responsables conservateurs qui dénoncent des concessions trop importantes à l'Occident.

Selon l'accord-cadre, l'Iran a accepté de réduire considérablement le nombre de ses centrifugeuses, les machines servant à transformer l'uranium qui, enrichi à 90%, sert à la fabrication d'une bombe. Téhéran a aussi accepté de ne plus enrichir d'uranium pendant au moins 15 ans dans le site de Fordo.

Sur la très délicate question de la levée des sanctions, l'accord prévoit que les mesures unilatérales américaines et européennes seront suspendues dès que le respect de ses engagements par l'Iran aura été certifié par l'Agence internationale de l'Energie atomique. Elles seront rétablies si l'accord n'est pas appliqué.

Aucune indication n'a été donnée sur la date de la reprise des négociations pour la rédaction de l'accord définitif.

"L'écriture (d'un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d'ici le 30 juin", a dit jeudi M. Rohani.

- L'accord ne fait pas l'unanimité -

Vendredi, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a indiqué que l'épineuse question du calendrier de levée des sanctions, "n'est pas encore tout à fait réglée". "Les Iraniens veulent une levée de toutes les sanctions tout de suite. Nous leur disons : il faut lever les sanctions au fur et à mesure que vous respecterez vos engagements", a-t-il souligné.

La Russie, qui a dit être prête à fournir du combustible pour les réacteurs qu'elle a construits en Iran, a aussi souligné qu'il restait "encore beaucoup à clarifier".

M. Obama, qui devra faire face aux Républicains du Congrès qui ont exprimé leur scepticisme, a parlé d'une "entente historique", mais souligné que l'accord ferait l'objet de "vérifications sans précédent" quant à son application. Si l'Iran triche, "le monde le saura".

L'accord est loin de faire l'unanimité de la communauté internationale.

Dans la région, Israël, ennemi juré de l'Iran, le dénonce à cor et à cri alors que l'Arabie saoudite, chef de file des monarchies sunnites du Golfe, a espéré un "accord final contraignant" pour l'Iran qui renforcerait la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient.

A Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a dit au président américain Barack Obama que l'accord sur le nucléaire iranien menaçait la "survie" d'Israël, devait mener vendredi des consultations avec ses principaux ministres.

"C'est un pas dans une direction très très dangereuse", a dit son porte-parole Mark Regev, estimant que le "seul objectif" de l'Iran était de se doter de la bombe atomique.

L'accord-cadre "ne conduit pas à la fermeture d'une seule installation nucléaire, il autorise l'Iran à garder des milliers de centrifugeuses (...) et lui permet de poursuivre la recherche et le développement (...)", a protesté M. Regev, alors qu'Israël est considéré comme l'unique puissance nucléaire de la région mais maintient l'ambigüité sur ce statut.

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Le 3 avril 2015 à 10h24

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