La Bourse de Paris toujours indécise avant les élections
La Bourse de Paris restait indécise vendredi à la mi-journée (+0,02%), balayant un indicateur allemand décevant pour se concentrer sur les élections du week-end, facteur de prudence.
A 12H26 (10H26 GMT), l'indice CAC 40 grapillait 0,88 points à 4.479,09 points. La veille, il avait terminé sur un gain modeste (+0,21%).
Le marché parisien a ouvert à l'équilibre et ne s'est pas laissé déstabiliser par la baisse de moral des entrepreneurs allemands en mai, publié dans la matinée.
L'Allemagne a aussi publié le détail de son produit intérieur brut pour le premier trimestre. Il en ressort que la demande intérieure a été le seul moteur de la croissance allemande sur cette période, ce qui laisse présager un ralentissement de l'économie au printemps.
"En l'absence de statistiques de taille outre-Atlantique, les investisseurs vont rapidement se focaliser sur les échéances électorales du week-end, à savoir les élections européennes et la présidentielle en Ukraine", commente Christopher Dembik, un analyste Saxo Banque.
La Grèce retient particulièrement l'attention selon lui. Une victoire du parti d'extrême-gauche Syriza pourrait déstabiliser Athènes et conduire à des élections législatives anticipées.
"La crainte est que le nouveau gouvernement issu du scrutin ne souhaite une renégociation des conditions de prêt octroyées par la troïka au pays", une hypothèse capable d'effrayer les marchés, ajoute-t-il.
Quant à l'élection présidentielle en Ukraine prévue dimanche, elle reste une source d'inquiétude pour les investisseurs, expliquent les analystes d'ETX Capital.
Le bon déroulement du scrutin est loin d'être garanti. Les séparatistes prorusses promettent de perturber l'élection, avec la bénédiction de Moscou.
"Toutefois, le retrait des forces russes (stationnées à la frontière) cette semaine est vu comme un signe de désescalade de la crise, et les marchés semblent moins incommodés que d'habitude", nuance ETX Capital.
Dans l'après-midi, le marché surveillera les ventes de logements neufs en avril aux Etats-Unis, attendues en rebond.
Parmi les valeurs, Orange restait lanterne rouge du CAC (-2,69% à 11,96 euros), plombé par l'abaissement de sa recommandation par Société Générale à "neutre" contre "acheter" auparavant.
Le secteur bancaire repartait après les inquiétudes dont il a souffert cette semaine, entre amende infligée au Crédit Suisse, menaces de sanctions contre BNP Paribas (+0,62% à 51,98 euros) et renflouement des fonds propres de la Deutsche Bank. Natixis gagnait 3,5% à 4,82 euros, Crédit Agricole, 2,13% à 11,5 euros et Société Générale grappillait 0,2% à 42,22 euros.
Alstom lâchait 1,41% à 28,33 euros, alors que le feuilleton autour de sa reprise continue.
General Electric (GE), qui cherche à racheter la branche énergie de l'industriel français, a annoncé avoir prolongé son offre jusqu'au 23 juin, "à la demande du gouvernement français" pour faciliter les discussions. Le gouvernement travaille lui à l'élaboration d'un "plan C" sans Siemens ni GE, mais avec des capitaux français, selon l'entourage du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg.
Club Méditerranée ne réagissait pas, à 19,20 euros, à la décision des autorités boursières de prolonger jusqu'au 6 juin l'offre sur le groupe, qui devait s'achever ce vendredi.
Derichebourg chutait de 5,14% à 2,42 euros, après avoir annoncé une perte nette au premier semestre de son exercice 2013-2014. L'entreprise a toutefois réduit son endettement grâce notamment à la cession de Servisair à la fin de l'année 2013.
Euronext (CAC 40)