La Bourse de Paris résiste après les rebondissements du dossier grec
La Bourse de Paris a terminé dans le vert jeudi (+0,15%) pour une quatrième séance de hausse consécutive, faisant preuve de résistance face aux remous dans la renégociation de la dette grecque.
L'indice CAC 40 a pris 7 points à 4.703,30 points, parvenant à se stabiliser au-dessus du seuil symbolique des 4.700 points, dans un volume d'échange fourni de 4,2 milliards d'euros. La veille, il avait fini en hausse de 0,39%.
Parmi les autres marchés européens, Francfort a terminé à l'équilibre (-0,05%) tout comme Londres (+0,09%). Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a reculé de 0,19%.
La Bourse de Paris a ouvert en net recul mais a progressivement remonté la pente en cours de séance, trouvant finalement un peu de soutien dans un démarrage en légère hausse à la Bourse de New York.
"Après une ouverture un peu compliquée, les marchés ne semblent pas être tellement vulnérables au dossier grec", estime Andréa Tuéni, un analyste de Saxo Banque.
La BCE a mis le couteau sous la gorge d'Athènes mercredi soir en privant les banques grecques d'un important canal de financement, contraignant les Européens à s'entendre sous peine de crise de financement de l'État grec.
Cette décision "renvoie sur les États, sur les gouvernements, les responsabilités et c'est bien légitime", a déclaré jeudi le chef de l'État français François Hollande qui a affirmé également que "le rôle de la France, c'est de trouver une solution" à la situation financière de la Grèce.
"Les incertitudes sur le financement à court terme de la Grèce génèrent de la volatilité", estime de son côté l'équipe de CMC Markets France.
Mais la réaction n'est pas si forte, analyse John Plassard, de Mirabaud Securities, pour qui les marchés ont anticipé que "les discussions entre les nouveaux dirigeants grecs et les membres de la Troïka ne seraient pas de tout repos".
Les ministres grec et allemand des Finances Yanis Varoufakis et Wolfgang Schäuble ont constaté jeudi lors d'une conférence de presse leur désaccord sur de nombreux points, et indiqué n'avoir pas trouvé de solutions au problème posé à la zone euro.
Dans le même temps, la BCE est prête à accorder jusqu'à 60 milliards d'euros de prêts d'urgence aux banques grecques, selon une source proche des banques centrales.
Désormais, la cote parisienne attend "les chiffres macroéconomiques de demain" avec notamment le rapport mensuel sur l'emploi américain, "qui pourrait permettre de faire un peu bouger les choses", souligne M. Tuéni.
Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont rebondi après avoir atteint leur plus bas niveau en près de quinze ans, tandis que le déficit commercial des Etats-Unis s'est nettement aggravé pendant l'année 2014.
Sur le terrain des valeurs, le secteur bancaire a fini sous pression, subissant le contrecoup de la décision de la BCE à l'égard des banques grecques. Société Générale a perdu 0,91% à 36,82 euros et BNP Paribas a enregistré la plus forte perte du CAC 40 (-3,69% à 47,01 euros) pénalisée en outre par sa publication du jour.
Le groupe a surmonté son énorme amende américaine pour finir 2014 dans le vert mais la banque française pourrait rater certains de ses objectifs pour 2016 en raison d'un environnement défavorable.
A l'inverse, Sanofi a pris 3,60% à 84,53 euros grâce à l'annonce d'un bénéfice net en hausse de 18,1% en 2014 à 4,4 milliards d'euros, grâce à des ventes en progression de 2,5%, soutenues notamment par l'activité diabète, la santé grand public et la filiale américaine Genzyme.
Vinci a gagné 2,68% à 49,62 euros après un début de séance difficile. Le groupe a averti que son chiffre d'affaires connaîtra une "légère baisse" cette année, tout en publiant un bond de 26,7% de son bénéfice net à 2,48 milliards d'euros sur l'exercice 2014.
Dassault Systèmes a pris 7,98% à 59,14 euros. L'éditeur de logiciels pour l'industrie a annoncé avoir tenu ses objectifs sur 2014, aidé par ses acquisitions, avec une hausse à deux chiffres de ses ventes, et dit viser une marge opérationnelle stable pour 2015.
Bonduelle a progressé de 4,94% à 21,47 euros après avoir publié un chiffre d'affaires soutenu au deuxième trimestre par les ventes en Russie et aux États-Unis, confortant sa stratégie d'internationalisation.
Euronext (CAC 40