La Bourse de Paris reprend son souffle après les annonces de la Fed
La Bourse de Paris a fini quasiment stable (+0,07%) jeudi, les investisseurs temporisant après les annonces prudentes de la Réserve fédérale américaine (Fed) et dans l'attente de nouvelles avancées sur la Grèce.
L'indice CAC 40 a gagné 3,76 points à 5.037,18 points, dans un volume d'échanges nourri de 4,2 milliards d'euros. La veille, il avait gagné 0,09%.
Parmi les autres marchés européens, Francfort a perdu 0,20% tandis que Londres a gagné 0,25%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a fini stable (+0,06%).
La Bourse de Paris, qui a ouvert à l'équilibre, a affiché une timide hausse avant de flancher en début d'après-midi et de renouer avec le vert en fin de séance. L'ouverture en repli de la Bourse de New York a conforté cette prudence.
"On assiste à un certain attentisme après la Fed", dans un contexte de volatilité, note Pierre Martin, analyste chez Saxo Banque.
"Après des annonces comme cela, il y a souvent une phase de volatilité qui est suivie par une phase de consolidation avant de reprendre des bases un peu plus saines sur des catalyseurs de long terme", complète-t-il.
"Cela peut être un peu plus de visibilité sur la Grèce, une lecture un petit peu plus approfondie de statistiques aux Etats-Unis qu'on aura la semaine prochaine", poursuit Pierre Martin.
"On a vu les marchés se faire propulser dans un sens, ensuite dans l'autre. Cela a été particulièrement vrai notamment sur les devises. Cette nuit, on a eu une volatilité exceptionnelle", ajoute-t-il.
La Fed a abandonné lors de sa réunion mercredi la promesse d'être "patiente" avant une première hausse des taux d'intérêt, tout en repoussant l'exécution concrète de ce relèvement, exclue pour avril.
L'institution monétaire américaine s'est également montrée plus réservée sur l'économie des États-Unis, dont elle a abaissé les prévisions de croissance pour 2015.
"Les indicateurs aux Etats-Unis sont toujours positifs", même si la croissance ou le marché de l'emploi sont légèrement moins bons, commente encore Pierre Martin.
Les investisseurs lorgnaient également sur la Grèce, dont le sauvetage est de nouveau au coeur d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, qui s'ouvre jeudi soir à Bruxelles, en présence du Premier ministre grec, Alexis Tsipras.
François Hollande a appelé Athènes à "démontrer" qu'elle engagera les réformes attendues par ses partenaires européens et la chancelière allemande, Angela Merkel, a de son côté prévenu qu'il ne fallait "pas s'attendre à une solution" dès ce soir.
"Après ce qui a été dit notamment aux mois de janvier et février (concernant la Grèce), les investisseurs maintenant ont envie de voir comment cela se passe dans les faits et on a envie d'avoir du nouveau là-dessus", explique Pierre Martin.
Côté indicateurs, la séance a été marquée outre-Atlantique par les inscriptions hebdomadaires au chômage, qui ont augmenté moins que prévu.
L'indice composite des principaux indicateurs aux Etats-Unis (Conference Board) a pour sa part légèrement augmenté en février.
Quant à l'activité manufacturière de la région de Philadelphie, elle a ralenti sa progression en mars, surprenant les analystes qui tablaient sur une solide hausse.
"Les nouvelles demandes d'allocations chômage étaient globalement en ligne donc, ce n'est pas vraiment ce qui a joué. Les indicateurs avancés étaient également en ligne. La perspective des affaires de la Fed de Philadephie a en revanche était un peu décevante", précise Pierre Martin.
Sur le terrain des valeurs, Kering, en queue du CAC 40, a cédé 1,40% à 194.25 euros, dans la foulée de l'annonce de l'arrivée au sein de son comité exécutif de Roberto Vedovotto, responsable de l'entité lunettes et montures, dont le groupe souhaite faire un levier de croissance majeur.
LVMH a perdu 1,43% à 168,30 euros alors que sa marque horlogère suisse Tag Heuer a annoncé s'allier aux géants de la technologie californiens Google et Intel pour se lancer dans la course à la montre connectée.
Sopra Steria Group a progressé de 4,39% à 74,95 euros après la publication d'un bénéfice pro forma de 92,8 millions d'euros en 2014.
Boiron était pour sa part porté (+7,62% à 93,50 euros) par un bénéfice net 2014 de 89 millions d'euros (+8,1%), grâce à une amélioration de sa performance opérationnelle alors que le chiffre d'affaires s'est tassé, et se montre prudent pour 2015.
Gameloft était également recherché (+5,99% à 4,60 euros), grâce au succès des jeux lancés au premier trimestre en dépit d'une perte nette de 6,4 millions d'euros en 2014.
BioMérieux souffrait en revanche (-4,20% à 89,78 euros) d'un abaissement de recommandation de "neutre" à "sous-pondérer" par la banque Morgan Stanley.
Aubay décollait de 6,83% à 11,89 euros, grâce à l'amélioration de sa rentabilité l'an dernier et voit de nombreuses raisons d'être optimiste pour l'exercice en cours.
Implanet cédait 5,88% à 3,04 euros. La société de technologies médicales a annoncé le "succès" de son augmentation de capital qui lui a permis de lever 11,2 millions d'euros, et lors de laquelle la demande élevée a permis l'exercice intégral de la clause d'extension.
Euronext