La Bourse de Paris ploie face à la morosité économique européenne
La Bourse de Paris accentuait sa descente à la mi-journée mardi (-1,01%), rattrapée par la morosité économique en Europe, après le fort recul de la production industrielle enregistré en Allemagne.
A 12H28 (10H28 GMT), l'indice CAC 40 perdait 43,49 points à 4.243,03 points. La veille, il avait grignoté 0,11% à 4.286,52 points.
La cote parisienne a ployé des l'ouverture et n'a pas cessé de s'enfoncer depuis.
"La tendance de fond à la baisse reprend sur le CAC 40 avec une accélération des pertes par rapport à la séance d'hier. Le rebond technique de lundi, lié aux bons chiffres du chômage et de l'emploi aux États-Unis, était éphémère comme on l'avait anticipé", a commenté Christopher Dembik, un économiste de Saxo Banque.
"La confirmation d'un deuxième semestre très morose pour l'économie allemande, et qui ne peut pas être imputé uniquement au risque géopolitique en Europe de l'Est, accentue la fébrilité des investisseurs. Le moteur allemand étant clairement en panne, c'est la preuve que la zone euro s'oriente désormais vers une longue période de stagnation économique", a-t-il ajouté.
Le décrochage de 4% de la production industrielle allemande en août, bien supérieur aux anticipations qui tablaient sur un recul entre 1,5 et 1,9%, publié juste avant l'ouverture des marchés européens, pesait nettement sur la place parisienne.
"Les données pour août confirment que la reprise peine à accélérer au 3e trimestre", a noté Caroline Newhouse, une économiste de BNP Paribas.
Et ce d'autant plus qu'elle vient s'ajouter à la chute de 5,7% des commandes industrielles en Allemagne rendue publique lundi qui avait déjà freiné les ardeurs des investisseurs.
"Ce choc vient juste après celui des commandes industrielles hier" et "un saut énorme sera nécessaire pour éviter la contraction en septembre", ont noté pour leur part les économistes du Crédit Agricole CIB.
Dans la foulée de ce mauvais indicateur, le ministère des Finances français a annoncé que le déficit de l'Etat français fin août s'était creusé à 94,1 milliards d'euros, avec des recettes en baisse plus forte que les dépenses.
L'agenda ne compte pas d'autres indicateurs de premier plan en Europe. Aux Etats-Unis, seul le crédit à la consommation en août est attendu.
"Les résultats d'entreprises aux Etats-Unis pourraient toutefois apporter une éclaircie à moyen terme et limiter le potentiel de repli de l'indice parisien. Au regard des bonnes performances de l'économie américaine et de la bonne santé des grandes entreprises outre-Atlantique qui ont reconstitué leurs marges depuis la crise, on peut anticiper une bonne saison des résultats", a néanmoins estimé M. Dembik.
Le coup d'envoi sera donné comme toujours par le géant de l'aluminium Alcoa, dont la publication est attendue mercredi soir.
Du côté des valeurs, Sanofi baissait de 1,49% à 85,52 euros, affecté par les soupçons de pots-de-vin qui se sont portés sur les filiales du groupe au Moyen-Orient et en Afrique de l'Est.
Après un rebond en début de séance, grâce au relèvement de sa recommandation à "surpondérer" contre "souspondérer" auparavant par JPMorgan Cazenove, le titre Air France-KLM perdait 1,13% à 6,92 euros. Deux dirigeants d'Air France, Bruno Matheu, responsable du long-courrier et Bertrand Lebel, chargé de l'organisation et du développement durable, vont par ailleurs quitter la compagnie française sur fond de désaccord avec la direction, selon des sources aéronautiques.
Pernod Ricard reculait de 1,15% à 86,48 euros, pénalisé par l'abaissement de sa recommandation à "vendre" contre "neutre" auparavant par Deutsche Bank.
Peugeot descendait de 0,68% à 10,26 euros après l'annonce par le groupe indien Mahindra du lancement d'une offre sur 51% de sa filiale scooters. Le groupe français a confirmé vouloir vendre cette part.
Numericable s'enfonçait de 4,15% à 40,63 euros. Altice, la maison mère du câblo-opérateur, mène des négociations en vue d'acquérir Portugal Telecom, dont la capitalisation a fondu depuis que son projet de fusion avec le brésilien Oi a été mis à mal cet été, selon une source proche du dossier.
Après une importante glissade la veille, Areva reculait de nouveau de 1,43% à 11,74 euros alors que son conseil de surveillance doit proposer de réduire les investissements annuels du groupe nucléaire public et de procéder à des cessions d'actifs, après sa mise sous surveillance négative par Standard & Poor's, selon Les Echos.
Veolia Environement perdait 0,73% à 13,67 euros. Les policiers de l'office anticorruption de Nanterre enquêtent sur une commission occulte de 182 millions d'euros que le fonds Qatari Diar aurait versé en marge de son entrée au capital de Veolia en 2010, affirme le quotidien Libération. Aucune somme de 182 millions d'euros n'a été mise au jour, pour l'heure, par les policiers, a toutefois indiqué une source proche du dossier. Sollicité, Veolia n'avait pas réagi dans l'immédiat.
Technip occupait la dernière place du CAC 40 (-2,28% à 61,72 euros), poursuivant la descente entamée depuis le début du mois, et affecté en outre par un abaissement de sa recommandation par le courtier Liberum.
Euronext (Cac 40)