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La BCE maintient ses taux et s'apprête à sortir l'artillerie lourde

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Le 22 janvier 2015 à 13h18

Déterminée à contrer le risque de déflation et à stimuler l'économie de la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi ses taux directeurs au plancher et devrait annoncer des rachats massifs de dette, en particulier de dette publique.

L'institution monétaire de Francfort a sans surprise laissé inchangé son principal taux directeur à 0,05%, le plus bas niveau historique auquel il avait été amené en septembre.

"D'autres décisions de politique monétaire vont être annoncées par le président à la conférence de presse", a dit un porte-parole lors d'une brève conférence téléphonique où il a annoncé le maintien du taux directeur.

Le président de la BCE Mario Draghi tiendra une conférence de presse à Francfort à 13H30 GMT. Les analystes misent sur l'annonce d'un vaste programme de rachats de dette publique.

Version moderne de la planche à billets, un tel programme d'"assouplissement quantitatif" est souvent désigné par son acronyme anglo-saxon "QE".

Déjà utilisé par la Banque centrale du Japon et la Fed américaine, il consiste à injecter des liquidités pour peser sur les taux d'intérêt, afin de relancer l'activité économique, par le biais du crédit, et de faire remonter les prix.

En plus des obligations souveraines, l'offensive monétaire devrait inclure des obligations d'entreprises.

De l'avis des spécialistes, le QE à l'européenne, objet de spéculations depuis des mois, est désormais une affaire entendue. "Ce serait l'un des plus grands chocs de l'histoire récente de la politique monétaire si la BCE n'annonçait pas aujourd'hui une forme de QE", estiment les analystes de Capital Economics.

- Crédibilité en jeu -

M. Draghi n'a pas ménagé ses efforts ces dernières semaines pour convaincre, surtout en Allemagne, de la nécessité d'une action de grande ampleur.

"Ce n'est pas comme si nos possibilités étaient infinies", a-t-il récemment fait valoir.

Les taux de l'institution sont déjà au plus bas, et les autres mesures que la BCE a adoptées - prêts géants aux banques européennes, rachats de certains produits financiers - n'ont pas suffi jusqu'à présent à faire remonter les prix.

L'institution vise une hausse des prix légèrement inférieure à 2%. Or en décembre, l'inflation en zone euro est passée en territoire négatif (-0,2%), une première depuis 2009, essentiellement sous l'effet de la chute des cours du pétrole.

La déflation, spirale de baisse prolongée des prix et des salaires et ennemi à abattre pour le gardien de l'euro, semble guetter.

"La crédibilité de son objectif d'inflation serait en sérieux danger (...) si la BCE n'agissait pas", prévient Christian Schulz, de Berenberg Bank.

Cette offensive monétaire inédite, largement anticipée par les marchés, a déjà eu des effets positifs. Le cours de l'euro par rapport aux autres grandes monnaies a énormément baissé, ce qui aide les exportations européennes. Même chose pour les taux d'intérêt sur les obligations émises par les Etats de l'union monétaire, tandis que les Bourses ont grimpé en flèche.

Face aux attentes très élevées et au risque de déception qui les accompagne, la BCE pourrait toutefois rester volontairement vague sur le montant du QE, pour lequel les spéculations vont de 500 à quelque 1.000 milliards d'euros.

- Contours à définir -

Le QE a déjà fait couler beaucoup d'encre, tant sur son efficacité que sur ses modalités.

Berlin s'y est résigné au nom de l'indépendance de la BCE mais redoute un relâchement des efforts de réformes des Européens.

"On a une économie avec une trop faible croissance. La BCE est dans son rôle en mettant en œuvre des outils", a toutefois souligné sur France Info le ministre français des Finances Michel Sapin.

Ces dissensions obligent le conseil des gouverneurs à chercher le compromis sur les modalités pratiques, et notamment la question: qui rachète quelles obligations et en quelle quantité, qui supporte quel risque ?

Très sceptique, la Bundesbank allemande s’accommoderait sans doute de rachats effectués directement par les banques centrales nationales, afin d'éviter une mutualisation des éventuelles pertes.

Et pour échapper aux incertitudes liées aux élections en Grèce prévues le 25 janvier, où la gauche radicale anti-austérité est donnée favorite, le programme pourrait exclure les obligations grecques, suppute Clemente De Luca, de BNP Paribas.

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Le 22 janvier 2015 à 13h18

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