Grève des pilotes d'Air France: la moitié des vols annulés lundi
Journée noire en perspective dans les airs lundi: en raison d'une grève des pilotes, Air France devrait assurer seulement un vol sur deux et la situation pourrait être "pire encore" mardi et mercredi, prévient le principal syndicat.
La compagnie assurera "50% des vols environ" lundi, en raison d'un mouvement initié par les pilotes, opposés aux conditions de développement de la compagnie low-cost du groupe, a annoncé samedi son PDG, Frédéric Gagey.
"Cette estimation sera affinée" en fin d'après-midi, a précisé Air France à l'AFP.
Le SNPL (majoritaire) a appelé à la grève reconductible du 15 au 22 septembre. Le Spaf, deuxième syndicat, et Alter (non représentatif) jusqu'au 18.
"Dès que des vols sont annulés, les passagers seront informés. On leur demande si possible de modifier leurs billets pour éviter cette période (...) incertaine", a insisté le président de la compagnie.
"Une situation de perturbation comme on va l'avoir lundi et probablement dans les jours d'après, c'est évidemment une gêne pour les passagers", a commenté M. Gagey, qui chiffre à "10 à 15 millions" d'euros par jour le coût de cette grève.
"50% des vols, ça veut dire 70% de grévistes", a estimé auprès de l'AFP le président du SNPL AF Alpa, Jean-Louis Barber. "C'est un chiffre en trompe-l'oeil: on peut imaginer que ce sera pire encore mardi, et, je pense, bloqué mercredi", a-t-il ajouté, expliquant qu'Air France fait appel le premier jour de grève à des pilotes de l'encadrement pour assurer les vols, pilotes qui seront contraints au repos les jours suivants.
Le PDG de la compagnie a néanmoins précisé samedi que les discussions avec les syndicats se poursuivaient.
"On fait tout actuellement avec les partenaires sociaux pour essayer de trouver une voie pour sortir de la situation", "on a des rendez-vous au cours du week-end, il faut qu'on avance", a-t-il dit. Mais les syndicats se montraient, eux, très pessimistes quant à la possibilité de trouver une issue au conflit.
- 'Dialogue de sourds' -
Opposés aux conditions de développement de la compagnie low-cost du groupe, Transavia, les trois organisations de pilotes ont engagé depuis plusieurs semaines un bras de fer avec la direction.
La filiale est la pierre angulaire du nouveau plan stratégique "Perform 2020" d'AF-KLM pour répondre à la concurrence des compagnies à bas coûts.
Quand l'avenir semble bouché pour les pilotes d'Air France, en sureffectif (un plan de départs volontaires a été ouvert en août pour 200 pilotes sur 3.760), le groupe dessine pour Transavia de belles perspectives: une augmentation de la flotte en France de 14 à 37 avions en cinq ans et en Europe, de nouvelles bases dès 2015, mais avec des pilotes sous contrat local.
Or le PDG d'Air France s'est monté ferme samedi: le projet de la direction, "c'est de la croissance pour Air France, c'est de nouveaux emplois pour Air France, on pense que c'est un projet porteur", "garder Transavia avec une flotte de 14 avions, c'est une solution à laquelle je ne saurais me soumettre", a-t-il prévenu.
Pour Jean-Louis Barber, du SNPL, "des discussions vont certainement avoir lieu ce week-end mais, malgré les déclarations de bonnes intentions de la direction, c'est un dialogue de sourds". "Tant que la philosophie de la direction restera la délocalisation de nos emplois, on ne pourra pas sortir de cette situation", met-il en garde.
Une analyse partagée par le président du Spaf, Fabrice Cueille : "La communication n'est pas coupée, mais il semble que la direction veut tenter d'aller au bout du bras de fer", dit-il.
Le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a cette semaine rejeté leur principale revendication: un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d'Air France, pour tous les avions de plus de 100/110 places, quelle que soit la compagnie du groupe Air France (Air France, Hop!, Transavia).
Une grève d'une semaine serait le plus dur conflit mené par des pilotes d'Air France depuis 1998.