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Dépenses en hausse, réforme fiscale: Obama défend son budget

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Le 2 février 2015 à 9h22

L'exercice est largement théorique mais permet au président des Etats-Unis d'afficher ses priorités: Barack Obama a dévoilé lundi son budget centré sur une large réforme fiscale et une hausse sensible des dépenses fédérales pour les infrastructures, la recherche ou encore l'armée.

Véritable programme politique, l'épais document détaillant une proposition de budget de 4.000 milliards de dollars s'est heurté, dès sa publication, à la vive opposition des républicains, qui contrôlent désormais les deux chambres du Congrès.

Le débat s'annonce âpre dans les semaines et les mois à venir, tant les désaccords sont profonds. Mais en mettant en avant sa "middle class economics" (politique économique en faveur de la classe moyenne), M. Obama, qui veut augmenter la pression fiscale sur les Américains les plus aisés, ne cherche pas seulement un compromis budgétaire. A deux ans de son départ de la Maison Blanche, il veut aussi peser sur les termes du débat de l'élection présidentielle de 2016.

"Au moment où notre économie est croissance, où nos entreprises créent des emplois à un rythme sans précédent depuis les années 90, et où les salaires commencent à repartir à la hausse, nous devons faire des choix fondamentaux sur le pays que nous voulons devenir", a-t-il lancé lors d'un bref discours à Washington.

Mettant en avant la réduction du déficit budgétaire - passé en 2014 sous la barre des 3% du PIB pour la première fois depuis 2007 - M. Obama a jugé que les Etats-Unis pouvaient se permettre "d'investir tout en étant fiscalement responsables". "De fait, ce serait une redoutable erreur de ne pas faire ces investissements, nous ne pouvons nous le permettre", a-t-il martelé.

Pour l'exercice 2016, le déficit budgétaire se maintiendrait sous la barre des 3% du PIB. Il s'élèverait à 474 milliards de dollars, soit 2,5%. La dette fédérale représenterait 75% du PIB.

Pour 2015, l'exécutif américain table sur une croissance de 3,1%, un taux de chômage de 5,4% et une inflation à 1,4%.

- "Aucune solution" pour la dette -

M. Obama propose en particulier un plan d'investissement de six ans dans les infrastructures (routes, ponts, etc..) d'un montant de 478 milliards de dollars. Cet effort serait financé en partie par un impôt sur les bénéfices amassés à l'étranger par les groupes américains. Prélevé une seule fois, avec un taux de 14%, il rapporterait quelque 238 milliards de dollars, selon les calculs de la Maison Blanche.

Les bénéfices réalisés à l'étranger par les entreprises américaines ne sont imposés au niveau fédéral que lorsqu'ils sont rapatriés aux Etats-Unis, ce qui pousse nombreux d'entre elles à les garder à l'étranger.

Pour les particuliers, l'exécutif propose de faire passer de 23,8% à 28% le taux maximal de taxation des revenus du capital et des dividendes. Il suggère aussi la suppression d'une niche qui permet de ne payer aucun ou peu d'impôt sur les plus-values réalisées à partir d'actifs hérités.

Pour l'exercice budgétaire 2016 (qui commence le 1er octobre 2015), la Maison Blanche souhaite porter à 585 milliards de dollars les dépenses militaires, soit une hausse de 38 milliards par rapport à l'année précédente.

"Notre économie ne se développe que lorsque l'Amérique est en sécurité", a relevé M. Obama, soulignant qu'il prévoyait en particulier les ressources "pour faire face aux défis mondiaux, de l'organisation de l'Etat islamique à l'agression russe" (en Ukraine).

L'opération "Détermination absolue" lancée contre l'EI en Irak et en Syrie est estimée à 5,3 milliards. L'aide à l'Ukraine s'élève à 117 millions, et des prêts d'un montant maximum d'un milliard de dollars sont à nouveau prévus.

Le budget prévoit aussi d'accorder 1 milliard de dollars d'aide supplémentaire à l'Amérique centrale, en particulier le Salvador, le Honduras et le Guatemala. Ces fonds sont destinés en particulier à renforcer la sécurité, à améliorer les conditions de vie et à endiguer l'émigration clandestine.

Sans surprise, les annonces présidentielles ont immédiatement donné lieu à une passe d'armes entre démocrates et républicains du Congrès.

Le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a rejeté sans détours un projet prévoyant "plus d'impôts, plus de dépenses" et ne proposant "aucune solution" pour la dette ou les créations d'emploi.

"Si les républicains rangent ce budget directement au fond d'un tiroir, ils indiqueront clairement qu'il préfèrent la défense d'intérêts particuliers à celle des familles de la classe moyenne" a rétorqué le sénateur démocrate Charles Schumer.

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Le 2 février 2015 à 9h22

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