Sahara marocain : face à la dynamique internationale en faveur du plan d’autonomie, Alger tente de masquer son isolement
Dans une intervention prononcée dimanche 24 mai 2026 à Alger, Ahmed Attaf a de nouveau plaidé pour des négociations directes entre le Maroc et le polisario. Une lecture qui se heurte au cadre consacré par la résolution 2797 de l’ONU, fondé sur les tables rondes associant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le mouvement séparatiste.
C’est un Ahmed Attaf manifestement soucieux de défendre une position algérienne de plus en plus difficile à soutenir face à la nouvelle dynamique internationale autour du Sahara marocain qui s’est exprimé, dimanche 24 mai 2026 à Alger, devant un parterre de diplomates réunis à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique.
Abordant le dossier du Sahara marocain lors de son intervention, le chef de la diplomatie algérienne a affirmé que les développements récents du dossier “donnent raison”, selon lui, à la thèse défendue par Alger depuis 50 ans. Il a ainsi tenté de réduire l’issue du processus politique à de prétendues “négociations directes” entre le Maroc et le mouvement séparatiste du polisario.
Pourtant, cette lecture demeure en décalage avec l’évolution du cadre onusien et avec la dynamique diplomatique enclenchée autour de l’Initiative marocaine d’autonomie. La résolution 2797 de l’ONU a consacré, une nouvelle fois, la prééminence du plan d’autonomie présenté par le Royaume comme base sérieuse, crédible et réaliste pour parvenir à une solution politique définitive à ce différend régional. Comme l’a récemment souligné Massad Boulos, haut conseiller américain pour les affaires arabes et africaines, l’Algérie n’est plus considérée comme étant une simple partie extérieure au processus, mais bien comme un acteur directement concerné par les pourparlers.
Le format des tables rondes, consacré par les Nations unies, inclut explicitement le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le polisario. En martelant la nécessité de tractations directes, Alger cherche surtout à occulter sa responsabilité centrale dans la genèse, la prolongation et le blocage de ce différend régional. Cette insistance apparaît d’autant plus fragile que Washington appelle désormais à une implication directe, sérieuse et constructive de l’ensemble des parties concernées afin de sortir définitivement de l’impasse.
Ce glissement suggère qu’Alger peine à s’adapter à une réalité diplomatique nouvelle : la solution ne se construira plus sur les schémas dépassés du passé, mais autour d’un compromis politique réaliste, sous souveraineté marocaine, dans le cadre de l’Initiative d’autonomie.
Cette posture d’Ahmed Attaf s’inscrit dans la droite ligne des récents propos du président Abdelmadjid Tebboune. On y perçoit une volonté de recalibrer le discours officiel pour ne pas paraître totalement déconnecté de la nouvelle dynamique internationale, tout en préservant, pour des considérations internes, l’illusion d’une continuité doctrinale sur un dossier où la position algérienne apparaît de plus en plus isolée.
En somme, derrière l’assurance affichée par Ahmed Attaf, se dessine une diplomatie algérienne contrainte de composer avec un rapport de force diplomatique désormais largement favorable au Maroc. Entre ses dogmes historiques et les exigences d’une administration américaine plus claire sur les responsabilités régionales de chacun, Alger semble désormais chercher à sauver la forme, alors que le fond du processus politique se structure de plus en plus autour de la solution d’autonomie sous souveraineté marocaine.
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