Tourisme : les arrivées et les recettes progressent enfin au même rythme
Les derniers chiffres de l’Observatoire du tourisme montrent que le Maroc a réalisé entre janvier et septembre une hausse de 14 % des arrivées et de 15 % des recettes de voyages, par rapport à la même période de 2024. Une dynamique inédite qui devrait mettre un terme aux déséquilibres saisonniers qui ont longtemps pesé sur le secteur.
"Après plusieurs années de progression inégale des indicateurs mensuels, le volume cumulé des arrivées et des recettes évolue désormais à un rythme quasi identique", se félicite une source autorisée en citant notamment leur niveau de croissance parallèle qui s’est établi à 14 % en août et septembre.
Une dynamique inédite qui ouvre la voie à une croissance unifiée
A l’instar de la ministre du Tourisme qui nous avait récemment confirmé cette tendance inédite dans un précédent article, notre interlocuteur estime qu’elle constitue un vrai tournant qui permettra de réduire le décalage constaté entre l’affluence touristique et les gains économiques réels.
Plus qu’un simple alignement statistique, cette convergence des taux de croissance traduit en réalité, selon lui, un changement de comportement des flux de visiteurs et de l’offre touristique qui parvient à optimiser ses revenus durant toute l’année en étant moins sensible à la saisonnalité.
Inédite, la dynamique en cours depuis janvier dernier corrigera les déséquilibres d’activité observés durant les basses saisons et renforcera la capacité du secteur à maximiser ses retombées économiques de façon plus prévisible.
Un alignement qui s’explique par la hausse de l’offre hôtelière de luxe
Invité à commenter cette performance qui s’inscrit dans les objectifs de la feuille de route, le spécialiste des flux touristiques Zoubir Bouhoute estime que l’alignement des indicateurs montre que le Maroc ne se contente plus d’attirer des touristes étrangers mais sait aussi désormais convertir ses flux de visiteurs en revenus concrets qui renforcent la rentabilité du secteur et son attractivité.
Et d’ajouter que la multiplication récente d’ouvertures d’hôtels de luxe à Rabat et Marrakech qui ont contribué à augmenter les recettes de voyages devrait avoir pour effet automatique d’attirer davantage d’investisseurs privés séduits par les perspectives de rentabiliser le secteur de l’hôtellerie.
En d’autres termes, la hausse constante de l’offre d’hébergement de type haut de gamme et celle de la demande ont initié un cercle vertueux qui a permis d’engranger des recettes supplémentaires.
"L’effet CAN permettra de pérenniser l’équilibre des indicateurs"
"En renforçant la confiance des professionnels, ce contexte ouvre la voie à une croissance générale qui sera capable de répondre aux ambitions nationales, notamment en vue des grands rendez-vous à venir, comme la CAN 2025 et le Mondial 2030", avance l’analyste qui table sur la fin du décalage entre l’évolution des arrivées, des recettes et des nuitées dont le taux de croissance a été de 11%.
En effet, l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations qui se tiendra du 21 décembre au 18 janvier 2026 renforcera la dynamique actuelle avec une prévision de 800.000 arrivées supplémentaires qui aura pour effet, selon lui, d’atteindre au moins 20,5 millions d’arrivées et 125 MMDH de recettes.
Sachant que le taux de croissance de septembre dernier était de 9% pour les arrivées et 6% pour les nuitées contre respectivement 14% et 11% pour la période cumulée de janvier à septembre, l’expert conclut que la prochaine étape consistera à aligner les taux mensuels de tous les indicateurs pour parvenir à un tourisme qui soit plus structuré, rentable et résilient en termes de recettes de voyages.
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