Tourisme religieux : la Omra devient une tendance qui prend de l’ampleur chez les jeunes
Depuis la fin de la crise sanitaire, un nombre croissant de jeunes Marocains entreprennent le petit pèlerinage ou la Omra. Selon Mohamed Semlali, qui préside la Fédération nationale des associations des agences de voyages du Maroc (FNAAVM), ainsi que plusieurs autres opérateurs, cette tendance a pour origine des facteurs socio-économiques, mais aussi spirituels et culturels. Explications.
"Phénomène de mode, certainement pas ! Mais il est vrai que, depuis les cinq dernières années, on observe un engouement indéniable de la part des jeunes Marocains qui sont de plus en plus nombreux à s’initier au tourisme religieux", affirme le président de la FNAAVM, pour qui cette dynamique est naturelle dans un pays musulman comme le Maroc qui compte une majorité de pratiquants.
"La fin de la saisonnalité de la Omra a fait bondir la fréquentation des jeunes"
Et d’expliquer que l’arrêt récent de la saisonnalité obligatoire de la Omra, qui empêchait les candidats d’obtenir un visa, leur a désormais ouvert la possibilité de l’accomplir durant toute l’année, ce qui a eu pour effet automatique d’augmenter fortement la fréquentation des pèlerins marocains.
Sachant qu’en dehors de la période du Hajj, limitée à quinze jours, il est possible d’effectuer le petit pèlerinage tout le reste de l’année, ce changement a permis d’augmenter leur nombre, qui est estimé à environ 50.000 ou 60.000 personnes par an contre un quota de 34.000 pèlerins marocains du Hajj (grand pèlerinage).
Un nouveau visa pour joindre l’utile à l’agréable
En réalité, cette tendance est à mettre au crédit des autorités saoudiennes qui ont récemment mis en place des mesures d’ouverture pour encourager le développement de leur industrie du tourisme.
"Avant, il n’existait que deux types de visas pour faire le pèlerinage du Hajj ou de la Omra, mais la mise en place récente d’un visa touristique électronique d’une durée d’une année avec multiples entrées a facilité l’accès au pays et à d’autres villes comme Riyad, proche de la Mecque, où l'on peut faire un saut de quelques jours pour accomplir la Omra", explique Mohamed Semlali, pour qui il est désormais possible de joindre l’utile à l’agréable en combinant tourisme religieux et de loisirs.
Cette diversification des destinations et la promotion croissante du tourisme en Arabie saoudite, encouragée par le prince héritier, ont, selon notre interlocuteur, eu pour effet de booster le nombre de jeunes Marocains désireux d'effectuer le petit pèlerinage de la Omra.
La nouvelle ligne de Saudia Airlines a démocratisé le petit pèlerinage
De plus, l’ouverture par la compagnie Saudia Airlines d’une nouvelle ligne entre le Maroc et la Chine pour les hommes d’affaires a permis de multiplier le nombre de pèlerins, grâce à une escale sur place.
Proposant des prix compétitifs, ce vol indirect transitant par l’Arabie saoudite séduit de plus en plus de jeunes Marocains qui peuvent faire d’une pierre deux coups, avec une escale de 48 h ou de 96 h à la Mecque pour accomplir la Omra qui est beaucoup moins codifiée que le Hajj en termes de durée, avant de s’envoler vers la Chine pour leur business.
Mohamed Semlali indique que, paradoxalement, la hausse constante des prix des autres compagnies aériennes et des séjours en Arabie saoudite n’ont pas entravé le flux croissant de Marocains qui effectuent le pèlerinage de la Omra durant toute l’année.
Appartenance religieuse, réseaux sociaux et quête de spiritualité…
Selon d’autres prescripteurs de voyages, l’engouement croissant des jeunes pour le pèlerinage de la Omra s’explique aussi par un désir de connexion spirituelle et religieuse, une accessibilité accrue et un financement facilité par la multiplicité des offres des agences de voyages.
Par ailleurs, la pression sociale et l’influence des réseaux sociaux exposent de plus en plus de jeunes à des témoignages de leurs pairs partis effectuer la Omra, qui les incitent à suivre le même chemin.
Nombre d’entre eux l’accomplissent en accompagnant leur famille ou leurs amis pour transformer cette expérience en un moment convivial, notamment lors d’événements importants comme un mariage, une réussite académique ou dans le cadre d'une quête de réconciliation personnelle avec leur foi.
à lire aussi
Article : La CGEM échange avec le Parti de l’Istiqlal sur les priorités économiques
La CGEM a accueilli une délégation du Parti de l’Istiqlal, conduite par son secrétaire général Nizar Baraka. Les deux parties ont échangé sur leurs priorités économiques et partagé leurs points de vue sur plusieurs sujets liés aux entreprises, à l’investissement et à l’emploi.
Article : DGI : les principales échéances fiscales à respecter avant le 31 juillet
La Direction générale des impôts rappelle que plusieurs déclarations et paiements doivent être effectués au plus tard le 31 juillet 2026. Ils concernent notamment la TVA, les délais de paiement, les retenues à la source et les auto-entrepreneurs.
Article : Les voyageurs à l’épreuve de l’EES, le nouveau système de contrôle aux frontières européennes
Présenté par l’Union européenne comme un outil de modernisation et de sécurisation des contrôles, le système européen d’entrée/sortie (EES) suscite également des interrogations sur son impact à court terme, notamment en raison des délais supplémentaires qu’il pourrait entraîner pour certains voyageurs.
Article : Casablanca renforce la gestion technique de trois trémies stratégiques
Après avoir engagé des travaux de sécurisation sur les tunnels des Almohades et de Dakar, Casa aménagement prévoit désormais d'assurer, pendant un an, l'exploitation technique et la gestion opérationnelle de trois trémies majeures de la métropole, afin de garantir leur fonctionnement continu.
Article : Le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle remis aux autorités maliennes sur instructions royales
Édifié sur une superficie de 5.200 m² à Bamako, le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle, remis aux autorités maliennes sur instructions royales, accueillera près de 1.000 stagiaires par an dans 21 filières, dont 12 dédiées aux métiers du BTP et 9 aux secteurs du tourisme, de l'hôtellerie et de la restauration.
Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en hausse de 0,43%
La Bourse de Casablanca a terminé la dernière séance de la semaine sur une note positive. Le MASI s'est apprécié de 0,43%, réduisant légèrement ses pertes depuis le début de l'année, dans un marché ayant généré près de 165 MDH de transactions, exclusivement sur le marché central.